Bilan de l’été – Des programmes de formation militaires font une différence pour les jeunes Autochtones

Article / Le 29 octobre 2015 / Numéro de projet : 15-0168

Le matelot de 3e classe Christian Garnons-Williams est maintenant plongé dans le premier trimestre de ses études en science à l’Université Queen’s à Kingston, mais pour lui et de nombreux autres jeunes Autochtones, l’éducation supérieure a commencé cet été.

« Raven m’a permis d’apprendre de nouvelles choses à mon sujet, » explique le Mat 3 Garnons-Williams. « Ça m’a permis de développer ma confiance en soi de plusieurs façons. »

Garnons-Williams faisait partie du programme d’été pour les Autochtones Raven, qui a lieu à l’école de la Marine royale canadienne à Esquimalt (Colombie-Britannique). Le programme, qui en est à sa 12e année, fait partie d’une suite de trois initiatives semblables offertes par les Forces armées canadiennes (FAC).  Raven, Black Bear et Bold Eagle sont des programmes estivaux uniques qui combinent la culture et les enseignements autochtones à l’instruction militaire.

Black Bear a pris naissance à Borden (Ontario) en 2008, mais se donne à Gagetown (Nouveau-Brunswick) depuis 2013. Bold Eagle, un programme de l’Armée qui se donne depuis 26 ans à Wainright (Alberta), est le plus important des trois, qualifiant plus de 90 stagiaires annuellement.

Grâce à ces programmes, les jeunes Autochtones de l’ensemble du Canada peuvent avoir un contact direct avec des carrières militaires potentielles grâce à un avant-goût de l’instruction militaire, complétée d’exercices en campagne et d’une exposition au matériel et aux véhicules utilisés par les FAC.

Bien qu’il vive actuellement à Ottawa (Ontario) le Mat 3 Garnons-Williams est descendant des cris des plaines de la Première Nation Moosomin en Saskatchewan. Il a particulièrement apprécié la journée en mer à bord du Navire canadien de Sa Majesté Brandon, un navire de patrouille de classe Kingston de la côte ouest; même si ça comportait des défis. Le Mat 3 Garnons-Williams était le chef de peloton pour la journée, assumant la responsabilité de surveiller les allées et venues et les fonctions de tout le monde. Malgré l’horaire très chargé, « ce fut néanmoins une expérience agréable, » explique-t-il. 

Au cours de l’été, les participants ont relevé des défis par du travail acharné et en se fiant aux autres, alors qu’ils développaient leur condition physique et apprenaient des habiletés importantes comme la confiance en soi, l’autodiscipline, la gestion du temps, le respect et le travail d’équipe.

Les participants ne sont pas obligés de se joindre à l’Armée et peuvent utiliser leur expérience avec un des trois programmes pour se préparer pour l’avenir – peu importe où ils les mèneront. Une fois qu’ils ont terminé un des programmes, les diplômés reçoivent une qualification militaire de base et peuvent se joindre à une unité de la Force régulière et de la Réserve dans leur collectivité, ou retourner à une vie civile.

Le lieutenant-général Marquis Hainse, commandant de l’Armée canadienne et champion des peuples autochtones du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, est un fervent défenseur des programmes estivaux. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les collectivités autochtones dans l’ensemble du Canada pour concrétiser ces programmes. Ces initiatives aident à mettre en valeur le lien fort entre ces collectivités et la famille militaire, » mentionne le Lgén Hainse. « La fière histoire des peuples autochtones au sein de l’Armée canadienne est un pilier important de ces programmes. Que ces diplômés choisissent une carrière militaire ou civile après la graduation, l’apprentissage mutuel est inestimable. »

Ces programmes commencent tous par un camp culturel, conçu pour faciliter le passage de la vie civile à la vie militaire, qui met l’accent sur les croyances spirituelles des Autochtones. Des jeunes de différents milieux et circonstances diversifiés, comme ceux venant de régions éloignées ou rurales et ceux vivant dans des centres urbains, se rassemblent pour partager leurs histoires et parfois pour reprendre contact avec leurs traditions. Les camps culturels sont animés par des Aînés des Premières nations et de différents groupes autochtones, qui peuvent comprendre les représentants des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Des conseillers autochtones civils sont également sur place et à la disposition des participants pendant les six semaines d’instruction.

Tammy Williams, conseillère et instructrice du programme Black Bear, dont les racines maternelles la relient à la Première Nation Sipekne'katik en Nouvelle-Écosse, explique que son équipe offre des moyens traditionnels de counseling. « Nous utilisons des moyens comme des cercles de discussion; nous utilisons la médecine traditionnelle. Les participants se font purifier à l’aide de foin d'odeur, de sauge et de cèdre; parfois, on y mélange du tabac. Une ou plusieurs de ces quatre remèdes sacrés sont brulés dans le processus de fumaison. »

« Nous offrons aux jeunes des encouragements et des conseils, non seulement en les aidant à terminer le programme, mais en leur offrant un lieu sûr confortable où ils peuvent parler à quelqu’un de familier et les aider avec d’autres choses, » explique Mme Williams. « Il s’agit donc d’un genre de combinaison de soutien émotionnel, spirituel, éducatif et en matière de santé mentale. »

Mme Williams souligne également le fait que la combinaison unique des programmes et leurs modes d’interaction traditionnels aident non seulement à favoriser les liens entre les participants, mais les instructeurs militaires en bénéficient également. Les membres du personnel participent régulièrement aux cercles de discussion, revenant souvent avec des expériences positives et une meilleure familiarité avec les coutumes et traditions autochtones.

Le matelot de 3e classe Coral Fenner, originaire de la région de Chatham-Kent du sud-ouest de l’Ontario, valorise le fait que les programmes offrent un lieu ou les jeunes Autochtones canadiens peuvent se rassembler pour partager leurs histoires, trouver des points communs et équilibrer leurs différences. Elle suggère aux participants de venir avec une attitude respectueuse et un sens des responsabilités. « Ça fait une bonne différence et si vous avez ça, vous êtes plutôt bien fixés. »

Le Mat 3 Fenner, dont les racines la relient à la communauté des Premières Nations d’Oneida of the Thames, près de London (Ontario), étudie actuellement pour devenir policière au campus de Chatham (Ontario) du Collège St. Claire et réfléchit à savoir si elle se joint à la GRC ou à la Police militaire.

Le major Bruce Hanbidge, coordonnateur administratif du programme Bold Eagle, est très fier des diplômés exemplaires qui terminent les programmes, mais il a relevé que les programmes sont souvent victimes de leur propre succès puisque les demandes de participation dépassent souvent l’offre. Il enjoint les participants potentiels à s’inscrire tôt.

Pour Lyndon Linklater, membre civil du comité de gestion de Bold Eagle, c’est un signe que les programmes parlent aux jeunes Autochtones dans tout le pays. Mr Linklater, qui est de descendance crie et ojibwa, et qui a participé à un programme estival militaire lorsqu’il était jeune, espère que les programmes demeureront une priorité pour l’Armée, étant donné qu’au centre de tout se trouve ces jeunes. »

« Ce que Bold Eagle fait pour les jeunes Autochtones est simplement incroyable pour ce qui est de façonner le caractère et leur donner des habiletés qui essentiellement, les aident pour le reste de leur vie, » ajoute-t-il. « Donc, c’est de ça que j’aime faire partie. Et c’est pour ça que nous sommes tous ici. »

Écrit par Natalie Flynn, affaires publiques de l'Armée

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