Fin du chemin menant au niveau de préparation élevé : le 1er Groupe-brigade mécanisé du Canada est prêt à partir en mission

Article / Le 18 juillet 2019 / Numéro de projet : 19-0194

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Par Tim Bryant, du Western Sentinel, avec des dossiers des Affaires publiques de l’Armée

Du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, le 1 GBMC est certifié Haut niveau de préparation et a déjà commencé ses déploiements à l'étranger. Pour plus de détails sur le programme En route vers le haut niveau de préparation, veuillez vous référer à la rubrique Liens connexes intitulée « Le 1er Groupe-brigade mécanisé du Canada d’Edmonton sur le chemin conduisant au niveau de préparation élevé. »

Edmonton (Alberta) — La plus récente tenue du plus important exercice d’instruction de l’Armée canadienne (AC) – l’exercice MAPLE RESOLVE (Ex MR) – a eu lieu en mai 2019, mettant ainsi fin au plus récent cycle de trois ans du chemin menant au niveau de préparation élevé pour l’AC.

Envahissant le secteur d’entraînement de la Base de soutien de la 3e Division du Canada Edmonton (détachement Wainwright) du 8 au 24 mai 2019, l’exercice a rassemblé plus de 5 000 personnes venant de partout à l’intérieur de la 3e Division du Canada. Le but était d’assurer la disponibilité opérationnelle de la Division et de pouvoir participer aux opérations, au Canada et aux quatre coins du monde.

La présence de membres des unités de la Force régulière et de la Réserve faisant partie du personnel du quartier général, de l’infanterie, du corps blindé, du génie, de l’artillerie, de la logistique de combat, des mortiers et des activités d’influence permet l’utilisation de nos capacités dans tous les milieux.

L’Ex MR joue plusieurs rôles pour les Forces armées canadiennes (FAC), mais son objectif premier est de préparer les militaires à intervenir dans un monde militaire en constant changement. À cette fin, le lieutenant-colonel Joseph Pospolita, commandant adjoint du Centre canadien d’entraînement aux manœuvres (CCEM) – l’entité responsable de la tenue de l’Ex MR et d’autres exercices d’instruction partout au Canada – explique que son équipe et lui essaient d’offrir aux militaires « l’instruction le plus réaliste et la plus stimulante possible ».

L’instruction est si difficile, les militaires doutent que la mission le soit autant

L’instruction peut être si difficile et si exigeante que les militaires qui y participent ont souvent douté qu’une véritable situation de combat puisse être aussi pénible que ce qui est présenté à l’entraînement du CCEM.

Le Lcol Pospolita se souvient de ce que les militaires lui disaient : « C’est impossible que quelque chose comme ça puisse se produire en mission ». Quand ils revenaient au pays, leur opinion avait changé.

« Malgré tout, à leur retour du théâtre des opérations, ils me remerciaient de les avoir préparés pour les événements d’une journée particulière; qu’ils ne pensaient pas qu’une telle chose pouvait de produire », explique le Lcol Pospolita.

« L’adoption d’un mode d’entraînement plus complexe et stimulant s’est produit relativement récemment. Elle est la conséquence des attaques terroristes du 11 septembre 2001 à New York et ailleurs aux États-Unis », résume le brigadier-général Trevor Cadieu, commandant de la 3e Division du Canada.

« Cet événement nous a obligés de changer radicalement notre façon d’aborder l’instruction de nos troupes », souligne-t-il.

Avant le 11 septembre, l’entraînement des FAC était axé sur une approche « d’aversion au risque », qui ne faisait pas appel à une force d’opposition professionnelle. La présence d’une telle force oblige les militaires à réfléchir et à intervenir pour changer une situation.

En Afghanistan, nous sommes passés d’une approche basée sur le combat à une autre fondée sur l’aide humanitaire, pour ensuite revenir au combat

À son départ pour l’Afghanistan, en 2002, le Bgén Cadieu n’avait pas l’impression d’être prêt à faire face à un véritable environnement de combat où il serait confronté à des forces ennemies désireuses de le tuer et qu’il essayait lui-même d’éliminer. Il n’était pas davantage prêt aux changements d’approche quotidiens.

« Je ne possédais certainement pas les atouts pour passer d’une situation de combat à un moment à la négociation avec la population locale afghane – en distribuant de l’aide humanitaire – puis à retourner l’instant d’après à un scénario de combat », résume-t-il.

Toutes ces leçons ont mené à la tenue d’un exercice sous sa forme actuelle : l’Ex MR.

Cette année, le groupe-cible principal de l’instruction, le 1er Groupe-brigade mécanisé du Canada (1 GBMC) était confronté à un « ennemi qui vit, qui respire, qui pense et qui est bien équipé », explique le Bgén Cadieu.

Les militaires sont placés dans un environnement aussi réaliste que possible. Ils ont passé deux semaines dans le secteur d’entraînement de Wainwright, dans des conditions austères qui simulent une mission. Ils mangent, dorment et demeurent sur le pied d’alerte sur le terrain.

Parce qu’il était impossible pour les leaders et tous les autres militaires de rester éveillés et vigilants durant toute la durée de l’exercice, il leur fallait planifier leurs cycles de sommeil et d’activité minutieusement.

« Ils devront s’impliquer totalement au cours des deux prochaines semaines », souligne le Bgén Cadieu. « Ils ne peuvent faire semblant de participer à une activité de ce genre. »

C’est un contraste évident par rapport aux années 90, lorsque le Bgén Cadieu a entrepris sa carrière militaire.

Amenés délibérément au bord de l’échec

« De nos jours, nous les amenons délibérément au bord de l’échec », déclare-t-il.

« Travailler dans le secteur d’instruction de Wainwright n’est pas une tâche facile », explique le Lcol Pospolita. Le terrain y est changeant : on y trouve des collines vallonnées qui faussent les perceptions et sillonnées par une rivière, et nous faisons face à une colline de taille plus imposante. Les troupes peuvent facilement se perdre ou rester bloquées dans le secteur d’entraînement, en particulier lorsqu’on est rendu au cinquième ou sixième jour, avec très peu de sommeil.

Ajoutez au scénario de l’exercice une force d’opposition et des insurgés cachés parmi la population locale et vous obtenez un environnement qui permet de mettre à l’épreuve tous les aspects de l’instruction des militaires.

Le volet actuel des médias sociaux ne peut être ignoré

L’Ex MR se veut aussi réaliste que possible, et cela inclut l’intégration d’une composante de médias sociaux qui soit accessible tant par les membres du 1 GBMC que ceux des forces ennemies.

« Dans l’état actuel des choses, on ne peut ignorer les médias sociaux », explique le Lcol Pospolita. « Nous disposons d’un réseau de médias sociaux fermé, que nous installons durant l’Ex MR. Dans chacune des différentes villes [du secteur d’entraînement] se trouvent des capacités permettant l’installation de cafés internet. Nous avons aussi notre propre “Fakebook” que les gens peuvent utiliser. »

Ce « Fakebook » permet aux forces ennemies de garder un œil sur ce que fait le 1 GBMC, pendant que de son côté le 1 GBMC peut s’en servir pour se tenir au courant de ce qui se passe dans les environs. Mais étant donné qu’il s’agit d’un réseau de médias sociaux et que n’importe qui peut s’en servir, il devient également un outil permettant de diffuser de l’information et de la désinformation de chaque côté et sur chaque côté.

« En d’autres mots, ce réseau peut être utilisé dans le cadre d’une campagne “d’opérations d’information” », explique le lieutenant-colonel Ross Bonnell, chef d’état-major du CCEM.

« Nous mettons à l’épreuve les capacités des membres de la brigade afin de voir comment ils réagissent à cette situation, comment ils vont préparer leur réponse et comment ils vont tenter d’influencer la population locale », résume-t-il.

Au-delà des éléments canadiens participant à l’instruction de l’Ex MR, il y a aussi un important contingent international présent à l’exercice.

Le succès de l’Ex MR entraîne une plus grande présence de joueurs internationaux

Environ un millier de militaires alliés étrangers sont présents, y compris plus de 500 militaires américains, un peloton de militaires français, britanniques et australiens. Le Lcol Pospolita précise que cet apport d’alliés est le résultat du grand succès de l’Ex MR au fil des années.

« À mesure que les autres pays ont commencé à constater le succès de l’exercice, ils ont voulu y participer », explique le Lcol Pospolita. « Réciproquement même, nous envoyons nous aussi des militaires participer à leurs exercices, car il y a toujours quelque chose à apprendre sur la façon d’offrir de meilleurs exercices. »

Le Lcol Bonnell ajoute que les militaires des pays alliés jouent différents rôles durant l’Ex MR : ils constituent les forces ennemies, agissent comme observateurs ou participent à la tenue de l’activité. Cette présence et cette participation à l’Ex MR contribuent à améliorer les relations du Canada avec ses partenaires et tout en améliorant l’interopérabilité.

« C’est une situation plaisante pour la Brigade, car nous savons que peu importe où l’Armée ou le 1 GBMC sera envoyé en mission, tout se déroulera dans un contexte multinational », poursuit-il.

« Un exercice d’instruction est le meilleur moment pour en venir à une entente mutuelle en ce qui concerne le langage utilisé et la terminologie », résume le Lcol Bonnell.

Le 1 GBMC est maintenant prêt à partir en mission

À la fin de l’Ex MR, le 1 GBMC était désormais prêt à participer à une mission au cours de la période allant du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020. Il pourrait notamment participer à l’une des missions suivantes :

  • Opération REASSURANCE – Pologne;
  • Opération UNIFIER – Ukraine;
  • Opération IMPACT – Irak;
  • Groupe avancé pour des missions à niveau de préparation élevé à destination d’endroits comme l’Afghanistan, la Lettonie et le Mali;
  • Opération LENTUS – soutien aux opérations nationales.

Le Lcol Bonnell conclut en disant qu’il ne souhaite qu’un résultat et qu’une rétroaction à la fin de l’exercice : « Nous voulons que les militaires qui ont participé à l’exercice disent que ce fut un véritable défi. »

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