Les officiers des transmissions sont les maîtres du renseignement de l’Armée canadienne

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Article / Le 8 janvier 2016 / Numéro de projet : 15-0013

Ottawa (Ontario) — Toute la puissance de feu du monde ne peut garantir une réussite sur le champ de bataille moderne si le commandant ne peut identifier l’emplacement exact de la cible.

Le fait de garder informé le commandant d’une force de combat moderne est aussi essentiel que les munitions et les armes – et c’est là que les officiers des transmissions de l’Armée canadienne entrent en jeu.

Les moyens pour transmettre des renseignements essentiels des lignes avant du champ de bataille aux yeux et aux oreilles de l’équipe de commandement ont progressé de façon impressionnante, passant du signal de fumée de base aux drapeaux, lampes, pigeons voyageurs, radios et maintenant aux réseaux satellites, informatiques et cellulaires.

La façon dont la technologie change est sans importance, le travail du signaleur est toujours de permettre aux commandants de commander, d’appliquer la technologie à la reconnaissance et à la surveillance, au commandement et contrôle du champ de bataille, et plus encore.

« Je dirais que ce qui a été caractérisé lors d’opérations récentes est le fait que l’ennemi peut utiliser la gamme complète des technologies des communications civiles; il peut donc utiliser Twitter pour s’organiser ou il peut avoir accès à un système informatique moderne ou à des téléphones intelligents », explique le capitaine Carl Homer, officier des transmissions actuellement affecté au Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) au U.S. Northern Command Joint Cyber Center. « Toute personne ayant suffisamment d’argent a accès aux communications avancées aujourd’hui. »

Originaire de Scarborough (Ontario), il s’est joint à la Force de réserve à 17 ans puis a transféré à la Force régulière en 1996 comme opérateur radio. « J’avais choisi les transmissions dès le départ parce que j’étais intéressé à être le soldat avec la radio dans le dos qui pouvait parler avec l’artillerie et les aéronefs », explique-t-il. « Je connaissais seulement ce que j’avais vu dans les films et je les voyais dire quelques mots puis les choses explosaient, et je me disais que ça semblait être le bon endroit où se trouver. »

Le Capt Homer a gravi les grades de militaire du rang (MR) dans le métier des transmissions et lorsqu’il est devenu adjudant-maître, il est devenu officier des transmissions. Il a remarqué que la formation de l’officier des transmissions est axée, en grande partie, sur le leadership au niveau tactique et le déploiement du système d’aide au commandement terrestre.

Il se considère chanceux d’avoir participé à bon nombre de missions pendant ses 19 ans au sein de l’Armée. « Le gros avantage que nous avons avec les transmissions, c’est que nous allons partout – nous sommes déployés, et nous le sommes souvent. » Plus récemment, il a participé à l’opération IMPACT, la contribution du Canada à la coalition multinationale contre l’État islamique en Iraq et en Syrie (EIIS), d’octobre à décembre 2014, pour aider à diriger l’activation du théâtre

Lorsqu’ils ne sont pas sur le terrain, les officiers des transmissions bénéficient d’une formation continue qui les garde bien au fait. Cela, et la grande diversité d’expériences qui vient avec le travail, font partie des choses que le Capt Homer aime de son travail.

« Lorsque nous arrivons dans un nouveau théâtre, il n’y a rien », dit le capitaine Jason Kauenhofen, du Régiment des transmissions interarmées des Forces canadiennes à Kingston (Ontario). « Nous installons l’infrastructure et fournissons les installations et les niveaux des systèmes de renseignement qui offrent un soutien intégral à l’ensemble des éléments, jusqu’à y compris l’ordre de tirer. Le personnel des transmissions fait un lien entre les planificateurs et conseillers stratégiques du commandant et aux exécutants. Un élément du Corps des transmissions est présent à chaque victoire. »

Le Capt Kauenhofen, originaire de Winnipeg (Manitoba), s’est joint à l’Armée à l’âge de 22 ans comme opérateur des transmissions en 2002. En 2005, il s’est rendu en Afghanistan comme opérateur des transmissions dans le cadre de l’opération ATHENA, la contribution du Canada en matière de force de soutien de la paix et de force combattante à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan.

Il a poursuivi ses études pour obtenir un diplôme en génie avec une spécialisation en systèmes d’alimentation et de contrôle au Collège militaire royal du Canada dans le cadre du plan de formation universitaire ­– Militaire du rang des Forces armées canadiennes (FAC).

« Je suis passé d’opérateur dans le métier MR à officier et je suis maintenant responsable du même escadron auquel j’appartenais », raconte-t-il.

Après avoir été déployé aux Philippines comme officier des transmissions de l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe à la suite du Typhon Haiyan en 2013, le Capt Kauenhofen, alors lieutenant, a été nommé subalterne de la Branche des communications et de l’électronique pour l’année 2013 pour ses efforts exemplaires. Dans ses temps libres, il travaille à obtenir le titre d’ingénieur de l’Ordre des ingénieurs de l'Ontario. 

« Nous permettons que tout arrive », dit le Capt Kauenhofen, qui ajoute que l’un des  principaux attraits du métier d’officier des transmissions ­– en ce qui le concerne – est la variété presque infinie d’équipement et d’expériences qui l’accompagnent.

« C’est du réseautage, de l’informatique, de la cybersécurité – mais vous n’avez qu’un officier des transmissions pour tout gérer ça. Comme gestionnaire, facilitateur et chef, je n’avais pas à me limiter à une catégorie », fait-il remarquer. « Actuellement, je travaille sur un réseau central protégé, mais l’année prochaine, je pourrais travailler sur le renseignement sur les transmissions ou sur la guerre électronique. Et l’année d’après, je pourrais bien faire de la cybersécurité, de la sécurité de l’information et il y a toujours la gestion de projet. Je veux dire qu’on ne s’ennuie jamais vraiment. »

De retour au Canada, un des rôles principaux des officiers des transmissions est l’entraînement et la préparation pour de nouveaux déploiements. « Nous appuyons aussi l’opération NANOOK, nous participons aux exercices MAPLE RESOLVE à Wainwright et nous avons été assez chanceux pour nous faire appeler lorsqu’il faut apporter notre aide aux autorités civiles du Canada – nous avons aidé lors des inondations à Winnipeg et lors de la tempête de verglas à Montréal », explique le Capt Homer.

« Nous avons l’occasion de faire un peu de tout. J’ai eu l’occasion de travailler avec les blindés, l’infanterie, le génie, la force aérienne. Ça a varié beaucoup et il y a toujours de nouveaux défis. Nous changeons au fur et à mesure que les Forces armées canadiennes changent », ajoute-t-il.

Faits en bref sur les officiers des transmissions au sein de l’Armée canadienne :

  • Les officiers des transmissions de l’Armée peuvent être employés dans le cadre de l’élaboration de politiques, de la gestion de projets, de la conception des systèmes et des opérations en réseau.
  • Ils utilisent de l’équipement et des systèmes de soutien au commandement, soit : des systèmes d’information sur ordinateur qui aident à assurer les fonctions de commandement et contrôle, de reconnaissance et surveillance, et d’acquisition d’objectifs au champ de bataille; la gamme complète des systèmes radio; les capacités de guerre électronique; les capacités de guerre cybernétique; et les capacités de cryptographie et de sécurité des communications.
  • Les officiers des transmissions de l’Armée travaillent dans tout le spectre de l’Armée, des combats à l’étranger ou des missions de maintien de la paix aux environnements plus tranquilles des bases et des garnisons. Ils peuvent être affectés à un quartier général international ou à un poste permutable ou de liaison dans un pays allié.

Compte tenu de la nature diversifiée du travail, ces officiers des transmissions sont d’accord qu’une personne qui pense assumer ce rôle doit avoir un vaste éventail de compétences.

« Les gens qui ont tendance à occuper ce métier cherchent généralement un défi intellectuel », explique le Capt Homer. « Je dirais que la capacité de transposer les défis techniques en décisions tactiques est une compétence clé. »

« Vous devez être souple et tenace », dit le Capt Kauenhofen. « Vous ne pouvez pas dire ‘Je veux seulement faire ceci ou cela.’ L’Armée vous dit ce dont elle a de besoin, et vous devez être en mesure de répondre en conséquence. » Et il ajoute que c’est la camaraderie qui fournit la motivation à faire ce qui est demandé.

« Imaginez que vous êtes à votre poste, résistant aux éléments. Ça vous prend tout votre petit change pour repousser la douleur et la fatigue. La raison pour laquelle vous continuez est que vous défendez votre pays, et c’est pourquoi vous êtes là, mais ce n’est pas pour ça que vous restez. Vous restez pour le gars à côté de vous. Si vous échouez, il échoue aussi. »

Par Lynn Capuano et Steven Fouchard, affaires publiques de l'Armée

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