L’Armée cerne du potentiel pour les lasers de forte puissance

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Article / Le 12 janvier 2017 / Numéro de projet : 16-0063

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Ottawa (Ontario) — À la fin des années 1960, des chercheurs canadiens travaillant au Centre de recherches pour la défense de Valcartier (Québec) ont fait des progrès qui changent la donne en matière de technologie laser grâce au développement d’un laser appelé CO2-TEA, lequel continue à avoir de nombreuses applications industrielles.

Aujourd’hui, l’Armée canadienne (AC) continue d’examiner avec soin la dernière technologie laser, et elle y trouve bien des possibilités.

Michel Szymczak, Directeur – Sciences et technologie (Armée) chez Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), supervise le portefeuille de science et technologie de l’Armée, lequel permet d’étudier les nouvelles technologies.

« Les lasers présentent un bon potentiel », affirme M. Szymczak. « Notre objectif est d’accroître notre compréhension de la technologie, de ce qu’elle peut accomplir, de ses avantages et ses limites quant aux applications militaires et dans quelle mesure on peut l’utiliser de façon sécuritaire. Nous informons ensuite l’Armée de ces capacités et de ces possibilités. »

Plus précisément, RDDC étudie de nouvelles utilisations potentielles de la technologie laser à forte puissance. Comme le souligne M. Szymczak, nous sommes loin du laser de 10 watts refroidi par liquide qu’il utilisait lorsqu’il était étudiant de cycle supérieur dans le milieu des années 1980.

« Ça brûlait du papier et du bois si on le laissait assez longtemps sur la cible. Nous en sommes rendus à des dizaines de kilowatts », c’est dire qu’il est mille fois plus puissant, explique‑t‑il.

Les chercheurs ont récemment franchi la « marque des 100 kilowatts », ajoute‑t‑il, bien que l’AC travaille avec des lasers de la classe des kilowatts.

La technologie laser à forte puissance est largement utilisée dans le civil pour les travaux de soudure, souligne M. Szymczak. L’AC compte déjà d’autres outils lasers dans son arsenal, notamment des postes de télémétrie, des systèmes d’acquisition d’objectif et la technologie d’alerte visuelle.

Les priorités clés de l’AC consistent à trouver des moyens plus sûrs de composer avec les dispositifs explosifs de circonstance (IED), les munitions non explosées et les menaces télécommandées, comme les drones.

« Nous cherchons à voir comment nous pourrions neutraliser les véhicules télécommandés à l’aide de lasers », explique M. Szymczak. « On pourrait avoir un effet sur les détecteurs et les instruments optiques en envoyant cette concentration d’énergie sur la cible. On pourrait les perturber ou les détruire. Les États‑Unis ont démontré que l’on pouvait suivre et neutraliser les plateformes aériennes. »

Des IED grossiers, mais dévastateurs ont eu de lourdes conséquences en Afghanistan. Les dispositifs à laser à forte puissance, dont deux qui ont été prêtés à l’AC par les États‑Unis, offrent la promesse d’un moyen beaucoup plus sécuritaire de les désarmer, de les neutraliser et de les détruire. L’un d’eux a été monté sur la tourelle d’un véhicule Cougar à titre de démonstrateur. Le Cougar est l’un des trois véhicules faisant partie de la capacité d’ouverture d’itinéraire de circonstance de l’AC, qui appuie la détection et l’élimination de dispositifs explosifs de circonstance enterrés.

« Ce qu’on peut faire, c’est cibler des composantes précises des IED », souligne M. Szymczak. « Par exemple, si on aperçoit des fils, on peut les couper à distance. L’avantage, c’est qu’on peut faire cela tout en gardant les soldats hors de danger et neutraliser rapidement la menace. La distance pourrait être de quelques mètres à quelques centaines de mètres. Alors, c’est assez important. »

Il ajoute qu’un autre aspect des recherches à venir vise à contrer les lasers que certains adversaires futurs pourraient utiliser contre les troupes canadiennes.

« En ce moment, on utilise des moyens simples, comme l’écran de fumée », souligne M. Szymczak. « Il y a différentes compositions de fumée pour différentes menaces – on entrave la propagation du rayon dans l’air. Un jour, les lasers seront utilisés pour nous menacer, alors on doit toujours avoir cela à l’esprit. Nous y serons exposés, tôt ou tard. À ce titre, nous devons prendre en considération les menaces émergentes et faire en sorte que l’Armée ne soit pas surprise sur le plan technologique. »

Le Lieutenant‑colonel Jake Galuga, qui observe les travaux de RDDC pour la Direction – Besoins en ressources terrestres de l’AC, ajoute que, bien que la technologie ait fait ses preuves, il reste encore du chemin à faire pour ce qui est de déterminer le meilleur moyen de l’intégrer à l’AC.

« Il va falloir un certain temps pour savoir si nous allons l’utiliser, et si oui, comment », signale‑t‑il. « Il faut prendre en considération des aspects juridiques et des aspects pratiques et, il va sans dire que le développement de toute technologie nouvelle exige des ressources. »

« Les lasers à forte puissance ne sont pas des articles d’un avenir éloigné en ce qui concerne l’état de préparation technologique », ajoute‑t‑il. « Il faut s’enlever de l’idée que c’est pour dans 30, 40 ou 100 ans. »

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