ARCHIVÉE - Essai réussi du projectile « intelligent » Excalibur par l’Armée canadienne : un summum de précision, de portée et d’exactitude

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Article / Le 25 novembre 2014 / Numéro de projet : 14-0247

Ottawa, Ontario — Le tir d’essai d’obus d’artillerie de 155 mm guidés par GPS Excalibur a été une première pour l’Artillerie royale canadienne (ARC); il a permis de prouver le degré inégalé de précision, de portée et d’exactitude de ce projectile. Cet obus, qui avait déjà prouvé son efficacité à sauver des vies et à réduire les dommages collatéraux en Afghanistan, a fait l’objet d’un premier tir d’essai au Canada, réalisé au polygone d’essai de Recherche et Développement pour la défense Canada (RDDC), à Suffield, Alberta. Excalibur a dépassé toutes les attentes.

« Le tir d’essai s’est révélé un succès; Excalibur sera très probablement mis en service dans les Forces armées canadiennes », déclare le capitaine (Capt) Greg Keach, directeur, Besoins en ressources terrestres 2‑2‑2, et directeur du projet d’obusier léger tracté. « Le tir d’essai de l’obus Excalibur a démontré une précision exceptionnelle. Nous avons tiré trois projectiles au moyen d’obusiers légers M777. Deux des obus ont atteint la cible de 5 mètres sur 5 et ont fonctionné avec une précision incroyable, tout à fait dans les limites de précision acceptables et prévues pour ce type d’obus. Les deux essais se sont déroulés selon les normes. »

Par la même occasion, on a aussi mis à l’essai une autre caractéristique importante, soit la numérisation des ordres de tir. Étant donné que les obus « intelligents » Excalibur, contrairement aux obus classiques, fonctionnent au moyen de données, la méthode des ordres de tir a dû être mise à jour. « Les ordres de tir sont encore surtout donnés vocalement. Beaucoup de nos alliés sont en train d’adopter un système d’ordres de tir entièrement numérisé, préférable à la transmission vocale puisqu’il permet d’éviter les risques d’erreur humaine », explique le Capt Keach. De plus, le système permet d’encoder les données et d’améliorer ainsi la sécurité des opérations.

Des membres supérieurs de l’état‑major de l’Armée de l’ensemble du Canada ont assisté aux essais, notamment le colonel commandant du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, le brigadier‑général (retraité) James Selbie, qui a décrit ces essais comme « un événement marquant dans l’histoire de l’artillerie canadienne ».

« La synergie produite lors des essais était considérable », indique le Capt Keach. « En plus de valider le système Excalibur, les tirs d’essai ont permis à RDDC‑Suffield de tester un abri fortifié spécial, le personnel de l’École du Régiment royal de l’Artillerie canadienne a pris des photos et des séquences vidéo en vue de la production de matériel didactique sur les munitions de précision, et les chercheurs du Centre d’essais et d’expérimentation en munitions (CEEM) de RDDC‑Valcartier se sont servi d’images haute vitesse et de données de poursuite radar pour vérifier la précision des obus. Nous avons définitivement optimisé la valeur pédagogique de ces essais pour plusieurs organismes. »

Les projectiles Excalibur, ou « balles », comme on dit dans l’artillerie, peuvent être guidés avec précision pour atteindre des cibles à une distance de plus de 35 km, tout en comportant une technologie intégrée et des mécanismes de sécurité intrinsèques qui permettent de les désarmer pour qu’ils ne détonent pas si une défaillance les dirige en dehors du secteur cible désigné.

« L’artillerie classique est une arme de secteur. En général, il est impossible de tirer une balle pour frapper une voiture ou le coin d’un bâtiment d’où un tireur d’élite insurgé pourrait faire feu. On appelle ça une arme de secteur parce qu’on tire des projectiles pour neutraliser le secteur ciblée », explique le Capt Keach.

« Cette balle, Excalibur, est différente. C’est un outil de plus dans la boîte à outils, si vous le voulez. Elle permet de cibler précisément le tireur d’élite ou le véhicule. De grande portée et très précis, Excalibur est l’obus qu’il nous faut sur le champ de bataille contemporain », déclare‑t‑il.

Le résultat de 10 ans de développement par la compagnie Raytheon, Excalibur a fait l’objet d’essais finaux en 2007. On l’a utilisé avec succès en Afghanistan et en Iraq. Quoique plus coûteux que les projectiles d’artillerie réguliers, un seul Excalibur peut neutraliser un objectif, alors qu’il faudrait des douzaines d’obus réguliers pour l’atteindre directement. « L’obus d’artillerie Excalibur est un outil de précision qui permet à l’Armée canadienne de produire des effets paramétrés, fiables et judicieux au bon moment et au bon endroit, afin d’atteindre les objectifs de la mission dans le cadre des opérations dans l’ensemble du spectre », déclare le lieutenant‑colonel (Lcol) Stewart Taylor, commandant du 1er Régiment, Royal Canadian Horse Artillery.

L’ajout de l’obus Excalibur au stock d’armement canadien donne aux commandants l’accès à un arsenal optimal d’armes létales qui permettent d’atténuer les risques de dommages collatéraux civils non voulus. La valeur d’Excalibur est claire en cas de guerre en zone urbaine, qui pose un risque létal extrême pour les soldats et les civils, en plus de risques de dommages matériels dévastateurs lorsqu’on emploie le tir d’artillerie classique. Les obus Excalibur peuvent être tirés à proximité immédiate de forces amies, un atout crucial lorsque l’infanterie subit les feux de tireurs d’élite en zone urbaine.

En Afghanistan, de janvier à novembre 2009, le Lcol Robert Dunn, directeur – Besoins en ressources terrestres 2, était responsable de toutes les opérations alors en cours dans la province de Kandahar.

Un scénario difficile s’est joué un jour dans un contexte urbain. Tandis qu’une batterie d’artillerie canadienne appuyait des troupes canadiennes et alliées, deux tireurs d’élite insurgés installés à des coins opposés d’une toiture sont parvenus à les immobiliser. Leurs coordonnées GPS ont été communiquées à la batterie et, selon le Lcol Dunn, « les Canadiens ont fait feu et neutralisé la menace de façon précise et rapide en produisant un minimum de dommages collatéraux. Ce cas particulier est digne d’attention parce que c’était probablement la seule fois que nous avons tiré deux obus Excalibur en même temps sur un même objectif ».

« Ce cas particulier reste gravé dans ma mémoire parce que je sais que nous avons probablement sauvé une centaine de vies. Nous avons fait feu une couple d’autres fois par la suite, mais ce cas est particulièrement notable parce que nous avons épargné tant de vies ce jour‑là », déclare‑t‑il.

Excalibur, l’épée légendaire du roi Arthur, était réputée avoir des pouvoirs magiques; elle symbolisait l’usage responsable du pouvoir.

Selon le romancier Arthur C. Clarke, « Toute technologie suffisamment avancée devient impossible à distinguer de la magie ». Selon la même logique, la magie est l’ancêtre de la science appliquée. La science appliquée, en l’occurrence la technologie GPS, est la magie qui sous‑tend la précision, la portée et l’exactitude de l’obus d’artillerie Excalibur.

 

Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

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