Les troupes d'exercice MAPLE RESOLVE cherchent des solutions post-bataille

Article / Le 2 juin 2017 / Numéro de projet : 17-0149

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Chaque année, on confie à l’une des quatre divisions de l’Armée canadienne (AC) le mandat d’être en état de disponibilité opérationnelle élevée. Pour se préparer, les militaires de cette division suivent pendant un an un entraînement intensif, qui se termine par l’exercice MAPLE RESOLVE (Ex MR). La planification et la tenue de cet exercice, qui se déroule chaque année à la Base des Forces canadiennes/unité de soutien de secteur Wainwright (Alberta), sont assurées par le personnel du Centre canadien d’instruction aux manœuvres (CCIM). L’Ex MR constitue une répétition générale à échelle réelle de situations de combat et est l’occasion de valider l’état de disponibilité opérationnelle élevée de chaque division qui y participe. Cette année, à partir de juillet, ce sera au tour de la 4e Division du Canada (4 Div). À cette fin, la 4 Div a créé la force opérationnelle TOMAHAWK, qui demeurera dans un état de disponibilité opérationnelle élevée jusqu’au 30 juin 2018. Les membres de cette force opérationnelle ont participé à l’Ex MR 2017 tenu du 14 au 19 mai. L’article suivant est une série de dépêches provenant du terrain.

Wainwright (Alberta) — Ce jour-là, durant l’Ex MR 2017, un combat furieux a pris fin, mais il reste encore du travail important à faire.

Des membres The Royal Canadian Regiment (RCR) ont réussi à prendre le village fictif de Todan à l’« ennemi » – dans ce cas-ci un groupe formé d’autres troupes canadiennes et d’équipage de chars américains.

L’Ex MR 2017 a pour objet d’offrir aux troupes un contexte aussi réaliste que possible. Les parties armées de l’exercice sont équipées de simulateurs d’effets d’armes, lesquels remplacent les balles par l’émission d’impulsions laser qui sont reçues par des capteurs que portent les participants. Les capteurs enregistrent là où les personnes ou les objets ont été atteints, et ils dressent un portrait détaillé des dommages. 

Non seulement les soldats ont-ils passé dans des villages où des contenants maritimes faisaient office de maison, d’entreprises ou d’espaces communautaires, mais une véritable armée de près de 100 figurants ajoutait une autre couche de complexité.

Certains des figurants représentaient les résidents de Todan. Comme le prévoyait le scénario, ils étaient partagés en groupes ethniques et politiques : la moitié représentait des Arianiens et l’autre moitié des Atropiens. Ces deux ethnies sont fictives, les premiers sont hostiles aux Canadiens et à leurs partenaires de la coalition, parfois même ouvertement à l’occasion, tandis que les Atropiens les voient comme des libérateurs.

Peu importe leur position politique dans ce scénario inventé, les deux groupes ont été ébranlés par la bataille, qui comprenait une simulation de frappe d’artillerie, mais aussi par les dommages infligés précédemment aux infrastructures d’alimentation en électricité et en eau.

Les gens de Todan allaient vraisemblablement exiger que les blessés civils et les dommages infligés aux maisons et aux commerces dus au combat soient pris en charge, et c’est exactement ce qui a préoccupé les vainqueurs d’aujourd’hui, compte tenu de leur formation de sensibilisation culturelle qui est une partie importante de cet exercice.

Le sergent Paul Geburt du 2e bataillon du RCR, qui est installé à la Base de soutien de la 5e Division du Canada Gagetown, et le sergent Tony Bahadur du CCEM, qui se trouve au Détachement Wainwright de la Base de soutien de la 3e Division du Canada Edmonton, ont inspecté la scène et c’est sur leur évaluation des dommages du combat que reposeront les réparations aux villageois.

« Si nous avons créé le problème », dit le sgt Geburt, « nous devrions en trouver la solution. »

Les fondations d’un immeuble ont été détruites, d’autres sont criblées de balles – le sgt Geburt en compte 30, soit l’équivalent d’un chargeur de fusil complet – sur l’une d’elles. Le seul ordinateur qui se trouvait dans le petit café Internet de Todan a aussi été subtilisé. Cela peut sembler anodin tout bien compté, mais le sgt Bahadur souligne qu’il pourrait être exploité à des fins de renseignement.

De plus, il ajoute avec une indignation sincère : « Ça appartient à quelqu’un. »

Le major Martin Lamontagne-Lacasse, membre des Fusiliers de Sherbrooke, au Québec, n’est pas un « participant », mais il est engagé comme instructeur observateur-contrôleur (IOC) supervisant l’action.

Il explique que d’autres travaux devront être réalisés dans les jours à venir – en plus des réparations –; les commandants vont rencontrer les chefs du village pour établir les relations les plus positives possible dans les circonstances.

« Toutes les opérations militaires font des dommages, qu’ils soient physiques ou psychologiques », précise‑t‑il. « Alors la première chose qu’on veut faire, c’est interagir rapidement avec la population. On veut atténuer les répercussions des dommages en réalisant ces évaluations et en accordant une compensation. »

Outre la nature fictive de l’Ex MR 2017, il ajoute que cette opération a été un test réussi de la coordination des travaux des divers éléments de l’AC – infanterie, arme blindée, artillerie et d’autres aspects, comme l’aide d’un aéronef de l’Aviation royale canadienne et de la police militaire qui s’occupe des troupes ennemies capturées – pour atteindre un objectif.

« Cela devient vraiment complexe, affirme-t-il, et un défi énorme. »

Sergio Vazquez, un résident de Calgary, était l’un des figurants. C’est la septième année qu’il participe à l’Ex MR.

« Je suis un villageois campagnard. Personne en particulier, mais je m’inquiète pour les gens et au sujet de tout ce qui arrive. Nous sommes frustrés par la situation et très tristes », dit‑il.

La décision de M. Vazquez de jouer l’un de ces rôles découle de son expérience comme bénévole de la Croix‑Rouge au Mexique, son pays natal. Il ajoute qu’il y voit une façon de continuer d’aider les autres qui pourraient bénéficier d’une AC bien entraînée dans les futures zones de guerre.

« Je crois que ce travail est utile pour les gens – pas juste les Canadiens. L’Armée canadienne a une bonne façon d’aborder la communauté, quel que soit son pays. »

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