« Nous combattons le mal » : Fabrication de la Médaille du service en Asie du Sud-Ouest

Article / Le 19 avril 2017 / Numéro de projet : 16-0044

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Il s’agit du troisième et dernier article d’une série décrivant le travail de la Direction – Distinctions honorifiques et reconnaissance (DDHR), qui administre les divers processus liés à l’attribution de médailles et d’autres distinctions honorifiques aux membres des Forces armées canadiennes. Dans ce dernier article, le directeur de la DDHR, le Lieutenant‑colonel Carl Gauthier discute du processus collaboratif de la création de la Médaille du service en Asie du Sud-Ouest (MSASO), qui souligne le service lors de la campagne en Afghanistan.

Ottawa (Ontario) — La création de la Médaille du service en Asie du Sud-Ouest, représentant la mission en Afghanistan et la menace du terrorisme international, a présenté un défi unique. Elle a été créée pour honorer les soldats du Canada qui ont servi en Afghanistan, mais elle ne sert pas qu’à souligner ce service, elle représente aussi symboliquement l’espoir de paix.

« Un mal multiple » : Le processus conceptuel commence

« Lorsque je suis arrivé à la DDHR, en 2002, nous venions tout juste de commencer la campagne en Afghanistan. On avait très peu parlé de la reconnaissance qui devrait être offerte. J’ai dû avoir très rapidement une certaine idée de ce que nous voudrions », souligne le lieutenant‑colonel Carl Gauthier, Directeur – Distinctions honorifiques et reconnaissance.

« J’ai fourni un dessin, qui a été transmis. La représentation que j’ai faite a été redessinée en grande partie, en fait au complet, par Cathy Bursey-Sabourin, l’artiste principale de l’Autorité héraldique du Canada. Elle en a fait quelque chose de beaucoup plus joli que ce que j’avais imaginé. De fait, elle n’a même pas vu mes dessins; elle a vu ma description écrite et, à partir de là, elle a dessiné notre Médaille du service en Asie du Sud-Ouest (MSASO). »

« Le système canadien a hérité bon nombre de traditions des Britanniques. La tradition veut que l’on mette la souveraine à l’avant. Au dos, on trouve quelque chose qui représente le service que la distinction honorifique vise à reconnaître. Alors quand ce fut le cas de la MSASO, ça s’est avéré très difficile. En effet : comment représente‑t‑on le terrorisme international? Il s’agit d’une menace très diffuse qui peut se manifester n’importe où dans le monde et prendre bien des formes. L’hydre est une créature de la mythologie grecque qui est considérée comme une bête maléfique multiforme. Elle a plusieurs têtes, de nombreux visages, et elle ne peut être vaincue d’un seul effort. Alors je me suis dit que c’était une représentation parfaite de ce qu’est le terrorisme international : il prend de nombreux visages, il vient de différents endroits. On ne pourra pas le vaincre d’un seul coup, il faudra un effort soutenu. »

« Lorsque Cathy l’a dessinée, elle a illustré une créature qui s’apparente davantage au dragon, et elle a fait chaque tête différente. Elle a aussi dessiné une épée placée en angle. En héraldique, une épée à angle signifie que la créature qui en est transpercée est mourante; elle est vaincue. Nous avons ajouté l’inscription en latin Adversus malum pugnamus, si qui signifie ‟Nous combattons le mal”. »

« La paix comme élément central » : Le ruban

« Les couleurs du ruban sont intéressantes parce que la paix, qui est représentée par la couleur blanche, était l’élément central, un peu comme la lumière au bout du tunnel, parce qu’on a du noir, pour le choc du 11 septembre, du rouge, pour le sang versé, et des bordures couleur sable représentant le défi du théâtre des opérations. Dans mon concept original, le ruban était vert, cette couleur étant utilisée dans nombre de nos rubans, pour représenter le service, mais quelqu’un a fait remarquer que ‟le vert est la couleur de l’Islam.” Nous ne voulions certainement pas présenter la campagne comme un affrontement entre religions. »

Traditions et aspects techniques

« Vous faites un dessin de plusieurs pouces de diamètre sur une grande feuille de papier. Vous vous dites : “Bon, il faut que ça revienne à 36 millimètres de diamètre, en métal, en une seule couleur. De quoi est-ce que ça aura l’air à cette taille? Il faut tout de même pouvoir comprendre l’image. Ce sont des choses comme celles-là que vous devez avoir à l’esprit. Et qu’en est-il de la technique de fabrication? Si vous dessinez une suspension très élaborée, comment s’y prendront-ils pour la fabriquer? Sera‑t‑elle assez solide? Quand on y passera le ruban d’abord, et ensuite le fil et qu’on appliquera un peu de pression, tiendra-t-elle? Il y a de la tradition dans une médaille, il y a du symbolisme, de toute évidence, mais il y a aussi ces considérations techniques de base. »

« Le processus peut prendre 18 mois, voire davantage. Celui de la MSASO a été très rapide. Tout s’est fait en huit mois, il me semble. Mais évidemment, il était question de l’Afghanistan; tous les paliers du gouvernement ont exercé des pressions pour que ça avance. Le 1er juin 2015, 12 736 MSASO avaient été décernées. »

« Ce sont de vrais guerriers » : Les récipiendaires

« À l’instar de nos anciens combattants de la guerre de Corée et des deux guerres mondiales, les militaires engagés dans la campagne d’Afghanistan ont traversé des moments épouvantables. Vous savez, ce sont de vrais guerriers. Et puis vous les voyez assis sur les fauteuils ornés de la résidence du Gouverneur général, quand celui-ci leur remet les décorations supérieures de la vaillance et du mérite. Leurs noms sont appelés et ils sont très nerveux. Ils ont vécu l’enfer et pourtant, ils sont absolument tétanisés parce qu’ils ne sont pas dans leur élément. »

« Il y a un récit qui illustre cet état : alors que la Reine mère décernait une décoration supérieure pour bravoure à un militaire au nom de Sa Majesté au palais de Buckingham, celle-ci dit au récipiendaire : “Vous avez dû avoir terriblement peur”; et celui-ci lui répondit : “Pas autant qu’aujourd’hui, Votre Altesse”. »

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