La première femme colonel de l’Armée canadienne a supervisé la création du CWAC

Article / Le 31 octobre 2016 / Numéro de projet : 16-0266

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Par Lynn Capuano, affaires publiques de l'Armée

Thunder Bay, en Ontario — « J’ai eu le privilège d’être une femme plus âgée dans l’Armée à ce moment, et ils écoutaient parfois ce que je disais, » écrit le colonel Elizabeth Lawrie (Beth) Smellie au sujet de son rôle pendant la Deuxième Guerre mondiale (selon l’Encyclopédie canadienne).

En 1944, le Col Smellie devient la première femme à atteindre le grade de colonel dans l’Armée canadienne (AC), un point décisif dans une carrière réellement remarquable avec de nombreux accomplissements dans le domaine militaire et de la santé publique.

Le Col Smellie s’engage dans la Première Guerre mondiale comme infirmière militaire, travaille sans relâche entre les guerres sur des questions de santé publique et à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, elle est infirmière en chef du service infirmier pour l’ensemble de l’Armée canadienne. Elle est décrite comme un génie de l’organisation, efficace, disciplinée et toujours une « dame » pour les personnes avec qui elle travaille.

Né en 1884 à Port Arthur, Ontario (faisant maintenant partie de Thunder Bay, en Ontario), le Col Smellie est la fille d’un médecin à la frontière qui est le médecin-chef pour le Chemin de fer Canadien Pacifique pendant sa construction, et il est également un homme d’affaires et politicien.

Le désir du Col Smellie de devenir infirmière est fortement influencé par la vocation de son père et les maladies et décès de deux de ses frères et sœurs. Malgré la désapprobation de son père, elle quitte la maison pour étudier en soins infirmiers à la Johns Hopkins Hospital School for Nurses (école de soins infirmiers de l’Université Johns Hopkins) à Baltimore, au Maryland. En 1909, à 25 ans et diplôme en poche, elle retourne au Canada comme infirmière en chef de nuit à l’hôpital général McKellar dans sa ville natale, suivi d’une période comme infirmière privée.

Service de la Première Guerre mondiale

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, le Col Smellie est l’une des premières à être acceptée au sein du Corps de santé royal canadien comme infirmière militaire.

Un titre dans le journal local de la journée : « Mademoiselle Beth Smellie à titre d’infirmière : la candidature d’une femme de Port Arthur est acceptée par le ministère de la Milice – elle part samedi. »

Les infirmières militaires sont enrôlées comme officiers au grade de lieutenant et on en compte environ 3 100 pendant la Première Guerre mondiale. Elle sert dans les hôpitaux militaires dans les régions de Taplow, en Angleterre, et de Le Treport, en France, avant de devenir infirmière intendante au Barracks Hospital, à Shorncliffe, en Angleterre, où des milliers de soldats canadiens sont traités. Elle retourne au Canada en 1918 et devient l’infirmière en chef adjointe de l’AC.

Rôles de premier plan dans la santé publique entre les Guerres mondiales

Avec la fin de la Grande Guerre, elle quitte l’Armée en 1920 et au jeune âge de 36 ans, elle suit des cours dans le nouveau domaine de la santé publique et elle devient directrice de l’École de sciences infirmières à l’Université McGill. En 1924, elle quitte l’enseignement pour devenir chef nationale des Infirmières de l’Ordre de Victoria (VON). Avec les médecins trop rares, elle dirige l’expansion des VON, qui fournissent des soins à domicile, à l’origine à des Canadiens pauvres et isolés.

Entre les guerres, le Col Smellie est choisie par la Fondation Rockefeller en 1930 pour effectuer une importante étude sur le bien-être des enfants et des mères dans 12 pays et elle contribue aux organisations internationales de soins infirmiers et de santé publique. Cela a mené à sa nomination en tant que commandeur de l’excellentissime de l’Ordre très excellent de l’Empire britannique en 1934.

Le Col Smellie, alors âgée de 56 ans, reprend le service militaire à la demande de l’Armée en 1940. Elle est nommée infirmière en chef des services infirmiers du Corps de santé royal canadien et dirige plus de 3 600 infirmières militaires dispersées au Canada, en Angleterre, en France, en Italie et à Hong Kong.

Création du Service féminin de l’armée canadienne (CWAC)

En 1941, on lui demande d’organiser une nouvelle division de l’Armée, le Service féminin de l’armée canadienne (CWAC). Les femmes du CWAC étaient absolument nécessaires pour assumer des rôles de soutien traditionnellement réservés aux hommes comme commis de bureau, cuisiniers, chauffeurs du transport, opérateurs radio, comptables et assistants de laboratoire pour que le bassin restreint d’hommes puisse être déployé au combat. « Servir pour que les hommes puissent combattre, » au sens de l’expression, a mené au recrutement de plus de 21 000 femmes, assez pour libérer l’équivalent d’une division complète de soldats masculins pour exercer des fonctions de combat.

Le Col Smellie a voyagé dans l’ensemble du Canada pour recruter des femmes officiers dans chacun des 11 districts militaires de l’époque, ce qui est une tâche d’envergure puisqu’il n’y a pas un gros bassin de femmes professionnelles parmi lequel choisir.

Retour à la vie civile dans les soins de santé publique

Après la Deuxième Guerre mondiale, elle retourne aux VON et passe trois autres années dans la santé publique. Elle prend sa retraite en 1947, à 63 ans et elle ne s’est jamais mariée.

Par son travail acharné et son leadership, le Col Smellie permet aux Canadiennes de jouer des rôles essentiels dans le service militaire de notre pays, un pas de plus vers la participation complète éventuelle des femmes d’aujourd'hui au sein des Forces armées canadiennes. 

Un repère historique veille sur les soldats d’aujourd'hui dans un manège militaire local

Le Col Smellie est décédée à Toronto en 1968 à 83 ans. Un repère historique a été installé en 1975 sur le site de l’hôpital général McKellar par la Fondation du patrimoine ontarien à Thunder Bay, en Ontario. Lorsque l’hôpital a été fermé, la plaque a été déménagée dans le parc Waverley, surplombant le manège militaire Major Christopher Patrick John O’Kelly, VC, MC (le manège militaire O’Kelly VC) sur l’avenue Park à Thunder Bay.

« Il est tout à fait approprié que le repère historique ait été déménagé du site de l’hôpital général McKellar au parc Waverly, qui est tout juste en amont du manège militaire O’Kelly VC, puisque le site du manège militaire est possiblement l’endroit où le colonel Smellie s’est enrôlée pour la Première Guerre mondiale, » explique le capitaine George Romick, directeur du Musée militaire de Thunder Bay, qui dispose d’une exposition sur les réalisations du Col Smellie.

« Vous pouvez dire, avec son repère historique qui veille sur le manège militaire, qu’elle s’occupe des besoins médicaux des soldats qui travaillent aujourd'hui au manège militaire O'Kelly VC. »

Prix, médailles et reconnaissances

Elle est détentrice de plusieurs prix, médailles et reconnaissances, y compris :

  • Citations à l’ordre du jour (prix pour service méritoire d’un officier supérieur) 1915.
  • Croix-Rouge royale de première classe décernée par le roi George V au Palais de Buckingham en 1917.
  • commandeur de l’excellentissime de l’Ordre très excellent de l’Empire britannique en 1934 par le roi George V en 1934.
  • Médaille du jubilé du roi George V en 1935.
  • Médaille canadienne du volontaire avec agrafe pour service outremer (1939-45)
  • Le prix Red Chevron pour sa contribution aux services infirmiers militaires en 1960.
  • Une plaque historique de l’Ontario a été installée par la Fiducie du patrimoine ontarien en son honneur à Thunder Bay, en Ontario, en 1975.
  • En 2000, Postes Canada a mis en circulation un timbre commémorant le Col Smellie pour son travail à la mise sur pied du CWAC en 1941, dans le cadre de la collection de timbres Série du millénaire : acteurs humanitaires et gardiens de la paix.

Nommée Personne d’importance historique nationale en 2011

En 2011, le Col Smellie est nommée Personne d’importance historique nationale par le gouvernement fédéral suite à la recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Bien qu’une plaque fédérale soit normalement érigée pour ces personnes, la plaque du Col Smellie n’a toujours pas été créée.

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