« Nous allons travailler côte à côte », indique l’officier de liaison français

Article / Le 11 avril 2017 / Numéro de projet : 17-0084

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Ottawa (Ontario) — Dans le cadre de son service avec les troupes de marine de l’Armée française, le lieutenant-colonel Martial de Reviers a été appelé à voyager en Afrique et dans le territoire français de la Nouvelle-Calédonie, un grand archipel dans le Pacifique Sud. Ces deux endroits sont très loin, sur le plan géographique, et très différents, sur le plan environnemental, de sa situation actuelle à Ottawa. Mais comme il le mentionne dans l’entrevue qui suit, ses fonctions en tant qu’officier de liaison entre les armées française et canadienne lui ont permis de constater que les deux organisations ont beaucoup en commun et sont prêtes à travailler efficacement ensemble si le besoin survient.

Pouvez-vous décrire votre domaine d’expertise au sein de l’Armée française?

Je faisais partie d’un régiment blindé dans l’infanterie de marine, donc je possède principalement une expérience opérationnelle. J’ai été envoyé dans un quartier général opérationnel divisionnaire à Paris après l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015. C’est là que mon officier d’état-major en chef m’a demandé si je voulais venir à Ottawa. Je suis donc arrivé ici en juillet 2015, pour une affectation de 3 ans. Auparavant, j’avais été en Nouvelle-Calédonie, dans l’océan Pacifique, et ainsi qu’en Afrique – au Cameroun, où j’ai enseigné à l’École supérieure internationale de guerre, et deux autres fois au Mali. Je suis habitué aux affectations à l’étranger, mais il s’agit de ma première fois à titre d’officier de liaison. C’est un honneur pour un officier français de venir au Canada, car nos deux pays partagent de forts liens historiques. L’infanterie de marine est issue des compagnies franches de la marine, qui défendaient les colonies françaises au Québec au 17e siècle.

En quoi consistent exactement les fonctions d’officier de liaison?

Nous sommes ici pour accomplir différentes tâches. La principale est de faciliter les échanges entre les deux armées et de mettre sur pied des exercices conjoints. Par exemple, le 3e Bataillon, Royal 22e Régiment souhaitait effectuer un entraînement dans la jungle. Nous sommes une armée différente comptant de nombreux centres d’entraînement dans la jungle, notamment en Martinique et en Guyane française. J’ai donc mis le bataillon en contact avec la bonne personne. L’an dernier, environ 50 membres de l’Armée canadienne sont allés à Gap [une région montagneuse dans le sud-ouest de la France] pour s’exercer à mener des patrouilles de ski et d’alpinisme. Cette année, ce sont 50 membres de l’Armée française qui sont venus au Québec pour s’exercer aux patrouilles en motoneige, entre autres. Nos échanges sont très fructueux.

Travaillez surtout à Ottawa, ou avez-vous eu l’occasion de voyager à d’autres endroits au pays?

Je passe la majeure partie de mon temps à Ottawa, mais l’Armée française, et même le Commandement interarmées français, m’a demandé de jouer un rôle d’observateur lors de certains exercices. Par exemple, durant la dernière opération NANOOK, j’ai été invité à Whitehorse par l’Armée canadienne. La fin de semaine dernière, j’étais à Valcartier, au Québec, dans le cadre de l’exercice RAFALE BLANCHE avec le 12e Régiment blindé du Canada. Pour moi, c’est une excellente occasion.

Comment trouvez-vous le Canada jusqu’à maintenant?

C’est très intéressant. Je n’avais jamais été affecté en Amérique du Nord auparavant, donc c’est une toute nouvelle expérience pour moi. Lorsque je suis arrivé, on m’a intégré au quartier général du Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne. C’est très bien de faire partie de l’Armée canadienne. Mon travail d’officier de liaison s’en trouve facilité parce que je peux établir des liens et me porter volontaire pour des tâches. Par exemple, j’ai été à Wainwright, en Alberta, dans le cadre du dernier exercice MAPLE RESOLVE à titre d’observateur pour un groupement tactique. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre l’Armée canadienne.

D’après vous, qu’ont en commun les armées française et canadienne, et pourquoi le maintien de l’interopérabilité entre alliées est-il important, de façon générale?

Les armées canadiennes et françaises sont plus proches l’une de l’autre qu’elles le sont avec l’Armée des États-Unis. Nos enjeux sont très semblables en ce qui concerne les ressources. Pour l’opération REASSURANCE en Europe centrale et en Europe de l’Est, le Canada a envoyé un quartier général de groupement tactique et une compagnie. La France a également envoyé une compagnie. Nous ne faisons pas partie du même groupement tactique, mais nous serions en mesure de travailler ensemble au besoin. Si le gouvernement du Canada engage des troupes au Mali, nous allons travailler côte à côte. C’est très important de savoir ce qu’on peut attendre de nos alliés, de connaître leurs façons de faire et d’être capable de collaborer. C’est ça, l’interopérabilité. Ce n’est pas seulement un concept. Dans l’année à venir, il se pourrait que nous ayons deux engagements conjoints.

L’entrevue a été raccourcie et modifiée afin d’en faciliter la compréhension.

Il s’agit du premier de deux articles sur les fonctions d’officier de liaison au sein de l’Armée canadienne. Dans le prochain article, nous rencontrerons le colonel Marco Moraes, de l’Armée brésilienne.

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