L’histoire du DCamC : Embrasser la perturbation

Article / Le 24 février 2020 / Numéro de projet : 19-0309

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l'Armée

Ottawa, Ontario — L’idée de ce qu’allait devenir le dessin de camouflage canadien (DCamC) a germé au Danemark.

Tout de même, dans les mains des soldats canadiens et des scientifiques de la défense derrière son développement, le DCamC s’est transformé en un produit distinctivement canadien – il s’agit d’une marque de commerce du ministère de la Défense nationale, en fait.

Près de 20 ans depuis son introduction, et en réponse aux nouveaux développements en matière d’infrarouge et autres systèmes de vision nocturne, le dessin national se dirige vers la retraite pour laisser la place à la prochaine génération de dessin de camouflage.

Il s’agit du deuxième article de quatre sur les origines et le développement du DCamC – de la reconnaissance initiale du Canada pour le dessin de camouflage comme voie à suivre, aux essais pratiques assistés de nos Alliés et finalement, à son émergence sur la scène mondiale, où il a été reconnu comme étant grandement efficace et souvent imité.

Tourner la page du vert olive

La route vers le DCamC commence modestement en 1988 avec une initiative sur l’introduction de nouveaux couvre-casques plutôt que l’uniforme entier. Le major (retraité) Doug Palmer fait alors partie de la Direction – Besoins en ressources terrestres (DBRT) de l’Armée canadienne (AC), qui dirige l’approvisionnement de l’Armée.

À cette période, l’AC porte un uniforme vert olive monochromatique, appelé OG 107, qui devient désuet avec l’émergence de la technologie de détection.

« Un grand nombre d’appareils de détection apparaissaient de plus en plus sur le champ de bataille, » explique le Maj (ret.) Palmer. « Des appareils de détection de différents types, y compris l’infrarouge. »

Les dessins de camouflage sont la solution, mais le Canada, bien qu’il aille plus tard devenir un chef de file en la matière, était derrière.

« Nous étions pratiquement le seul pays de l’OTAN qui n’avait pas un motif de camouflage, » ajoute-t-il.

Avec ces développements à l’esprit, l’équipe de projet entreprend une étude approfondie des arrière-plans naturels de partout au Canada entre 1988 et 1994. « Comme par hasard, » fait remarquer le Maj (ret.) Palmer, « l’applicabilité d’un dessin qui était principalement axé pour le Canada pouvait également s’utiliser à d’autres endroits dans le monde », particulièrement en Europe du Nord-Ouest.

Le Maj (ret.) Palmer attribue une grande partie du mérite à l’adjudant-chef (retraité) Bob Balma, maître artilleur, qui était alors un officier responsable à la section Camouflage et dissimilation à la Direction – Administration du programme de l’équipement du soldat de l’AC. L’Adjuc (ret.) Balma utilise ses contacts au sein de l’AC, de la communauté de l’OTAN et des entrepreneurs de la défense pour faire avancer l’idée.

Le point de départ est un dessin de camouflage développé par l’entrepreneur de la défense danois DADCON.

« DADCON possédait initialement la technologie pour calculer le motif, mais par la suite, nous avons développé nos propres moyens de le faire au Canada, » dit M. Jean Dumas, un scientifique à Recherche et développement pour la Défense Canada. « Nous l’avons beaucoup changé. Il n’est pas pareil. Nous avons notre propre logiciel et notre propre façon de faire ici. »

Le couvre-casque DCamC, explique le Maj (ret.) Palmer, est adopté rapidement par les soldats qui lui ont fait passer un test moins scientifique, mais tout aussi important.

« Ils ont eu les nouveaux casques, se sont rendus sur le terrain, en ont posé quelques-uns sur le sol puis se sont éloignés. Ils se sont éloignés de peut-être 100, 200 mètres et ont dit "Où est mon casque?" Et ils ne pouvaient pas le trouver. C’était le test des soldats et ils ont dit "Selon ce test, c’est un excellent couvre-casque de camouflage. Je le porterais." »

Au moment où les soldats canadiens portent l’uniforme DCamC complet à la fin des années 90, les essais et tests ont clairement démontré qu’il est supérieur à l’OG 107. La probabilité de détection est réduite de 45 pour cent et l’ennemi devait se trouver 35 pour cent plus près pour repérer la personne qui le porte.

Étude collaborative

L’équipe de projet se tourne vers les Alliés afin d’obtenir de l’aide pour effectuer d’autres études. Les forces britanniques le comparent à d’autres dessins dans le cadre d’un exercice à Brunéi puis en viennent à une conclusion inattendue.

« Les Britanniques sont revenus et ont dit "De loin, votre dessin fonctionne à son meilleur dans la jungle," », explique le Maj (ret.) Palmer. « Et c’est principalement en raison de la distribution à quatre couleurs, qui comprend le noir. »

Dans le prochain chapitre, le DCamC perturbe l’industrie du textile au Canada et un pays allié le remarque.

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