Le conservateur et fondateur apporte une touche personnelle au musée du 31e Bataillon des services

Article / Le 28 octobre 2015 / Numéro de projet : 15-0149

Hamilton, Ontario — Pour le capitaine (retraité) Steve Waldron, occuper le poste de fondateur et de conservateur du musée du 31e Bataillon des services d’Hamilton, en Ontario, représente une aventure extrêmement enrichissante, qui est née de sa passion pour l’histoire militaire.  

Techniquement, le Capt (ret) Waldron est encore un historien amateur, mais le musée, qu’il a fondé, a récemment reçu l’attestation officielle de la Direction de l’histoire et du patrimoine des Forces armées canadiennes. Il s’agit d’un appui solide à l’égard du travail acharné – la recherche, le catalogage et de nombreuses autres étapes – qui est accompli pour chaque exposition.

L’histoire du Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC) revêt un intérêt particulier pour le Capt (ret) Waldron. La collection du musée compte une sélection unique et considérable d’uniformes et de souvenirs du CWAC qui sont maintenant en exposition.

Les femmes canadiennes ont commencé à faire des pressions pour avoir le droit de s’enrôler dans l’armée en 1939. Deux ans plus tard, le gouvernement et les représentants militaires sont venus à adopter l’idée que les femmes pourraient remplacer les hommes dans des rôles de soutien, libérant ainsi plus d’hommes pour le combat.

« [Les membres du CWAC] sont sous-représentées dans l’univers des musées », a affirmé le Capt (ret) Waldron. « Et elles ont compté pour beaucoup. Ces filles se sont enrôlées dans l’armée; [C1] on a assisté à la fin de la dominance masculine. Cela a changé l’ensemble de la société. Leur père ne voulait pas qu’elles s’enrôlent, leurs frères ne voulaient pas qu’elles s’enrôlent. Ces filles étaient patriotiques. »

La première pièce de la collection des CWAC a été un don : l’uniforme du soldat Bertha Elizabeth Glynn, qui s’est jointe à l’unité en 1944. Au fil de ses recherches sur son histoire, Waldron a découvert plus d’uniformes du CWAC. La collection comprend également des uniformes féminins de périodes anciennes et d’autres souvenirs connexes.

« La collection s’est bâtie au fil du temps. Je les ai pratiquement tous de 1945 à aujourd’hui. »

Le Capt (ret) Waldron parlait depuis plusieurs minutes déjà de sa passion pour l’histoire militaire lorsqu’il a avoué, avec un grand éclat de rire, qu’il avait échoué à son cours d’histoire au secondaire.

Le Capt (ret) Waldron a eu l’idée de la mise sur pied d’un musée d’unité en 2007, lorsqu’on a annoncé que trois bataillons des services de la Réserve en Ontario — le 21 Windsor, le 22 London et le 23 Hamilton — seraient fusionnés et deviendraient le 31e Bataillon des services.

« J’ai été commissionné du rang », s’est-il souvenu. « J’étais un sergent-major régimentaire (SMR). Nous savions que l’unité serait fusionnée et en tant qu’ancien SMR, j’étais très fier de mon unité. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose pour préserver l’histoire à Hamilton. Nous étions présents sous une forme ou sous une autre depuis 1905, alors nous devions conserver cela. Je suis non seulement l’historien, je fais partie de l’histoire. À mi-chemin dans le musée, c’est la période à laquelle j’ai commencé à porter ces uniformes.[C2] »

La passion pour l’histoire de Waldron est née beaucoup plus tôt dans sa vie, mais ses origines ne sont pas moins personnelles.

« Dans ma famille, il y a au moins trois générations de militaires. J’ai été témoin de choses quand j’étais plus jeune; on reçoit parfois des choses bizarres de notre grand-père. J’ai tout gardé. Durant mon enfance, mon oncle, Ken Mack, et moi étions de grands amis; il était vétéran de la Seconde Guerre mondiale, j’ai donc appris beaucoup de choses de lui. Au musée, j’ai le fusil Snider-Enfield de mon grand-père. Il l’avait reçu en 1880. »

Avec la bénédiction de son commandant d’unité, le Capt (ret) Waldron a commencé à monter une collection qui, de prime abord très modeste, n’était constitué que de trois habits militaires. Le musée en compte maintenant plus de 300.

On y trouve également des armes à feu : des fusils Snider-Enfield qui datent de la fin des années 1800, un fusil Lee Enfield No 1 Mark III de 1917 avec sa baïonnette, et des pistolets Smith et Wesson de l’époque de la Première Guerre mondiale.

La collection des médailles du musée comprend des Ordres du service distingué, des Croix militaires et des honneurs de la guerre des Boers et de la Première Guerre mondiale. Si possible, il y a des photos de personnes qui les ont reçues et les visiteurs peuvent également lire leur histoire.

Il y a également un lien familial avec l’une des rares pièces du musée : une lettre de condoléances pour le décès du cousin du Capt (ret) Waldron, le soldat Arlen Charles Lewis, qui a été tué alors qu’il servait au sein du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, en Corée. La lettre est signée par le général Douglas MacArthur, qui a dirigé les Forces de l’ONU en Corée. Le Capt (ret) Waldron affirme qu’il y en a seulement deux autres comme celle-ci.

Le musée compte de rares découvertes : des amis du Capt (ret) Waldron l’ont mis en contact avec une femme américaine qui disait avoir en sa possession l’uniforme de l’Armée canadienne de son grand-père. Elle souhaitait qu’il revienne au Canada et qu’il soit exposé dans un musée.

« J’ai ouvert le sac et il contenait l’[uniforme] complet de la Première Guerre mondiale. C’est incroyable de recevoir des choses comme celles-là. »

« Il a fait un travail phénoménal », a déclaré le conservateur adjoint du Capt (ret) Waldron, le sergent (ret) Craig Marvin, qui a commencé à faire du bénévolat au musée seulement quelques mois après son ouverture.

« Il est toujours important de protéger l’histoire et, pour ce faire, y a-t-il une meilleure façon que de mettre des objets en exposition afin que d’autres personnes puissent les voir et en apprendre sur ce que nous avons fait? Je souhaitais simplement aider à préserver l’histoire de cette unité, car c’est la dernière unité au sein de laquelle j’ai servi. »

« Je fais une visite chaque fois que je viens ici », affirme le lieutenant-colonel Sean Harding, commandant du 31e Bataillon des services, qui a ajouté que le musée est devenu une source de fierté tant pour les militaires à Hamilton qu’ailleurs.

« Je vois que les militaires sont fiers. Cela reflète le présent ainsi que le passé. »

Le Capt (ret) Waldron dit rester aux aguets pour éventuellement trouver quelqu’un pour prendre la relève du poste de conservateur du musée.

« Cela demande beaucoup de temps. Lorsque je reçois quelque chose, je ne peux pas simplement immédiatement le mettre en exposition. »

Pour obtenir plus de renseignements sur le musée du 31e Bataillon des services, consultez le lien suivant : https://www.facebook.com/pages/31-Service-Battalion-Museum/413122562111894

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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