Retour sur Beaumont-Hamel, 100 ans plus tard

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Article / Le 30 juin 2016 / Numéro de projet : 16-0102

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St. John, Terre-Neuve – Pour les Terre-Neuviens, le 1er juillet 2016 marque non seulement la Fête du Canada, mais aussi le 100e anniversaire de la funeste bataille de Beaumont-Hamel, qui fait partie de la première journée de la bataille de la Somme en France durant la Première Guerre mondiale.

Le 1st Newfoundland Regiment a été formé en 1914, après que Terre-Neuve se soit jointe à la guerre aux côtés de la Grande-Bretagne. Après avoir assemblé et formé en petit bataillon, le Régiment a combattu dans la péninsule de Gallipoli, dans le cadre de la campagne contre la Turquie. Lorsque cette campagne a pris fin au début de 1916, il a ensuite été transféré à la 88e Brigade sur le front de l’Ouest.

Après deux mois, le régiment a été avisé qu’il devait participer à l’offensive de la Somme en France.

La bataille de la Somme a commencé le 1er juillet 1916; l’artillerie britannique a pilonné les tranchées allemandes pendant une semaine dans le but d’affaiblir ses défenses. Les barrages d’artillerie se sont terminés par une explosion massive sous la crête Hawthorne, 10 minutes avant l’assaut.

Malheureusement, cela a permis aux forces allemandes de savoir à l’avance que la vraie attaque était sur le point de commencer et lui a laissé assez de temps pour préparer ses défenses. De plus, les défenses allemandes n’étaient pas handicapées par le tir d’artillerie, comme l’avaient prévu les stratèges britanniques; leurs barbelés étaient presque tous intacts.

C’est dans ces conditions que les 86e et 87e Brigades ont été envoyées au combat, à 7 h 30 du matin.

La plupart des soldats des premières vagues ont péri dans le no man’s land qui se trouvait devant les tranchées allemandes. Toutefois, en raison d’informations contradictoires et confuses, on a cru que certains des soldats avaient réussi à percer une brèche dans les défenses allemandes. Voilà pourquoi le Major‑général Beauvoir De Lisle a ordonné à la 88e Brigade de se joindre à l’attaque près de Beaumont-Hamel, à 9 h 15 du matin.

Comme les brigades qui ont avancé avant elle, une absence de couverture a fait d’elle une cible facile pour l’artillerie allemande. À 9 h 45 du matin, soit 30 minutes après que les Terre-Neuviens ont commencé leur charge, les responsables britanniques ont annulé l’offensive. Le reste de la journée a été consacré au retrait lent des survivants qui restaient.

Parmi les 800 membres du 1st Newfoundland Regiment, seuls 68 étaient disponibles lors de l’appel nominal. Le nombre exact des victimes du Régiment varie d’un compte rendu à l’autre; toutefois, l’on admet généralement que près de 700 hommes ont été tués ou blessés.

Malgré la destruction du régiment, les soldats de sont regroupés et ont continué de servir.

Durant la Première Guerre mondiale, 6 200 Terre-Neuviens ont servi dans les rangs du régiment. De ce nombre, 1 300 sont morts et 2 500 ont été blessés ou faits prisonniers. Le 1st Newfoundland Regiment a combattu dans les Flandres, de nouveau à la Somme et à Passchendaele.

Le régiment a commencé à être reconnu comme une force compétente et létale parmi les forces du Commonwealth, au point où le régiment a été rebaptisé pour porter le nom de Royal Newfoundland Regiment. Ce fut le seul régiment de la Première Guerre mondiale à recevoir cet honneur.

Si la bataille de Beaumont-Hamel a été perçue comme un échec, la réception initiale n’était pas aussi sinistre. Les responsables de l’époque n’ont pas lésiné à interpréter et à présenter le bain de sang aussi positivement que possible.

Walter Edward Davidson, le gouverneur de Terre-Neuve, a écrit : « Ces braves hommes qui sont morts comptaient parmi les meilleurs de notre pays. C’est une perte nationale. Personne ne pourra prendre leur place, mais leur souvenir ne s’effacera jamais. Puisse Dieu accueillir leurs âmes héroïques! »

Les Terre-Neuviens ont vu dans cet événement un exemple marquant de bravoure et d’abnégation romantique, un moment de triomphe dans l’histoire du pays qui a montré au monde ce que la nation pouvait faire.

Les choses ont changé après la Première Guerre mondiale, lorsque Terre-Neuve a connu d’immenses bouleversements économiques et politiques. Après que la province a rejoint le Canada en 1949, la bataille de Beaumont-Hamel a commencé à être vue davantage comme un événement à la fois tragique et vain. Beaucoup ont cru qu’on avait perdu sans raison véritable une génération de jeunes hommes talentueux, lesquels auraient pu améliorer la position de Terre-Neuve après la guerre et préserver son indépendance.

Après la guerre, la Great War Veterans Association de Terre-Neuve a insisté pour avoir du financement et pour la création de monuments commémoratifs. Le Monument commémoratif de guerre de St. John’s a été officiellement dévoilé le 1er juillet 1924, et il a été suivi par le Monument commémoratif de Terre-Neuve à Beaumont-Hamel, qui se trouve sur le site même où la bataille a eu lieu en 1925. Tous deux ont été officiellement dévoilés par Sir Douglas Haig, commandant de la force expéditionnaire britannique de 1915 jusqu’à la fin de la guerre en 1918. Aujourd’hui, ils servent de monument à la mémoire de tous les Terre-Neuviens qui se sont battus et qui sont tombés au combat.

Plusieurs événements spéciaux sont prévus, tout particulièrement pour le 100e anniversaire. Outre les cérémonies habituelles qui ont lieu aux monuments commémoratifs, de la terre de Beaumont-Hamel sera canadianisée et rapportée à Terre-Neuve-et-Labrador pour la cérémonie.

Quels que soient les changements d’interprétation de la bataille de Beaumont-Hamel depuis ce jour funeste, le 1er juillet demeurera une journée pour se souvenir de ceux qui ont péri et pour les honorer.

Par Bryan Mackay, Affaires publiques de l’Armée

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