La Course de l’Armée, c’est la course du Canada, affirme l’ambassadeur autochtone

Article / Le 19 septembre 2019 / Numéro de projet : 19-0218

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Saskatoon, Saskatchewan — Pour l’adjudant-chef Joel Pedersen, sergent-major de l’École de combat du 38e Groupe-brigade du Canada et conseiller autochtone du commandant de brigade, le demi-marathon de la Course de l’Armée du Canada (CAC) n’a rien de nouveau. En effet, lors de l’édition de 2019 de la CAC, il en sera à sa quatrième participation. Or, cette année, il portera un nouveau titre : ambassadeur autochtone.

Quelques semaines avant la course de 2019, qui aura lieu le 22 septembre, l’Adjuc Pedersen (qui agira à titre de co-ambassadeur en compagnie du caporal William Ross du 3e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry), s’est entretenu avec les Affaires publiques de l’Armée canadienne.

En plus d’avoir discuté de tout ce qui touche à la CAC, il a expliqué ce que cela signifiait d’avoir été la première personne d’une communauté des Premières Nations (Fond du Lac, en Saskatchewan) à accéder au poste de sergent-major régimentaire d’une unité d’infanterie et il a mis de l’avant les nombreuses possibilités qui accompagnent le travail dans la Réserve de l’Armée.

L’entrevue qui suit a été modifiée à des fins de clarté et de durée.

Q1 : Vous êtes un marathonien depuis un certain temps. Qu’est-ce qui vous a amené à la course?

J’aime le conditionnement physique, le sport et la course depuis que je suis enfant. La course m’a permis de fixer des objectifs comme effectuer des cours de carrière et de spécialité, notamment un cours de saut et des opérations en montagne ou courir au marathon de New York.

Cela fait maintenant partie de mon style de vie et j’essaie de le transmettre aux gens de tous les âges et des toutes les capacités.

Parce que nous faisons partie de l’Armée, nous courons – cela fait partie de ce que nous faisons, de notre culture. Pour ce qui est des courses compétitives ou des distances récréatives – ce sont les sous-officiers autour de moi qui m’ont initié. Ils montrent l’exemple en étant en forme sur le plan physique et mental.

Q2 : Quelle a été votre réaction lorsqu’on vous a demandé d’agir à titre d’ambassadeur autochtone de la Course de l’Armée?

Je suis tellement honoré et reconnaissant. La Course de l’Armée compte parmi les meilleurs demi-marathons au Canada et pour les Forces armées canadiennes (FAC), cela devrait faire partie de la liste des choses à faire.

C’est le demi-marathon de l’Armée, mais c’est également le demi-marathon du Canada.

Je trouve que la communauté de course est semblable à celle du milieu militaire – il y a une belle camaraderie. Parce que l’on vit un défi physique ensemble, que ce soit un 5 km, un 10 km ou un 21 km. C’est une activité individuelle, mais également une activité de groupe qui dégage une énergie positive.  

Q3 : Comment prévoyez-vous aborder votre rôle d’ambassadeur?

Je souhaite m’assurer que tous sachent qu’ils sont les bienvenus à la Course de l’Armée, peu importe leur âge ou leur capacité – j’aimerais inspirer et habiliter le plus grand nombre de personnes possible grâce à un style de vie sain actif et positif.

En ma qualité de soldat des Premières Nations, j’espère que d’autres pourront suivre et dépasser mes réalisations. La course est en quelque sorte pour moi un remède – elle est holistique et naturelle, c’est thérapeutique et cela procure un sentiment physique tangible.

Je pense aux militaires autochtones de la Première Guerre mondiale comme Tom Longboat et Alex Decoteau. Ces militaires étaient des coureurs et de vrais guerriers et ces talents leur ont permis de faire ce qu’ils avaient à faire.

Le soldat Decoteau a été le premier policier civil autochtone au Canada – il a servi au sein de la police d’Edmonton et il a plus tard été soldat d’infanterie. J’aime cet exemple parce que j’ai servi dans le service de police de Saskatoon pendant 25 ans et j’ai l’honneur de servir dans les FAC depuis près de 32 ans.

Je pense également à mes amis et à mes collègues qui ne peuvent plus courir. Ils m’inspirent et me motivent à regarder droit devant.

Q4 : Êtes-vous accompagné de membres de votre famille cette année?

Oui, mon épouse Kim et moi sommes coureurs. Nous allons faire le demi-marathon. Nos enfants ne peuvent pas être avec nous cette fois-ci, mais ce serait vraiment super de courir ensemble un jour.

Comme je l’ai mentionné, la course représente pour moi un remède naturel. Cela a toujours un effet très positif sur ma santé mentale. Nous aimons tous les deux courir et c’est du temps que nous pouvons passer ensemble.

La course me permet de méditer et de libérer mon esprit. Je peux tout sentir autour de moi – le sol sous mes pieds, l’air que je respire.

Q5 : Quand avez-vous intégré la Réserve de l’Armée et qu’elle a été votre inspiration?

J’avais 17 ans lorsque je me suis joint au Prince Albert, Saskatchewan. J’étais encore au secondaire et j’étais à la recherche d’un défi. Mes parents étaient dans la Réserve de l’Armée quand j’étais jeune et beaucoup de membres de ma famille ont servi, notamment durant la guerre des Boers et la Première Guerre mondiale.

Du côté maternel, ils ont combattu à Passchendaele, à Vimy et en Europe durant la Seconde Guerre mondiale.

L’autre chose qui m’a incité à m’enrôler est le fait que je savais, très jeune, que je voulais être policier. Je me suis dit que les Forces armées seraient un bon point de départ pour cette aventure.

Maintenant, quand je parle aux militaires et aux jeunes officiers, surtout à ceux qui viennent tout juste de s’enrôler dans les FAC, je leur dis « vous n’avez aucune idée des possibilités qui s’offriront à vous et des portes qui s’ouvriront parce que vous avez levé la main et affirmé que vous étiez prêt à servir votre pays. C’est un immense privilège et un grand honneur de faire partie des Forces armées canadiennes.

Q6 : Vous avez été la première personne de descendance autochtone à servir à titre de sergent-major régimentaire (SMR) du North Saskatchewan Regiment et du Royal Regina Rifles. Comment vous êtes-vous senti d’avoir atteint ces jalons?

Je n’y suis pas arrivé seul. J’ai été entouré de leaders, de membres de ma famille, d’amis et de collègues incroyables qui m’ont aidé quand j’en avais besoin. Les nombreux SMR qui m’ont précédé et m’ont offert du mentorat se sont assurés que je sache ce qui était bon.

En tant que militaire des Premières Nations, j’ai la chance d’être un modèle et c’est un rôle que je ne tiens pas pour acquis – j’agis à titre de champion des autres militaires autochtones qui ne se sont peut-être pas sentis habilités.

Dans le cadre de mes fonctions de SMR de l’École de la tactique et de conseiller autochtone du commandant de brigade, je dois veiller à ce que tous les militaires et les leaders soient traités avec respect.

J’ai déjà entendu quelque part que les gens ne se souviendront pas toujours de ce que vous avez dit, ni même de ce que vous avez fait, mais ils se souviendront toujours de la façon dont vous les avez traités.

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