Bâtir des ponts, c’est tisser des liens à l’Ex TRIDENT JUNCTURE

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Article / Le 27 novembre 2015 / Numéro de projet : 15-0200

Santa Margarida (Portugal) — Des ingénieurs de combat de l’Armée canadienne ont supervisé la construction de ponts, à la fois réels et symbolique, lors d’un récent exercice de l’OTAN.

Exercice TRIDENT JUNCTURE 2015 a eu lieu du 21 octobre au 6 novembre en Espagne, en Italie et au Portugal. C’était le plus important exercice de l’OTAN en plus de 10 ans, impliquant 36 000 soldats de plus de 30 pays, y compris 1600 Canadiens.

Simulant une attaque contre l’Europe de l’Ouest, TRIDENT JUNCTURE était une occasion pour les membres de l’OTAN de mettre à l’épreuve leurs capacités à surmonter les différences et à travailler en étroite collaboration dans un scénario de combat.

Des membres du 5e Régiment du génie de combat (5 RGC) à Valcartier (Québec), n’ont pas seulement déployé un escadron de campagne composé troupes d’ingénieurs de combat légères et motorisées, mais a également assumé le commandement de deux compagnies de ponts, une allemande et l’autre portugaise, pour former un régiment de génie multinational.

Le major Dave Morency, qui a agi comme commandant adjoint du régiment multinational, a dit que l’un des points forts de TRIDENT JUNCTURE était la construction d’un pont flottant au-dessus de la rivière Tagus entre les villes de Tancos et Arripiado, au Portugal.

La structure d’une longueur de 200 mètres a été assemblée par les ingénieurs allemands à l’aide du système de pontage et de convoyage amphibie M3. Ce véhicule de conception allemande transporte deux pontons en aluminium qui forment un pont flottant pouvant soutenir des chars lourds une fois assemblés. Le M3 tire alors le pont flottant de l’autre côté du plan d’eau.

Le pont ne permet pas seulement à l’équipement militaire de traverser la rivière, mais sert aussi de lien pour la population civile locale, qu’on a invitée à marcher sur le pont, à rencontrer les soldats et à profiter de la démonstration d’uniformes et d’équipement pendant une activité tenue le 26 octobre.

« Cela a permis à la population de poser des questions et de satisfaire leur curiosité », explique le Maj Morency. « Ça nous a permis de tisser de bon lien avec la collectivité locale et d’écouter les préoccupations qu’ils peuvent avoir au sujet de notre présence. Dans l’ensemble, l’activité était un succès et la population locale était contente de nos activités. »

Le capitaine Mathieu Dufour, un officier des Affaires publiques qui a participé à l’exercice TRIDENT JUNCTURE, dit que la population est habituée à une présence militaire beaucoup moins importante, mais a bien réagi à l’effort de relations externes.

« Ils vivent près d’une base militaire, ils sont donc habitués à une petite présence militaire, mais de voir d’autres pays s’entraîner avec une quantité importante d’équipement dans les régions civiles, c’est gros pour eux. Tout le monde est venu, des bébés aux grands-parents. Ils ont marché, rencontré les soldats et les ont accueillis. Ils ont touché l’équipement et monté dans les camions. Ils étaient très heureux. »

Le lieutenant-colonel Éric Fortin, commandant du 5 RGC, a caractérisé TRIDENT JUNCTURE d’expérience précieuse qui permet aux pays participants d’apprendre des leçons importantes les uns des autres.

« Nous parlons la même doctrine au niveau tactique et opérationnel, mais sur le plan technique, nous sommes différents en raison de capacités distinctes », explique-t-il. « Cependant, je crois que cette différence fait notre force puisque nous apportons davantage de solutions aux mêmes problèmes. Ce que j’ai principalement retenu pendant l’exercice, c’est l’excellente collaboration et le travail d’équipe qui ont été développés. »

Le Maj Morency a repris ces propos, ajoutant que les leçons apprises amélioreront la façon dont les pays de l’OTAN travaillent ensemble.

« En comprenant les capacités de l’autre, nous pouvons élaborer des plans opérationnels qui sont plus efficaces et efficients. À ce titre, nous sauvons beaucoup de temps pendant le processus de planification et l’exécution s’en trouve grandement améliorée. »

Par Steven Fouchard, affaires publiques de l'Armée

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