Le raid sur Dieppe, une victoire remise à plus tard

Article / Le 17 août 2017 / Numéro de projet : 17-0191

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Il y a 75 ans, une force constituée principalement de Canadiens provenant de la 2e Division du Canada subissait de lourdes pertes lors d’un débarquement mené sur les plages près de Dieppe, en France. Bien que le raid continue de faire l’objet de débat aujourd’hui, les sacrifices faits le 19 août 1942 ont contribué à assurer un meilleur résultat moins de deux ans plus tard, lors de l’invasion de la Normandie.

Dieppe (France) — Le raid sur Dieppe, en France, n’a été d’aucune façon une réussite militaire. Du moins, il ne l’a pas été immédiatement.

Quelques mois à peine avant le 19 août 1942, jour où s’est déroulée cette malheureuse mission, les forces alliées en Europe étaient sur la défensive, ayant été repoussées de l’autre côté de la Manche, sur les îles Britanniques.

Les commandants alliés savaient qu’ils devraient reprendre le continent pour remporter la victoire ultime, mais ils ne disposaient pas des ressources nécessaires pour préparer un assaut de grande envergure. Dieppe, un port français de la région de la Normandie, a été choisi comme site d’un raid de taille plus modeste.

En vue de ce raid, des troupes de l’Armée canadienne étaient en garnison au Royaume-Uni depuis deux ans, n’ayant pas été exposées à beaucoup d’action jusque-là. Le lieutenant-général Harry Crerar, qui allait par la suite diriger la Première Armée canadienne dans l’invasion de la France, voulait que les Canadiens soient à l’avant-garde du raid; son souhait fut exaucé.

En tout, quelque 6 000 troupes ont participé au raid, dont 5 000 militaires canadiens. À la fin mai 1942, des membres de la 2e Division d’infanterie canadienne s’entraînaient en préparation à l’opération dans l’île de Wight, dans la Manche. L’opération Rutter, comme on appelait la mission alors, devait avoir lieu en juillet. Elle fut cependant retardée en raison du mauvais temps.

Malgré certains appels à abandonner complètement ce plan, surnommé « opération JUBILEE », il n’a été que mise en attente jusqu’au 19 août.

L’attaque menée sur de nombreux fronts a mal débuté; l’élément de surprise a été perdu sur le flan est lorsque les troupes d’assaut sont tombées inopinément sur un convoi de navires allemands. Seul un petit groupe de commandos sur le flan est a atteint la rive, capturant une position située à moins de 200 mètres des forces allemandes. Pendant plus de deux heures, les membres de ce commando sont parvenus à empêcher les tirs de l’artillerie ennemie sur les autres navires d’assaut alliés.

Les troupes du Royal Regiment of Canada comptaient sur la surprise et le couvert de la nuit. Ils ont également perdu ce dernier avantage lorsque leur débarquement a été retardé. Ils sont arrivés sur la plage alors que le soleil se levait et ils ont été immobilisés aux côtés des renforts du régiment Black Watch (Royal Highland Regiment). Plus de 200 militaires de ce groupe sont morts sur la plage ou ont succombé à leurs blessures plus tard. Le bilan de cette escarmouche qui n’a duré qu’une seule journée fut le plus lourd jamais recensé pour un bataillon canadien au cours de la guerre.

La force d’attaque principale, qui incluait l’Essex Scottish Regiment, Les Fusiliers Mont-Royal et The Royal Hamilton Light Infantry, fut dans l’impossibilité de vaincre les défenseurs allemands postés sur les sommets des falaises à proximité, infligeant de nombreuses pertes à la force.

C’est à Dieppe que le Corps blindé royal canadien participe à son premier combat de la guerre. Des blindés du King’s Own Calgary Regiment sont livrés sur le rivage à l’aide de barges amphibies de débarquement de chars. Les déplacements des 29 blindés que l’on est parvenu à débarquer sont entravés par les tirs allemands et le rivage lui-même, composé de galets. Les équipes de char arrivent néanmoins à fournir un soutien à l’infanterie en effectuant des tirs de leurs positions.

Deux régiments, le South Saskatchewan Regiment et le Queen’s Own Cameron Highlanders, débarquent à Pourville et parviennent à sortir de la ville pour attaquer les positions allemandes à l’est. Des éléments du Camerons se fraient un chemin jusqu’à Petit-Appeville avant de devoir retraiter en raison de l’arrivée de renforts allemands.

À la mi-journée, lorsque les canons cessèrent de tonner après neuf heures de combat, plus de 900 Canadiens sont morts, 2 500 autres sont blessés et 1 900 sont faits prisonniers. Deux Canadiens, le lieutenant-colonel Cecil Merritt et l’abbé John W. Foote, un aumônier militaire, ont reçu la Croix de Victoria pour les actes qu’ils ont posés à Dieppe.

Le raid de Dieppe a permis de tirer divers enseignements utiles pour les assauts à venir, y compris pour le jour J, notamment qu’il est nécessaire de disposer de meilleurs renseignements, de meilleurs moyens de communication et de davantage d’appui-feu aérien et maritime.

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