Le parc Stanley de Vancouver en temps de guerre

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Article / Le 26 octobre 2015 / Numéro de projet : 15-0153

Vancouver, en Colombie-Britannique — La batterie de Stanley Park était la première batterie de défense côtière de la Deuxième Guerre mondiale à Vancouver : des positions défensives spécialement préparée pour les canons lourds armés et prêts à repousser une intrusion allemande ou japonaise dans la côte Pacifique du Canada. Elle était située au parc Stanley, une forêt côtière de 400 hectares dans une péninsule à l’intérieur des limites de la ville de Vancouver.

Bien que la péninsule ait été réservée pour la défense de First Narrows et de Burrard Inlet au 19e siècle, cette terre appartenant au gouvernement fédéral est louée à la ville pour une somme symbolique depuis 1887. La plupart des gens connaissent la péninsule uniquement comme parc public.

En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, la pointe de terre près de Siwash Rock était occupée par une batterie de tir temporaire lorsqu’une attaque de l’escadron naval d’Asie orientale de l’Allemagne était jugée probable. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la marine japonaise était considérée comme la plus grande menace. Un emplacement en béton pour une batterie à deux canons avec des structures d’appui à la pointe Ferguson était prévu en février 1938, après que le Parlement ait approuvé la construction de défenses côtières permanentes pour le port au début de 1937. Le rôle de Vancouver comme principal port de la côte Pacifique du Canada et le terminus du chemin de fer transcontinental ont justifié la protection supplémentaire contre les navires de guerre hostiles.

Le comité d’urbanisme de Vancouver n’a pas approuvé l’utilisation de la pointe Ferguson pour la batterie, l’appelant « le bel endroit préféré du parc ». Le Vancouver Sun s’est joint à l’opposition, affirmant que la batterie de pièce pourrait devenir « une tache permanente à la beauté naturelle de la région ». Cependant, le conseil d’administration du parc avait accepté la nouvelle installation et la terre était propriété du gouvernement fédéral. Les autorités fédérales ont jugé la batterie « essentielle » pour des raisons stratégiques et la construction a commencé à la mi-février 1938. Le fort a été terminé en novembre 1939.

Les défenses côtières permanentes de Vancouver devaient être exploitées par la 15e Brigade côtière de l’Artillerie, un régiment de la milice locale. En prévision de la guerre, la 31e Batterie de la brigade a occupé le site le 27 août 1939. Les ordres de tir du commandant d’octobre 1942 indiquaient que la batterie du parc Stanley devait garder « la baie English et l’entrée de Fisrt Narrow à l’inlet Burrard, » et qu’elle devait agir à titre de batterie de détention pour les navires en attente d’inspection et de dédouanement avant d’entrer dans le port de Vancouver.

Comme la batterie plus petite sur le côté nord de First Narrows, la batterie du parc Stanley avait l’autorisation de faire feu sur les navires refusant de se soumettre à l’inspection ou naviguant dans le port sans s’arrêter. Un navire d’examen (X-Vic) était stationné à deux kilomètres à l’ouest de la pointe Ferguson pour inspecter les navires qui arrivent. Après que le poste de transmission de la pointe Atkinson avait identifié les navires qui arrivent, ils se rendaient au X‑Vic pour recevoir l’autorisation d’entrer dans le port. Les gros navires lançaient des signaux de reconnaissance qui les identifiaient comme des navires alliés.

À l’origine, la batterie du parc Stanley était armée de deux pièces à obturation par la culasse de 6 pouces sur des trépieds circulaires de béton. En 1942, elles ont été remplacées par des canons d’un calibre de 4,7 pouces placés quarante mètres devant l’arête de la falaise. Une couverture renforcée et un mur arrière ont par la suite été ajoutés.

Les munitions étaient entreposées dans une poudrière derrière les pièces et un poste d’observation de batterie (POB) de trois étages en béton dirigeait le tir des pièces. Le personnel du POB maintenait également les communications avec les autres batteries et coordonnait trois phares de recherche, dont deux étaient placés près de l’eau, illuminant la baie English la nuit.

Les phares de recherche et les génératrices étaient entretenus et opérés par la 3e Batterie du 1er Régiment de phares de recherche et par des ingénieurs militaires, dont un camp de 140 hommes se trouvait sur le stationnement actuel de Third Beach. Tous les bâtiments et lieux étaient camouflés, y compris le POB, sur lequel on a peint un arbre à feuillage persistant à l’avant.

Avec la destruction de la plupart des gros navires de guerre du Japon en 1942-1943, la menace d’une attaque par les navires de surface contre Vancouver a diminué. Bien que les sous-marins japonais torpillaient toujours des navires et bombardaient des sites le long de la côte Ouest, les défenses de Vancouver ont été réduites à un statut d’entretien en 1944.

Les pièces de Stanley Park et les bâtiments de bois ont été enlevés en septembre 1945. Cependant, le commandant de l’Armée de Vancouver a continué d’occuper l’ancien mess des officiers comme base. 

Après la guerre, le conseil des parcs de Vancouver a exigé la restauration complète de la pointe Ferguson comme forêt-parc. En avril 1948, le conseil a gagné cette bataille et l’emplacement des pièces a été nivelé et enterré. Le POB a été démoli par la suite. Des vestiges de la batterie existent encore aujourd'hui au parc Stanley Park, mais ils ne sont pas nécessairement évidents pour la plupart. La position du phare de recherche restant à Siwash Rock est maintenant la base d’une plateforme d’observation. À la pointe Ferguson, seul le vieux mess des officiers a survécu, qui est aujourd’hui une partie du salon de thé du Stanley Park Restaurant, un lieu animé avec une vue à couper le souffle sur la côte.

Écrit par le major (à la retraite) Peter Moogk, Ph. D., professeur émérite d’histoire à la retraite de l’UCB et curateur du Musée et des archives du 15e Régiment de campagne, ARC.

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