Des « échanges fructueux » entre les É.-U. et le Canada sur les drones

Article / Le 12 juin 2017 / Numéro de projet : 17-0163

par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Chaque année, on confie à l’une des quatre divisions de l’Armée canadienne (AC) le mandat d’être en état de disponibilité opérationnelle élevée. Pour se préparer, les militaires de cette division suivent pendant un an un entraînement intensif, qui se termine par l’exercice MAPLE RESOLVE (Ex MR). La planification et la tenue de cet exercice, qui se déroule chaque année à la Base des Forces canadiennes/unité de soutien de secteur Wainwright (Alberta), sont assurées par le personnel du Centre canadien d’instruction aux manœuvres (CCIM). L’Ex MR constitue une répétition générale à échelle réelle de situations de combat et est l’occasion de valider l’état de disponibilité opérationnelle élevée de chaque division qui y participe. Cette année, à partir de juillet, ce sera au tour de la 4e Division du Canada (4 Div). À cette fin, la 4 Div a créé la force opérationnelle TOMAHAWK, qui demeurera dans un état de disponibilité opérationnelle élevée jusqu’au 30 juin 2018. Les membres de cette force opérationnelle ont participé à l’Ex MR 2017 tenu du 14 au 19 mai. L’article suivant est une série de dépêches provenant du terrain.

Wainwright (Alberta) — Pour décrire de manière indulgente le temps qu’il fait à Wainwright, en Alberta, on pourrait utiliser l’expression « météo variable ». Le lieutenant Matthew Walsh utiliserait assurément un langage plus coloré.

Précieuse collaboration canado-américaine

Le Lt Walsh était en compagnie d’autres membres du 4e Régiment d’artillerie (Appui général), Artillerie royale canadienne, ou 4 Régt (AG) ARC. Son unité travaillait aux côtés de membres de la Garde nationale des États-Unis venant de l’Idaho et du Wisconsin. La Garde nationale avait apporté deux petits systèmes aériens sans pilote (SUAS) de modèle RQ 7B, mieux connus sous le nom de drones, qui allaient être déployés en soutien à l’Ex MR.

Le RQ 7B n’est muni que des caméras, il ne transporte pas de munitions. Aux fins de l’exercice, le 4 Régt (AG) ARC a fourni le soutien en matière de surveillance et d’acquisition d’objectifs aux membres de l’équipe américaine contrôlant les drones. De son côté, cette équipe localisait les objectifs à l’aide de marqueurs laser.

« Ils peuvent établir les coordonnées des objectifs et faire une demande de tir, transmettant aux unités de tir de l’artillerie au sol des renseignements essentiels sur les objectifs et ainsi permettre d’engager les ressources ennemies », explique le Lt Walsh.

Du moins c’est ce que les SUAS auraient pu faire si ce n’avait été de la météo qui les a obligés à rester au sol plus souvent que ce que l’on aurait souhaité.

Ce qui ne veut pas dire, comme le signale le Lt Walsh, qu’il ne passait rien durant ce temps.

« La météo ne nous a pas souvent donné l’occasion de faire voler les systèmes aériens, mais lorsque nous avons pu le faire, nous avons obtenu de très bonnes données d’identification des forces ennemies. »

Les drones nous donnent une vue en plongée du terrain, ce qui est une solution de rechange intéressante à l’utilisation d’observateurs militaires au sol scrutant les positions ennemies.

« Habituellement, l’artillerie doit disposer d’un officier observateur avancé (OOA) au sol installé dans un véhicule blindé léger pour identifier les positions ennemies à engager. Cet observateur utilise les dispositifs optiques du véhicule ou des jumelles », précise le Lt Walsh. « Ainsi, plutôt que de faire appel à un OOA pour appuyer les manœuvres des troupes sur la ligne de front, nous utilisons un véhicule aérien qui offre un point d’observation différent sur le champ de bataille. »

« L’utilisation des SUAS et des ressources de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (RSR) permettra d’accroître les occasions de faire des demandes de tir », ajoute le Lt Walsh. « Disposer à la fois d’OOA et de SUAS est un multiplicateur de force pour un commandant de force terrestre. »

L’intégration des technologies distinctes utilisées par les deux pays constituait un autre défi, mais ce défi était beaucoup plus facile à surmonter que la rosée printanière, le gel et même la glace qui ont gardé les drones cloués au sol.

« En raison de la présence de certaines mises à jour faites aux systèmes américains, nous ne pouvions intégrer nos systèmes aux leurs », explique le Lt Walsh, « Mais nous avons trouvé une manière de contourner ce problème. Nous avions des échanges fructueux avec nos homologues américains, ce qui nous a permis de régler des problèmes et de trouver la meilleure façon de mener les opérations. Travailler avec eux a été une expérience très enrichissante. Nous partagions la même détermination à faire voler nos SUAS, car plus il y a de drones en vol, plus nous avons d’occasions d’améliorer nos compétences comme partenaires de la coalition. »

Le nouveau véhicule aérien sans pilote BLACKJACK à l’horizon

Le travail des trois unités est bien synchronisé pour coïncider avec l’arrivée imminente d’un nouveau SUAS pour l’Armée canadienne : le CU-172 BLACKJACK.

« Ce modèle ressemble beaucoup à celui utilisé par les Américains durant le présent exercice », mentionne le Lt Walsh. « Cette année, nous sommes ici pour nous habituer à travailler avec eux, car nous n’avons pas fait voler de SUAS en soutien aux opérations de l’Armée depuis quelques années. »

« En Afghanistan, l’AC avait mis en service une capacité de RSR, le véhicule aérien téléguidé tactique (VATT) Sperwer. Par la suite, ce fut le tour du SUAS Scan Eagle.

Depuis la fin de la location du Scan Eagle, en 2015, l’AC a réduit sa capacité lui permettant de recueillir, de gérer et de diffuser des renseignements tactiques de RSR. Le SUAS BLACKJACK comblera ces lacunes. La livraison de ce système au 4 Régt (AG) ARC commencera à l’automne 2017.

Le sous-officier supérieur 1 Jacob Kazmierski, membre de la Garde nationale du Wisconsin, en est à sa deuxième visite à Wainwright pour l’Ex MR. Il affirme lui aussi que cette collaboration a été une réussite, malgré la météo moins qu’idéale.

« Je suis venu ici il y a deux ans et ce fut une très bonne expérience », souligne-t-il. « C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, lorsqu’on nous a demandé si nous voulions revenir cette année, j’ai fortement recommandé notre participation à ma chaîne de commandement. À mon avis, il s’agit d’une expérience très précieuse pour tous les militaires, tant pour les officiers que le personnel non officier. Cet exercice offre un très bon environnement de mission pendant une courte période, c’est l’occasion de travailler avec un grand nombre de personnes de différents métiers. »

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