Les médecins militaires sont au premier rang des soins dans l’Armée

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Article / Le 18 novembre 2015 / Numéro de projet : 15-0012

Toronto (Ontario) — Le major David Coker affirme qu’être médecin militaire dans l’Armée canadienne lui a permis d’acquérir une expérience unique, qui n’est offerte nulle part ailleurs.

Le médecin explique qu’avoir été le chef d’une équipe de traumatologie à l’aérodrome de Kandahar, en Afghanistan, en 2010 est une expérience qui n’a rien de flamboyant, mais elle demeure une expérience gratifiante et positive.

« Ce fut une période assurément pleine de défis, n’en doutez pas. J’avais peur, j’étais stressé comme n’importe qui d’autre lorsque j’ai commencé. Mais en travaillant en équipe, nous nous sommes très rapidement améliorés. Il s’agit avant tout d’un travail d’équipe. Ce type d’expériences est particulier à la vie militaire. »

« La santé des militaires demeurera toujours une préoccupation », souligne le Maj Coker en parlant du besoin constant de l’Armée en médecins. « Nous en apprenons à tous les jours davantage sur la santé mentale; c’est un enjeu sur lequel nous devons continuer de travailler, c’est pourquoi le recrutement d’autres médecins doit se poursuivre. »

Le Maj Coker, qui prévoit poursuivre sa carrière militaire, explique que ce qui l’a incité à s’enrôler est son désir de servir. Ce désir est une longue tradition familiale.

« Mes deux grands-pères étaient militaires. L’un d’entre eux était dans l’Armée canadienne, l’autre s’est enrôlé dans la Marine royale canadienne. Tous deux ont servi au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Je suis un fier Canadien; j’aime notre pays et j’estime que les Forces sont la représentation de ce sentiment à l’étranger. »

Avant de devenir médecin dans l’Armée, le Maj Coker a d’abord obtenu un diplôme en génie chimique et en génie des matériaux du Collège militaire royal de Kingston. Bien qu’il ait été impressionné par le programme du Collège, qui offre un mélange de formation scolaire, de conditionnement physique et de formation en leadership, le Maj Coker n’a pas été immédiatement convaincu que la vie militaire lui conviendrait. Il a toutefois terminé avec succès un semestre d’essai, a par la suite obtenu son diplôme en faisant partie des meilleurs de sa promotion et il s’est enrôlé dans l’Armée à titre d’officier de génie électrique et mécanique (GEM).

Il a ensuite été affecté à une unité de l’armée britannique comme commandant de peloton, de septembre 2001 à décembre 2003. Au cours de cette période, cette unité a participé à une mission au Kosovo. « La guerre était terminée à ce moment, mais nous remplissions encore un rôle de maintien de la paix », explique-t-il.

« Pour un jeune homme comme moi, ce fut une expérience merveilleuse de vivre en Angleterre pendant deux ans, dont six ou sept mois en mission au Kosovo », se remémore-t-il. « Parce que je parle français, lorsque j’étais là-bas j’ai été rattaché à un officier de liaison britannique anglophone qui travaillait avec un bataillon d’infanterie français. »

À l’âge de 26 ans, après avoir servi pendant trois ans et demi comme officier du GEM et s’être occupé de l’entretien d’équipement, le Maj Coker a décidé de cesser de prendre soin du matériel pour se concentrer plutôt sur le personnel humain de l’Armée. Il s’est donc inscrit à l’école de médecine, avec le soutien financier de l’Armée.

« J’aime sincèrement la médecine. Certains jours, vous avez le sentiment d’avoir véritablement aidé quelqu’un qui avait un problème de santé, que ce soit un bras cassé, un problème de santé mentale ou tout autre problème de nature médicale. »

Comme pour tout autre aspect de la vie militaire, le rôle du médecin militaire compte son lot de défis, particulièrement en ce qui concerne la famille.

« La famille vit un stress », explique le Maj Coker. « Si vous avez un ou une conjointe, que vous avez des enfants, il faut au moins vous assurer que votre conjoint ou conjointe comprend que vous allez déménager assez souvent. »

Il ajoute qu’un autre défi des médecins militaires est la recherche de l’équilibre entre les responsabilités de leadership qui viennent avec la progression dans les grades et le besoin de conserver et d’améliorer ses compétences médicales.

« C’est là assurément la source de préoccupation la plus fréquente. Lorsque vous êtes au QG, que vous remplissez un rôle administratif, vous ne rencontrez plus de patients; vous n’êtes plus dans un environnement clinique. »

Cela étant dit, le Maj Coker signale que l’apprentissage continu est un élément important de la culture de l’Armée.

« Dans les Forces, une partie de l’effectif médical possède une expertise spécialisée. Nous devons rester à jour sur certains aspects de la médecine, en particulier la médecine militaire. Ces gens sont intégrés dans notre système de santé militaire et c’est un atout. »

La fonction de médecin militaire comprend des occasions d’apprentissage dans une vaste gamme de spécialités.

« Je suis un médecin militaire généraliste, ce qui est l’équivalent d’un médecin de famille. Nous avons aussi des médecins spécialisés dans différents domaines : anesthésie, chirurgie générale, chirurgie orthopédique, psychiatrie, radiologie et médecine interne notamment. Vous pouvez suivre la formation comme militaire dans une université civile ou obtenir votre diplôme et vous enrôler ensuite. Les programmes d’études universitaires supérieures en santé au travail, en médecine subaquatique, en médecine de vol et en médecine d’urgence sont d’autres possibilités qui s’offrent également à vous. »

Le Maj Coker se prépare à assumer un nouveau rôle de leadership, celui de commandant et de médecin-chef de la base du 32e Centre des services de santé de Forces canadiennes à Toronto. Voici selon lui les qualités que vous devez posséder pour atteindre le même niveau de réussite professionnelle que lui.

« En ce qui concerne vos études, votre condition physique et vos stratégies de gestion du stress, vous devez faire preuve de discipline. Vous devez vouloir assumer des rôles de leadership. La souplesse est importante. Des tonnes de choses échapperont à votre contrôle et à mon avis il est essentiel que vous soyez capable d’accepter qu’il en soit ainsi et de vous adapter au changement. »

Quelques faits sur les médecins militaires dans l’Armée canadienne :

  • Les médecins militaires sont des médecins qui prodiguent les services de santé primaires aux membres des Forces armées canadiennes, que ce soit dans les bases au Canada ou en appui aux opérations sur les champs de bataille, dans les missions humanitaires ou de maintien de la paix partout dans le monde.
  • Les principales responsabilités d’un médecin militaire sont les suivantes : diriger une équipe de soins cliniques formée de professionnels hautement qualifiés, promouvoir la protection de la santé, faire de l’éducation à la santé, prodiguer les soins de santé primaires, exercer la médecine de l’environnement, y compris la médecine en haute altitude et en médecine hyperbare, et faire la promotion de la santé et de la sécurité au travail.
  • Il doit suivre la formation de base des officiers à l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes à Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec). Les médecins militaires étudient à l’École des Services de santé des Forces canadiennes à Borden (Ontario), où ils sont initiés à la structure et à l’histoire de l’organisation et aux conditions particulières de la pratique de la médecine militaire. L’instruction propre à l'armée d'appartenance, une exigence opérationnelle, comprend des exercices en campagne qui peuvent avoir lieu n’importe où dans le monde.
  • Les médecins militaires peuvent faire une demande de spécialisation en échange d’années supplémentaires de service. Les Forces vont subventionner les spécialisations médicales suivantes : soins de courte durée, médecine d’urgence, chirurgie, chirurgie orthopédique, anesthésiologie, médecine interne, psychiatrie et radiologie.
  • On offrira une formation de niveau supérieur aux médecins militaires qui possèdent le potentiel et les aptitudes exigées. Cette formation comprend : médecine de santé publique, médecine du travail, médecine aérospatiale, médecine tropicale, épidémiologie et administration des services de santé.

En terminant, le Maj Coker souligne que « vous avez l’occasion d’exercer la médecine et d’aider les gens, ce qui est probablement ce qu’il y a de meilleur dans tout cela. Bien sûr, vous allez créer des liens d’amitié avec des gens extraordinaires. Probablement que tout le monde dit la même chose, mais l’une des bonnes choses de la vie militaire, c’est que les gens qui en font partie forment, jusqu’à un certain point, une famille. Que vous traversiez une bonne ou une mauvaise période, vos amis seront là pour vous. »

Par Lynn Capuano et Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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