Afghanistan : la plus longue guerre du Canada

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Article / Le 16 novembre 2017 / Numéro de projet : 16-1055

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Le présent article fait partie d’une série relatant les engagements militaires les plus importants du Canada pour souligner le 150e anniversaire du pays.

Ottawa (Ontario) — Le gouvernement canadien n’a pas tardé à exprimer sa solidarité à l’égard des États‑Unis après les attaques du 11 Septembre, et il s’est aussitôt préparé au combat en Afghanistan.

L’élément terrestre de ce qui allait devenir le plus gros déploiement militaire du Canada depuis la Deuxième Guerre mondiale a commencé modestement par l’arrivée à la fin de 2001 de quelques douzaines de militaires de l’unité de commando d’élite : la Force opérationnelle interarmées 2 (FOI 2).

Les Canadiens se sont rapidement taillé une réputation : les membres de la FOI 2 allaient avoir à leur actif la mort de plus de 100 chefs talibans et d’al-Qaïda dès le début du conflit. Lors de leur première mission, un raid sur un complexe ennemi au Pakistan, ils ont récupéré un disque dur renfermant des renseignements précieux.

Le premier groupement tactique complet du Canada, issu du 3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, est arrivé au début de 2002, dans le cadre de l’opération APOLLO. Ces soldats allaient passer les six mois suivants au combat. Quatre d’entre eux ont été tués en avril de cette année par un tir ami d’un chasseur F‑16 américain, ce qui allait commencer à tourner l’opinion publique contre cette guerre.

La fin de l’été 2003 a marqué le début de l’opération ATHENA (Op ATHENA), durant laquelle un groupement tactique de l’Infanterie canadienne a aidé à rehausser la sécurité dans la capitale afghane, Kaboul. Là, sous la direction du lieutenant-général canadien Rick Hillier, les soldats du Canada et des pays alliés ont effectué diverses missions, notamment des patrouilles à pied et des raids sur les caches d’armes de l’ennemi.

À la seconde étape de l’Op ATHENA, qui a commencé au début de 2006, les soldats canadiens se sont concentrés sur la province de Kandahar, au sud, longtemps considérée comme l’une des zones les plus dangereuses de l’Afghanistan. Ils ont dirigé la Brigade multinationale du Commandement régional (Sud) jusqu’en novembre 2006; une période qui a compris l’opération MEDUSA, une offensive majeure contre les insurgés dans la région.

La campagne réussie de trois semaines était dirigée par le 1er Bataillon du Groupement tactique du Royal Canadian Regiment. En compagnie des troupes américaines et afghanes, les soldats canadiens ont fait face à un ennemi dont le nombre était estimé à 1 400 hommes et ils en ont tué plus de 500. Douze Canadiens comptaient parmi les victimes, et cinq membres du Groupement tactique du Royal Canadian Regiment ont reçu la Médaille de la vaillance militaire pour leurs actions.

Bien que l’offensive proprement dite ait été une réussite, les cinq années que le Canada a passées dans le sud de l’Afghanistan se sont avérées les plus mortelles. En 2008, le nombre des décès s’élevait à 100, ce qui a provoqué un débat intense au pays.

Les Canadiens étaient profondément divisés quant à la valeur de la mission, tandis que le Parlement débattait d’une prolongation possible au-delà de la date de fin prévue à l’origine, soit février 2009. Un rapport indépendant de l’ancien député John Manley, publié en 2008, recommandait que le Canada reste en Afghanistan, tout en changeant son intervention, passant du combat à la formation des troupes afghanes.

Le gouvernement de l’époque a suivi ce conseil et une motion visant à prolonger et changer la mission a été adoptée à la Chambre des Communes quelques semaines plus tard.

En mai 2011, la priorité de la mission est passée à la formation. Les troupes canadiennes ont entrepris l’opération ATTENTION, fournissant le deuxième plus gros contingent de la mission dirigée par l’OTAN visant à former les membres de la Police nationale afghane et de l’Armée nationale afghane. De juillet à décembre cette année-là, la Force opérationnelle de transition de la mission a commencé à sortir du pays les ressources canadiennes puisque la partie combat de la mission était terminée.

Lorsque nos engagements en matière de formation en Afghanistan ont été complétés en 2014, le Canada avait essuyé 158 pertes militaires, outre le décès du diplomate Glyn Berry et de la journaliste Michelle Lang. Deux travailleurs humanitaires canadiens, Jacqueline Kirk de Montréal et Shirley Case de Williams Lake (Colombie‑Britannique), comptaient parmi les trois victimes civiles en août 2008.

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