Les participants de l’exercice NIHILO SAPPER brisent la routine en bâtissant un pont, mais surtout, un esprit de communauté

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Article / Le 12 janvier 2016 / Numéro de projet : 15-0232

St. John (Nouveau-Brunswick)  — Novembre venait de s’installer, ce qui signifiait pour les membres du 4e Régiment d’appui du génie (4 RAG) de Gagetown, au Nouveau-Brunswick, qu’ils allaient encore une fois devoir passer un mois sur les terrains ensoleillés du Champ de tir et secteur d’entraînement de la Base Gagetown, pour prendre part à l’Ex NIHILO SAPPER. Cette année toutefois, l’exercice allait être différent, « épique » même. 

L’expression latine ex nihilo signifie « créer à partir de rien ». Elle s’applique particulièrement bien à cet exercice, puisque les militaires ne disposent habituellement de rien sur le plan des infrastructures lorsqu’ils entreprennent une nouvelle opération de déploiement. Le terme anglais sapper, qui se traduit par « sapeur », désigne quant à lui les jeunes militaires du génie et remonte au 19e siècle, à l’époque où les mineurs militaires français « sapaient » les défenses ennemies.

Chaque année, le Régiment se déploie dans le secteur d’entraînement pour simuler l’établissement d’un théâtre d’opération et exécuter des tâches de soutien du génie général et rapproché. Chaque année, des aspirants officiers du génie provenant de l’École du génie militaire des Forces canadiennes (EGMFC) ont l’occasion de diriger les membres de notre unité. Chaque année, il fait froid et l’exercice est difficile. Mais pas cette année.

Au lieu de se déployer dans le secteur d’entraînement, le 4 RAG a pris tout son équipement et s’est rendu au port de Saint John. Nous avons invité d’autres unités de partout au Canada, y compris des unités de la Réserve et de la Force régulière de l’Alberta, de l’Ontario, du Québec, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Leur participation a permis de doubler nos effectifs et d’étendre nos forces dans tout le sud du Nouveau-Brunswick, de Sussex à Saint John et à Gagetown.

Au lieu de refaire la même chose que l’an dernier, nous sommes partis de zéro. Nous avons décidé de sortir de notre zone de confort qu’était le secteur d’entraînement et de nous aventurer dans le vrai monde, pour interagir avec de vrais civils dans un véritable environnement « étranger ». Au lieu d’ériger un pont pour simplement le démanteler par la suite, nous en avons bâti un qui allait pouvoir être utilisé dans le parc local. Nous avons aussi contribué à la construction d’une maison pour une organisation non gouvernementale. Nous avons interagi avec les médias et établi des liens avec la communauté de même qu’avec les autres unités qui étaient venues appuyer notre exercice.

Au lieu d’ériger un pont pour simplement le démanteler par la suite, nous en avons bâti un qui allait pouvoir être utilisé dans le parc local. Nous avons aussi contribué à la construction d’une maison pour une organisation non gouvernementale. Nous avons interagi avec les médias et établi des liens avec la communauté de même qu’avec les autres unités qui étaient venues appuyer notre exercice.

N’importe quel militaire qui est allé à Saint John dirait la même chose : le changement d’emplacement a fait une immense différence pour les troupes. Le bruit des sirènes de bateau le matin et la vue des lumières des grues d’expédition leur ont vraiment donné l’impression qu’ils étaient en déploiement à l’extérieur du pays, et non à un coin de rue de la Base, à Gagetown.

Le bruit des sirènes de bateau le matin et la vue des lumières des grues d’expédition leur ont vraiment donné l’impression qu’ils étaient en déploiement à l’extérieur du pays, et non à un coin de rue de la Base, à Gagetown.

Mais ce n’est pas tout le monde qui était à Saint John, puisqu’un autre changement axé sur les opérations dispersées avait aussi été apporté cette année. Dans ce contexte, le 43e Escadron de lutte aux IED, une sous-unité du 4 RAG, de même que le 51e Escadron du 5e Régiment du génie de combat basé à Valcartier, au Québec, menaient leurs activités principalement à partir du secteur d’entraînement, aux côtés des aspirants officiers de l’EGMFC.

D’autres sous-unités du 4 RAG ont également apporté une contribution considérable. Le 45e Escadron de construction verticale, soit la sous-unité de construction et d’infrastructure, s’est affairé à bâtir un camp pour 500 personnes à Saint John, de même que des camps de 100 personnes dans le secteur d’entraînement et à Sussex. Des membres du 42e Escadron de construction horizontale, soit la sous-unité d’équipement lourd, de pontage et de ressources du génie, ont quant à eux mené des opérations de franchissement par radeau à partir du club de voile local, sur les rivières Saint John et Kennebecasis, en plus d’ériger un pont non réglementaire de 18 mètres conçu par la 1re Unité d’appui du génie basée à Kingston, en Ontario, et de fournir des ressources du génie à l’appui de tous les autres escadrons.

Dans le cadre de toutes ces opérations, le 48e Escadron de soutien logistique du combat, soit la sous-unité du 4 RAG responsable de la logistique et de la maintenance, a répondu à plus de 100 appels de réparation et de récupération, travaillant sans relâche pour assurer le maintien des véhicules, répondre aux demandes de soutien et fournir la nourriture aux troupes dans tout le sud du Nouveau-Brunswick.

L’exercice NIHILO SAPPER 2015 a certainement relevé la barre pour les années à venir. Le changement d’emplacement a donné lieu à de nouvelles occasions d’appuyer la communauté, ce qui a permis d’élargir la portée des tâches et de diversifier les possibilités d’instruction pour notre unité de même que pour les aspirants officiers de l’EGMFC.

La transposition de l’exercice dans un nouvel environnement a certainement entraîné son lot d’épreuves et de difficultés, tant sur le terrain que durant le processus de planification. Compte tenu de toutes ces nouveautés, il était rafraichissant de pouvoir appliquer nos compétences familières dans un contexte peu familier, en vue d’apporter une contribution positive à la vie de véritables civils, en prenant part à un exercice aussi « épique » dans une région près de chez nous, de nos familles et de nos cœurs.

Par le lieutenant Ryan Perry, 4e Régiment d’appui du génie

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