ARCHIVÉE - La tradition sacrée du bâton à exploits

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Article / Le 17 juin 2015 / Numéro de projet : 15-0108

Ottawa, Ontario — Le bâton à exploits autochtone du ministère de la Défense nationale (MDN) et des Forces armées canadiennes (FAC) a été restauré et reconnu dans le cadre d’une cérémonie officielle par le lieutenant-général Marquis Hainse, commandant de l’Armée canadienne et champion de la cause des peuples autochtones. La cérémonie a eu lieu le 17 juin 2015 durant les célébrations du 20e anniversaire du Groupe consultatif des Autochtones de la Défense, qui se déroulait au Monument aux anciens combattants autochtones situé au parc de la Confédération, à Ottawa. Le bâton à exploits a été transporté d’Halifax pour l’occasion.

« C’est un grand honneur de recevoir le bâton à exploits. Ce symbole sacré possède une précieuse tradition et je promets de l’incarner et de la préserver avec grande humilité et respect », a déclaré le Lgén Hainse.

La tradition du bâton à exploits se transmet de génération en génération. Dans les cultures autochtones, le bâton à exploits représente différentes significations, entités spirituelles, nations, clans, langues, médicaments et guérison. On croit que les aigles communiquent directement avec le Créateur, ce qui fait que les aigles eux-mêmes, leurs plumes et leurs images sont très vénérés par les Autochtones. D’un point de vue non-autochtone, le bâton à exploits peut être comparé à un drapeau national : il représente les gens, les états, les gouvernements, les régiments et les honneurs de bataille. Ainsi, il s’agit d’un symbole honorifique et sacré.

Deux anciens membres des FAC ont joué un rôle déterminant dans la création du bâton à exploits du MND/des FAC en 2002 et dans la volonté d’assurer sa présence en tant qu’emblème d’unité mobile parmi tous les Autochtones de la communauté de la défense. « Le maître de 2e classe (retraité) Chris Innes et moi partagions la même vision pour le bâton à exploits du MDN/des FAC », a déclaré le premier maître de 2e classe (retraité) Debbie Eisan. « Cette vision était fondée sur deux facteurs importants. Premièrement, le bâton devait nous rappeler de ne jamais oublier les sacrifices et le courage des hommes et des femmes qui se sont portés volontaires pour se battre pour l’île à la Tortue durant le temps de la guerre. Ce bâton à exploits fera toujours en sorte que leur héritage ne sera jamais oublié. Deuxièmement, le bâton a vu le jour à une époque où les membres autochtones des FAC et du MDN avaient besoin de se sentir en contrôle et de maintenir un sentiment de fierté et d’honneur envers notre ascendance autochtone. » [Nota : L’île à la Tortue est un terme symbolique utilisé pour nommé l’Amérique du Nord]

Le matelot-chef Arnold Stewart, qui appartient à la nation Nisga’a sur la côte Ouest, est le gardien désigné du bâton à exploits du MDN et des FAC et il détient la responsabilité de sa conservation. « Avant de pouvoir porter le bâton à exploits, une personne doit recevoir des enseignements et des conseils d’un groupe de vétérans et de guerriers », a déclaré le Matc Stewart. « Les porteurs des bâtons doivent posséder un esprit fort et positif parce qu’on croît que les esprits du bâton à exploits écoutent le porteur et connectent avec lui. »

Un bâton à exploits est composé uniquement de cadeaux de la nature, comme des matières des arbres, des animaux et d’oiseaux. Il mesure généralement de quatre à sept pieds de long et des plumes d’aigle y sont attachées. Chaque bâton à exploits est unique et conçu précisément pour différents groupes et buts. Le bâton à exploits du MDN et des FAC a été conçu à partir de bois de frêne et il a été assemblé à Halifax. Ses principales caractéristiques sont les suivantes :

  • La sculpture d’un aigle, créée par le peuple mi’kmaq de Terre-Neuve-et-Labrador, surplombe le bâton à exploits; l’oiseau vole vers le Créateur afin d’offrir les prières de toutes les personnes des environs rassemblées;
  • 13 plumes d’aigle, représentant chaque calendrier lunaire et les Premières nations de chaque province et territoire;
  • Le drapeau canadien avec une plume d’aigle, suivi de chacun des drapeaux provinciaux et territoriaux qui représentent ceux qui partagent ce territoire avec nous;
  • Une ceinture métisse, un arc en frêne et une défense de narval, qui représentent le concept de « Nombreuses personnes, une seule nation »;

La représentation d’une main noircie, qui représente l’héritage, les conseils et la force des vétérans autochtones et qui vise à rendre hommage à tous ceux qui nous ont précédés.

« L’une des caractéristiques particulières de ce bâton à exploits est un « Cœur d’éthique », ce qui signifie que lorsque le frêne a été façonné et sablé, il a dévoilé trois cœurs superposés, ce qui nous rappelle toujours nos sept enseignements ancestraux, qui sont l’amour, le respect, l’honnêteté, la sagesse, la vérité, l’humilité et le courage », a déclaré Debbie Eisan.

« Ce sont des valeurs que nous recherchons tous à mettre en pratique dans nos vies et au sein de nos communautés, y compris dans nos familles militaires », conclut-elle.

Par Natalie Flynn avec des dossiers du Capitaine Caroline Massicotte, Affaires publiques de l’Armée

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