Des Rangers canadiens reçoivent un accueil chaleureux en Australie

Article / Le 25 novembre 2015 / Numéro de projet : 15-0159A

L’intention de l’exercice The intent of Exercise SOUTHERN CROSS est de renforcer les liens avec l’Australie, un pays allié, et pour permettre l’échange de tactiques, techniques et procédures entre deux unités faisant face avec des défis, rôles, missions et tâches semblables. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un programme autochtone en soi, la majorité des Rangers canadiens sont membres des Peuples autochtones du Canada, et par conséquent, l’exercice offrait également une occasion de sensibilisation aux cultures puisque de façon similaire, les membres de la Force mobile du Nord-Ouest des forces de défence de l’Australie font principalement partie des Peuples autochtones australiens. L’exercice a réussi à fournir une occasion de perfectionnement stimulante pour les unités respectives de chaque pays et a servi à renforcer les liens entre l’Armée canadienne et l’armée australienne.

Territoire du Nord (Australie) — Des membres du 4e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens ont récemment participé à un échange avec quelques-uns de leurs homologues australiens de la Force mobile du Nord-Ouest (NORFORCE), un régiment d’infanterie de la Réserve de l’Armée australienne, alors qu’ils visitaient l’éloigné Territoire du Nord. Voici le voyage vécu par le Ranger Lawrence Charnell.

Avez-vous toujours voulu aller à une place où aucun touriste n’est allé auparavant? Marcher sur des plages vierges, vivre sous le soleil le jour et sous les étoiles la nuit, attraper et manger la nourriture locale à la façon de la population locale? Voilà les expériences vécues par les Rangers canadiens (RC) et le personnel du 4e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens en Australie, en août 2015, dans le cadre de l’exercice SOUTHERN CROSS II (Ex SCII).

Les RC ont été dirigés par les membres de la NORFORCE de l’armée australienne, une des trois unités de surveillance qui, tout comme les RC, patrouille les régions éloignées. Les soldats autochtones forment 60 pour cent du personnel de la NORFORCE.

Nous sommes arrivés à Sydney. C’était comme toute autre grande ville : cohue, va-et-vient, les gens qui se dépêchent. Il faisait un confortable 23 °C lorsque nous sommes arrivés à notre hôtel près de Darling Harbour et nous étions surpris de voit autant de personnes porter des manteaux épais. Le fait d’être près du port nous a permis de visiter facilement de nombreux sites militaires historiques et touristiques à pied et aussi de nous habituer aux températures d’après-midi dans les 30 °C que nous rencontrerons dans notre déplacement vers le nord vers notre point de départ, Darwin.

Une fois à Darwin, on nous a donné les briefings préalables au déploiement, qui comprenaient l’horaire des activités et de la formation médicale pour les morsures de serpents et d’insectes. Saviez-vous qu’on retrouve en Australie très peu de serpents non venimeux, et des araignées qui peuvent avoir la taille d’une assiette à tarte? Aussi sur la liste des éléments dangereux se trouvent des crocodiles d’eau salée/d’eau douce qui peuvent atteindre cinq mètres de long, des buffles d’Inde qui peuvent vous renverser, des kangourous qui peuvent vous frapper et des oiseaux de deux mètres qui peuvent vous déchirer avec leurs griffes. Ça semble être un endroit amusant? Absolument!

Parce que nous voyagerons à bord d’engin de débarquement à certains endroits, un test de  natation était requis. En uniforme complet, bottes comprises, nous sommes sautés dans la portion creuse de la piscine, avons nagé 100 mètres et avons flotté ou nous maintenions à flot pendant cinq minutes. C’était épuisant, mais la pensée des crocodiles motive une personne à bouger un peu plus vite et à pousser un peu plus.

Nous avons joué une partie de football australien. Après une courte introduction sur le terrain des passes, des bottés et de certaines règles de base, nous étions prêts. Des équipes combinées de la NORFORCE et des RC se sont affrontées. Après deux demies à courir et à suer à la chaleur, le sifflet final a sonné. Le résultat final était un point de différence entre les équipes.

Une visite à Crocosaurus Cove à Darwin a souligné le danger des rencontres de crocodiles. Pendant un tour guidé, on nous a montré une variété de tailles de crocodiles et en avons appris sur leurs modes d’attaque et la façon de les éviter. Ce dont nous avions besoin alors que nous nous préparions à entrer dans la cambrousse du Nord de l’Australie.

Ensuite, nous nous sommes rendus au QG de l’Escadron Arnhem Squadron à Nhulunbuy. Après les briefings et les orientations, il était venu le moment de rencontrer le personnel de la NORFORCE, qui nous amènerait dans la brousse. Tandis que nous nous acclimations au climat plus chaud et plus humide, nous avons fait quelques visites locales. Nous avons visité une plage importante sur le plan culturel où des dessins dans la pierre, dans le sable, racontent des histoires autochtones anciennes. Nous y avons rencontré des rangers locaux.

Nous étions sur le point de nous rendre dans une région à laquelle très peu de personnes ont accès. Il faut un permis spécial pour voyager en territoire autochtone. Grâce à beaucoup de préparation de la NORFORCE, tout était prêt pour que l’on s’équipe, qu’on charge les véhicules et qu’on parte. Très rapidement, nous sommes passés de l’asphalte  au gravier rouge, et finalement à la terre. Cette terre rouge allait être notre compagnon constant pour les huit prochains jours tandis que nous nous rendions de village en village sur des routes qui, pendant la saison des pluies, se trouveraient sous un mètre d’eau.

À chaque village, le personnel local de la NORFORCE et les RC rencontraient notre groupe et nous donnaient des renseignements sur leurs régions et leurs tâches. Ils écoutaient nos histoires sur le Canada et les choses que font les RC au pays. Nous avions l’occasion de visiter des galeries d’art locales dans les villages. Une grande partie des œuvres des grandes villes viennent de ces régions éloignées, il s’agissait donc d’une incroyable occasion de se trouver à l’origine des histoires racontées par ces œuvres.

Chaque nuit, nous avons campé à côté d’un ruisseau ou d’une rivière; l’eau fraîche absorbait la chaleur du jour. Pour installer le camp, nous avions tous un balluchon composé d’une tente, d’un matelas et d’un sac de couchage, qui se roulait et qui pouvait être utilisé en trois minutes. Au même moment, notre cuisinier préparait le souper et nous avons amassé du bois de chauffage pour la nuit. Tout était tellement sec que l’allumage du feu était aussi simple que de pointer un briquet sur un morceau de bois. Pourtant, le feu ne sortait pas de l’emplacement à feu de camp; plutôt différent de l’allumage d’un feu à Ucluelet (C-B). 

Dans la soirée, il y avait toujours du temps pour partager les rires et les vues de la journée. Nous nous sommes forcés pour rester réveillés jusqu’à 20h, et au même moment, les moustiques ont fait connaître leur présence. Saviez-vous qu’il y a plus de 75 sortes différentes de moustiques en Australie? Et nous nous sommes probablement fait piquer par chacune d’entre elles. Ils sonnaient comme des rasoirs électriques industriels qui bourdonnaient autour de nous toute la nuit. Une nuit, ils étaient tellement nombreux que même les troupes de la NORFORCE ont concédé la défaite et se sont cachés dans leur balluchon.

Chaque jour apportait de nouvelles aventures. Nous nous sommes rendus à des endroits éloignés avec des noms comme Dhimuru, Ramingining, Koolatong, Milingimbi, Jabiru et Kakadu. C’est difficile d’épeler les noms, mais c’est encore plus difficile de les dire. Tandis que nous arrivions dans les villages pour rencontrer les troupes de la NORFORCE et les rangers, tous les yeux étaient tournés vers nous, mais lorsqu’ils reconnaissaient les camions, ils nous saluaient. La nouvelle circulait sur la visite des Rangers canadiens. Nous avons été accueillis chaleureusement partout où nous sommes allés. Ramingining est devenue un genre de plaque tournante autour de laquelle nous visitions, un endroit où nous avons entreposé les véhicules supplémentaires, lorsque nous étions en mer pour se rendre à Rapuma Island.

Le trajet vers Rapuma Island était une partie spéciale du voyage. Partant d’une rampe d’accostage au nord de Ramingining à bord d’un engin de débarquement de la NORFORCE, nous avons parcouru une courte distance jusqu’au village de Milingimbi pour rencontrer les Rangers de Crocodile Island, qui nous accompagneraient et guideraient à Rapuma Island.

Certains des Rangers s’y trouvaient déjà, alors quand nous sommes arrivés, ils nous saluaient de la rive de la plage la plus naturelle que j’ai jamais vue. Après les présentations et l’installation du camp, c’était le moment de relaxer et de profiter de notre petit coin de paradis dans la mer d’Arafura.

C’était notre chance de manger ce que la population locale appelle le « bush tucker ». Marchant sur la plage sablonneuse, nous avons cherché des poissons dans le ressac, des crabes dans les zones rocheuses et dans les mangroves pour trouver des délices pour le souper. Dans les mangroves, nous avons trouvé de gros escargots appelés « Longbums » et des palourdes de boue. De retour au camp, nous avons ajouté les escargots et les palourdes à un chaudron d’œufs de tortue en ébullition et avons attendu avec enthousiasme.

Finalement, ils étaient prêts et nous avons goûté à chacun, sous réserve au départ. Les escargots goûtaient comme les pétoncles et les palourdes étaient comme de grosses palourdes au beurre. Les œufs de tortue étaient différents, car le blanc ne durcit pas; vous devez donc peler un trou dans la coquille caoutchouteuse, le vider et manger le jaune. Oui, ça goûte le jaune d’œuf.

Pour terminer le festin, un wallaby a été grillé sur le feu pour enlever la fourrure, éviscéré et lavé dans la mer, puis coupé et bouilli dans de l’eau salée pendant 30 minutes. De façon générale, tous conviennent que ça goûtait l’écureuil. Nous aurons d’autres occasions de goûter d’autres éléments de « bush tucker » comme une oie et des canards, ainsi que des fruits d’arbuste local lorsque nous avons visité d’autres collectivités.

Le temps passé sur Rapuma Island a été mon fait saillant de l’Ex SCII.

Par le Ranger Lawrence Charnell, 4e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens

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