La carrière d’un réserviste de l’Armée l’amène à composer avec les inondations, les feux de forêt, le Grand Nord, les études universitaires, les sports, une mission à l’étranger, les ours polaires et les leçons de violon

Article / Le 26 février 2018 / Numéro de projet : 18-0023

Remarque : pour visionner les photos additionnelles, veuillez cliquer sur la photo dans la galerie d'images.

Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

Février est le Mois de l’histoire des Noirs, une occasion de rendre hommage aux Canadiens noirs d’hier et d’aujourd’hui qui ont défendu et servi le Canada, tant à titre de militaires que d’employés civils, et ce avant même la Confédération.

Winnipeg (Manitoba) — Depuis que le capitaine Ward Lentz est devenu réserviste de l’Armée canadienne (AC) en 2007, il a combattu des feux de forêt et des inondations, admiré les aurores boréales dans le grand Nord glacé, agi à titre d’instructeur de l’infanterie de la Réserve et assuré la sécurité aux sommets du G8 et du G20 en 2010, tout cela en restant au Canada. Après avoir participé à la rotation 6 de l’opération REASSURANCE en Pologne avec la Force régulière au début de 2017, il est rentré chez lui animé d’une nouvelle détermination, celle de profiter pleinement de la vie.

Le Capt Lentz, né à Ottawa (Ontario), a des racines jamaïcaine, allemande et écossaise. Au cours d’une carrière de plus de huit ans, d’abord comme fantassin de la Force régulière puis comme officier d’infanterie dans la Réserve de l’Armée (Rés AC), il a assurément vécu toute la gamme des expériences militaires possibles dans son domaine.

À titre de membre du régiment The Royal Winnipeg Rifles, il occupe actuellement le poste de commandant adjoint de la Compagnie A du Groupe-Bataillon de The Royal Winnipeg Rifles. Ce militaire très ambitieux et en excellente condition physique a servi dans pas moins de neuf unités différentes de la Réserve et de la Force régulière et il ne prévoit pas ralentir le rythme prochainement.

Profiter du moment présent tous les jours

Malgré le fait que certains aspects de sa mission à l’étranger aient été éprouvants, ce n’est pas pour cette raison qu’il a récemment adopté la devise « carpe diem », qui se résume à « profiter de chaque occasion qui s’offre à lui ».

« La véritable raison est davantage liée au fait que je suis parti six mois en mission, précédés de deux mois d’entraînement préparatoires et que durant cette période le reste de ma vie s’est arrêtée », explique-t-il. « Dès mon retour, j’ai compris qu’il n’y avait aucune raison de m’empêcher de faire les choses dont j’avais envie. »

Il est donc retourné aux études à temps plein afin de terminer son diplôme, il a recommencé le violon et il s’est joint à l’organisation des grands frères et grandes sœurs de Winnipeg. « Ce sont des activités qui me tenaient énormément à cœur et que j’avais dû mettre de côté. »

Le Capt Lentz aime voyager et participer à des compétitions de différents sports, notamment les courses de type iron man et les triathlons. « Cette année, je compte participer aux épreuves Birds Hill Triathlon et Hecla Half Iron Man. Je vais courir un demi-marathon en février, le Hypo-Half Marathon de Winnipeg. Je veux voir si je suis sur la bonne voie pour courir une épreuve de genre iron man. »

Il fait aussi de l’escalade et sa conjointe participe à des compétitions de boxe de niveau amateur. Le Capt Lentz l’aide à s’entraîner, ce qui ajoute un autre sport à la liste de sports qu’il pratique.

Un grand frère

« Je suis devenu un grand frère (avec l’organisation des grands frères et grandes sœurs de Winnipeg) il y a six mois. Il est âgé de 13 ans. Cette expérience a été extrêmement enrichissante jusqu’ici, car je peux le voir se développer et devenir un homme », souligne le Capt Lentz.

« Je ne dirais pas que je le guide; parfois il accepte mes conseils, parfois il ne les suit pas. Mais lorsqu’il m’envoie un texto disant “Hé, ça s’est bien passé grâce à ce dont nous avons parlé”, c’est très gratifiant. »

Respecter les militaires d’origines diverses, au pays comme à l’étranger

Les liens que le Capt Lentz a tissés en travaillant avec des militaires canadiens et d’autres pays renforcent son attitude positive envers la diversité ethnique.

Entre autres distinctions pour sa carrière, le Capt Lentz a reçu une mention spéciale de reconnaissance pour son travail lors de l’Op REASSURANCE à titre d’officier de liaison. Sa tâche consistait à intégrer la compagnie de carabiniers canadiens au quartier général du bataillon.

« Je me suis porté volontaire pour être le S9, le représentant des activités d’influence, car j’avais reçu la formation appropriée et j’avais l’expérience nécessaire », résume-t-il. Le bataillon regroupait des militaires de la Pologne, du Canada, de la Lettonie, des États-Unis, de l’Estonie et du Luxembourg. Il est resté en contact avec certains des militaires avec qui il a travaillé là-bas.

Le Capt Lentz souligne que, bien qu’il ait vécu des situations d’intolérance basées sur le racisme, ces événements ne sont pas récents.

« Il ne s’est rien produit du genre au cours des cinq ou six dernières années, affirme-t-il. Les gens avec lesquels je travaille actuellement sont de véritables professionnels. Ils aiment leur travail, ils le font avec enthousiasme; ils font avancer les choses tous les jours. »

Selon lui, ce sont des programmes de sensibilisation et de soutien, tels que l’opération HONOUR et le Code de prévention du harcèlement et du racisme (CPHR), qui aident à façonner de nouvelles attitudes dans l’AC et qui renforcent la découverte des similarités et l’acceptation des différences.

« Je crois que de plus en plus de gens comprennent pourquoi il doit en être ainsi, et cela paraît raisonnable, n’est-ce pas? Il n’est pas question de race, de couleur ou de genre. Il s’agit avant tout d’humains, de frères et de sœurs d’armes. Vous ne devez pas percevoir votre collègue uniquement en fonction de la couleur de sa peau, voyez-le comme le carabinier à côté de vous. Il mérite ce respect. Si vous refusez de croire que la personne à côté de vous va faire son travail pour que vous puissiez faire le vôtre, formez-vous réellement une armée? »

« Il y a beaucoup de force dans cette confiance et dans la dynamique familiale que les Forces armées canadiennes entretiennent. Nous devrions tous veiller les uns sur les autres, quel que soit l’endroit où nous nous trouvons dans le monde. C’est là une des choses que j’aime des Forces canadiennes : lorsque je vois une personne en uniforme, je sais que je peux aller vers elle, discuter et que nous allons nous comprendre. Il ne s’agit peut-être pas de quelqu’un que je connais de manière personnelle, mais nous avons un bagage commun. »

Un parcours scolaire menant à la Réserve de l’Armée

Étudiant doué ayant obtenu à 16 ans son diplôme d’études secondaires d’un pensionnat de Brockville (Ontario), il est immédiatement entré à l’Université Brock de St. Catharines (Ontario) grâce à une bourse d’études.

« Malheureusement, je n’ai pas eu la piqûre de l’université lorsque j’y suis allé la première fois, alors j’ai décroché et je suis retourné à Ottawa. J’ai alors fait un peu de tout sans aller nulle part, puis je me suis enrôlé dans la Réserve de l’Armée, à Ottawa. »

Il dit que se joindre au régiment The Cameron Highlanders of Ottawa (Duke of Edinburgh's Own) à titre de fantassin l’a aidé à trouver sa voie dans la vie.

« Lorsque j’ai quitté l’Université Brock après un an de philosophie, je n’avais que 18 ans. Je n’avais pas de vision de ce que je voulais faire de ma vie, explique-t-il. Je suis entré dans la Réserve pour me donner un peu de structure. À ce moment, je n’aurais jamais pensé me retrouver où je suis actuellement, mais cela m’a donné des options. »

Selon lui, sa formation en philosophie a été un avantage dans sa vie de soldat. « Une grande partie du travail de planification des officiers repose sur la logique et l’esprit critique. Il faut prendre l’information, l’analyser puis trouver une solution ou élaborer un plan. Ma formation en philosophie m’a donc très bien servi. »

Au cours des dernières années, le Capt Lentz a occupé différents postes contractuels à temps plein avec la Rés AC et il a rarement eu des emplois civils.

Actuellement, son rôle de militaire à temps partiel consiste à suivre un programme de baccalauréat en sociologie à l’Université du Manitoba. « J’ai obtenu mon brevet d’officier en vertu du Programme de formation (intégration de la Réserve) en 2012, ce qui m’a permis de travailler à l’obtention de mon diplôme tout en étant officier, un peu comme le permet le Programme de formation des officiers – Éducation permanente pour la Force régulière. »

Pendant ses études, il sert à temps partiel dans son unité, The Royal Winnipeg Rifles.

Inondations, feux de forêt, verglas et sécurité publique

En 2010, il participe comme carabinier à l’opération CADENCE, la contribution des Forces armées canadiennes à la sécurité des sommets du G8 et du G12 en Ontario, sous la direction de la GRC.

En mai 2011, il participe à l’opération LUSTRE, une opération nationale d’aide aux autorités civiles du Manitoba contre les inondations de la rivière Assiniboine, au Manitoba.

« Pendant la première moitié de l’opération, je faisais partie d’un peloton qui avait pour tâche de faire des patrouilles puis de placer des sacs de sable et d’installer des digues autour des maisons dans la zone d’inondation. J’étais alors caporal, se souvient-il. Les sacs de sable étaient transportés par hélicoptères, car les routes étaient impraticables. L’aménagement de mur en sacs de sable est un très bon exercice. Nous sommes revenus dans une forme absolument fantastique. »

Lors d’une autre opération nationale, en 2015, il faisait partie d’un groupe de plusieurs centaines de réservistes participant à l’opération LENTUS 15-02 dont le rôle était de lutter contre les feux de forêt en Saskatchewan. Il était alors commandant de peloton. « Le peloton et la compagnie ont été envoyés pour contenir des points menaçants. Il s’agit d’endroits où le feu couve dans le sol. Nous avions pour tâche de retourner le sol et d’éteindre le feu, qui peut voyager sous la mousse assez loin de cette manière et mettre le feu à un arbre. Il faut alors isoler cet arbre et l’éteindre. Nous disposions d’hélicoptères qui effectuaient des opérations d’arrosage aérien, ce qui était assez cool. Nous avons travaillé ainsi pendant deux ou trois semaines. »

Le Capt Lentz était commandant adjoint de compagnie lors de l’opération NANOOK 2017, une opération d’affirmation de la souveraineté en Arctique tenue durant l’été. « Nous avons eu la chance de nous rendre là-bas après la saison des mouches noires, souligne-t-il. Nous devions travailler avec des organismes civils et les Rangers canadiens pour consolider cette capacité. La force opérationnelle dont je faisais partie comptait sur des représentants de la Marine et de l’Aviation », explique-t-il.

« Je suis allé dans le Nord trois ou quatre fois déjà. Les aurores boréales sont magnifiques. Ce qui vous frappe, c’est l’absence d’arbres et le fait que rien ne pousse vraiment là-bas. On a l’impression d’être dans un autre monde. »

« Nous avons aperçu une couple d’ours polaires, mais rien de trop inquiétant. Les Rangers canadiens ont pour rôle principal de nous protéger contre les ours durant ces exercices, mais tous les militaires canadiens sont capables de se défendre, eux et leurs camarades, ils ont reçu l’entraînement adéquat. »

Liens familiaux et découverte d’un ancêtre militaire de la Première Guerre mondiale

« Ma mère est née à Flamstead, en Jamaïque, un très petit village situé à une heure de Montego Bay. Elle a maintenant pris sa retraite, mais elle a d’abord possédé une petite entreprise avant de devenir enseignante dans une école secondaire pour adultes. Ses ancêtres ont été amenés en Jamaïque dans le cadre du commerce des esclaves », résume-t-il.

« Mon père est un Canadian de troisième génération qui a des origines allemandes et écossaises. Il possède une entreprise de construction en Colombie-Britannique. »

« Noël dernier, lors d’un rassemblement familial, j’en ai appris davantage sur l’histoire de ma famille, particulièrement sur Henry Vernon, un ancêtre du côté maternel de ma famille. Il a servi durant la Première Guerre mondiale et c’est un projet qui me tient à cœur d’en apprendre davantage sur lui et sa carrière militaire. »

Concernant la Jamaïque

La Jamaïque, une île des Caraïbes, est la troisième île en importance des Grandes Antilles. Elle est devenue une démocratie parlementaire en 1962, avec l’accord de la reine Elizabeth II. D’abord conquise par les Espagnoles en 1494, les Britanniques en ont pris le contrôle en 1655. La guerre, la maladie et l’esclavage ont décimé les peuples autochtones Arawak et Taíno et, vers 1600, ils avaient presque disparu. Les Jamaïcains d’aujourd’hui, principalement d’origines africaines, possèdent aussi des racines européennes, chinoises (Hakka) et de l’est de l’Inde. L’esclavage a commencé sous le règne espagnol et s’est poursuivi jusqu’en 1838. Aujourd’hui, la Jamaïque est un pays prospère dont les principales industries sont le tourisme et les mines.

Pour commenter cet article, rendez-vous dans la section Articles de la page Facebook de l’Armée canadienne

Date de modification :