Opération UNIFIER en Ukraine : « une toile tissée de partenaires internationaux »

Article / Le 3 août 2017 / Numéro de projet : 17-0216

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Starychi, Ukraine — L’opération UNIFIER (Op UNIFIER) constitue la contribution du Canada à l’effort multinational qui renforce et améliore les capacités militaires en Ukraine. Le major Chris Hartwick de l’Armée canadienne (AC), un membre du 2e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, est arrivé en Ukraine en mars dernier pour prendre en charge la compagnie d’instruction et rehausser les compétences de ses homologues ukrainiens dans des domaines allant du tir de précision à la reconnaissance.

Dans l’entrevue qui suit, le Maj Hartwick parle de la transition par laquelle est passée son équipe, d’instructeurs à mentors, ainsi que de la « toile tissée de partenaires internationaux » qui est au cœur de leur travail.

Combien de temps serez-vous en déploiement? Décrivez votre rôle dans l’Op UNIFIER.

J’ai été affecté à l’Op UNIFIER avec le reste de la Force opérationnelle [FO] au début de mars 2017. Notre mission durera un peu moins que sept mois. La Force opérationnelle interarmées Ukraine [FOI-U] comprend sept lignes d’efforts [LE] séparées.

Je suis le commandant de la LE 1, l’élément qui porte sur l’instruction en petites équipes. Les militaires et les instructeurs de ma compagnie ont la responsabilité de former une compagnie d’infanterie ukrainienne dans une multitude d’aptitudes tactiques dans le but d’améliorer leur surviabilité et leur létalité dans le champ de bataille. Nous sommes également responsables de former des militaires de la reconnaissance rapprochée, des tireurs de précision, des membres du génie de combat et des membres de l’artillerie.

Quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face? Avez-vous vécu des expériences mémorables ou enrichissantes que vous aimeriez nous raconter?

Nous vivons présentement l’un de nos plus grands défis : la transition d’instructeurs à mentors. Les Forces armées ukrainiennes [FAU] ont leur propre cadre d’instructeurs que l’on appelle les instructeurs du Centre d’instruction au combat [CIC], et ce sont à eux que nous passerons éventuellement le flambeau. Ils possèdent tous une expérience antérieure et ils connaissent bien leurs fonctions.

Or, contrairement à nous, les FAU n’ont pas de structure d’instruction normalisée. Ainsi, bon nombre des instructeurs n’ont jamais suivi d’instruction sur la façon d’enseigner un cours ou de gérer un champ de tir. Seuls les officiers des FAU sont autorisés à gérer des champs de tir réels, ce qui présente certaines limites lorsqu’il faut exécuter de nombreuses activités d’instruction en même temps. Au Canada, nous mettons en pratique un ensemble strict de lignes directrices lors de la planification et de l’exécution de l’instruction et les FAU fonctionnent différemment.

Nous devons d’abord les former et les encadrer sur les façons d’offrir l’instruction préalable sur le maniement des armes, puis leur enseigner les façons de planifier un champ de tir sécuritaire, puis enfin leur donner du mentorat sur le processus relatif à la gestion de l’activité au champ de tir. Certaines personnes pourraient se demander pourquoi nous leur imposons nos normes de sécurité, mais c’est en fait les FAU qui nous l’ont demandé. Elles souhaitent adopter des normes de sécurité qui se rapprochent davantage à celles de l’OTAN et leurs leaders cherchent à apprendre le plus possible du Canada et des É.-U.

Le cycle d’instruction, qui s’est terminé au début de juillet 2017, était approximativement à 80 % dirigé par le CIC, le reste a été géré par les nations partenaires. On observe une certaine progression, mais comme cela est le cas pour tous les changements majeurs, il faut du temps et de la patience. Nous observons une différence tangible chez les instructeurs du CIC ainsi qu’au niveau des compétences des militaires des FAU que nous formons, ce qui représente pour nous une expérience très enrichissante.

Travaillez-vous étroitement avec le personnel américain et britannique? Si oui, comment se déroule l’expérience?

La LE 1, c’est comme une toile tissée de partenaires internationaux. Ma compagnie fait partie de la FOI-U du Canada, mais il s’agit en fait de la troisième compagnie d’instruction dans le bataillon d’instruction dirigé par les É.-U. Dans ce bataillon d’instruction, on trouve des instructeurs américains, lithuaniens, polonais et ukrainiens.

Nos relations de travail avec ces autres nations partenaires sont solides et efficaces. Nous participons à un échange avec d’autres compagnies d’instruction des É.-U. et nous jumèlerons des instructeurs à ma compagnie pour toute la durée du cycle d’instruction de 10 semaines.

La LE 1 a également un caractère unique, car nous incluons des instructeurs lituaniens et polonais pour nous aider à offrir l’instruction des tireurs de précision et l’instruction sur la reconnaissance. Nos instructeurs canadiens sont également souvent sollicités par la FO britannique, qui offre des cours de courte durée dans divers emplacements en Ukraine. Ils demanderont l’aide de nos instructeurs lors de la prestation de cours sur la reconnaissance, les opérations urbaines et le leadership.

Les communications constituent un autre obstacle que nous devons franchir chaque jour durant l’entraînement et, pour faciliter les choses, la LE 1 a recours à des interprètes ukrainiens, canadiens et danois. L’expérience de travail avec ces autres nations partenaires est mémorable et représente pour moi et tous mes instructeurs une excellente occasion d’apprentissage.

En tant que militaires canadiens, nous continuons d’afficher un bon rendement et de faire preuve d’une grande polyvalence et de grandes connaissances, ce qui a fait de nous un partenaire très précieux dans cette contribution à l’OTAN.

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