S’assurer que les militaires soient aptes au service : faites la rencontre d’une physiothérapeute militaire de l’Armée

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Article / Le 7 octobre 2016 / Numéro de projet : 16-0110

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa, Ontario — La carrière de la physiothérapeute militaire de l’Armée canadienne (AC), le capitaine Carole-Anne Dufour, a débuté au Centre de services de santé des Forces armées canadiennes à Ottawa, un endroit où bon nombre de ses patients s’apprêtaient à terminer la leur.

« À Ottawa, c’est un peu différent parce que les militaires y sont moins actifs physiquement et la plupart se rapprochent de leur fin de carrière », a-t-elle expliqué. « Ainsi, les militaires à Ottawa développent davantage des conditions que l’on qualifierait de problèmes dégénératifs ou de microtraumatismes répétés, comme l’épicondylite due à une mauvaise utilisation de la souris ou des tensions au cou dues au fait que le cou est toujours tourné pour tenir le téléphone. Des carrières militaires à long terme peuvent également mener à des maladies comme des douleurs dans le bas du dos ou à des problèmes de genoux ».

Elle avoue que ces cas sont plus complexes et difficiles que ceux qu’elles traitent dans le cadre de son affectation actuelle à l’Unité de soutien de secteur Saint-Jean à Québec.

« À Saint-Jean, il y a beaucoup de soldats et d’élèves-officiers », a-t-elle déclaré. « Ce ne sont pas des gens parfaitement entraînés. De plus, la cadence de leur entraînement est beaucoup plus rapide que ce à quoi ils sont habitués, ce qui donne lieu à un grand nombre de blessures aiguës. Ils n’ont pas l’habitude de faire autant d’activité physique, ils se font donc des entorses et des foulures. »

Le GPM de physiothérapeute militaire s’accompagne de nombreux défis variés, a expliqué le Capt Dufour, et c’est l’un des aspects qu’elle apprécie le plus.

« Nous ne restons pas assis à un bureau pendant des heures. Nous devons aller voir nos patients et leur enseigner des exercices. Nous nous retrouvons parfois accroupis au sol, parfois debout. Nous sommes constamment en mouvement, et c’est ce que j’adore de mon travail. »

La demande pour des physiothérapeutes militaires est élevée dans les Forces armées et le Capt Dufour l’explique par le fait qu’ils ne font pas que traiter les blessures, ils s’efforcent de les prévenir.

« À Ottawa, les gens développent des blessures parce qu’ils travaillent dans une mauvaise position pendant des heures, jour après jour », a-t-elle expliqué. « Cela est principalement dû aux microtraumatismes répétés. Pour prévenir ce genre de blessures, il s’agit parfois d’adapter son poste de travail le mieux possible. Ces gens peuvent venir nous voir pour qu’on les aide. »

La prévention des blessures qui ont tendance à surgir dans le cadre de fonctions opérationnelles, comme celles à Saint-Jean, est une tout autre histoire.

« Ils doivent développer et maintenir un très haut niveau de conditionnement physique, et s’ils doivent prendre une pause en raison d’une blessure, ils doivent reprendre leurs activités graduellement », a-t-elle expliqué. « J’ai l’impression que dans l’esprit des militaires, il faut souffrir pour être en forme. Un militaire qui revient va avoir tendance à endurer la douleur, mais on ne peut pas toujours s’en tirer comme ça. On demande à des gens qui ne sont pas des coureurs de courir 10 km du jour au lendemain, puis ils se blessent. S’ils savent qu’ils devront courir un 10 km et qu’ils ne sont pas des coureurs, ils devraient commencer à s’exercer des mois à l’avance. Les physios peuvent suggérer des techniques d’entraînement adéquates. »

Originaire d’une communauté du centre du Québec, Victoriaville, le Capt Dufour a su très jeune qu’elle voulait travailler dans le domaine de la santé. C’est grâce à sa famille qu’elle a décidé que le milieu militaire pourrait représenter le bon environnement pour le faire.

« Ma tante et mon oncle n’avaient que de très bons mots pour les Forces armées. Ils adoraient l’esprit de corps et la cohésion entre les troupes. Ils m’ont dit que je correspondais au profil recherché et que j’avais la bonne personnalité. Ils ont adoré leur carrière et ils ne l’ont jamais regretté. Ils avaient raison. J’adore ma carrière moi aussi. »

En tant que membres de l’équipe des Services de santé des Forces canadiennes, les physiothérapeutes militaires sont hautement formés pour évaluer et traiter les blessures qui touchent les muscles, les articulations, les ligaments et les autres tissus mous du corps, ce qui comprend les blessures au cou et au dos. Leurs objectifs principaux sont de faire en sorte que les militaires blessés puissent reprendre toutes leurs fonctions et qu’ils soient prêts sur le plan opérationnel. Ils fournissent également des conseils et des avis dans les secteurs suivants :

  • Évaluations du lieu de travail et ergonomie industrielle;
  • Prévention des blessures;
  • Promotion de la santé;
  • Sensibilisation à l’égard des blessures sportives;
  • Formation préalable au déploiement;
  • Programmes de reconditionnement.

Après avoir terminé son baccalauréat en physiothérapie à l’Université McGill à Montréal, le Capt Dufour s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes et elle a obtenu le financement complet de ses études de maîtrise dans le cadre du Programme de formation des officiers – Force régulière (PFOR). Saint-Jean sera sa deuxième affectation depuis qu’elle a obtenu son diplôme en octobre 2013.

Maintenir un ensemble de compétences et demeurer au fait des progrès technologiques et des nouvelles méthodologies sont des éléments clés pour les physiothérapeutes et le Capt Dufour affirme que l’apprentissage est une nécessité constante.

« Nous renforçons notre expertise clinique grâce à des cours avancés qui sont offerts par l’Association canadienne de physiothérapie ou d’autres associations comme l’association américaine. De nombreux cours sont offerts dans une vaste gamme de secteurs de spécialité. Dans le milieu militaire, nous recevons également de la formation sur les traumatismes cérébraux. De plus en plus de militaires subissent des commotions, et le physio peut grandement aider ces personnes, ce que la majorité des gens ne savent pas encore. »

La faculté d’adaptation au changement est une caractéristique clé des bons physios militaires a ajouté le Capt Dufour, tout comme la tolérance du travail administratif.

Parmi les nombreuses gratifications de cette carrière, elle mentionne un grand sentiment de rapprochement avec les patients.

« J’adore le contact avec les patients », a-t-elle déclaré. « Nous apprenons à bien les connaître. Nous voulons maximiser ce que nous avons à leur offrir, c’est pourquoi nous devons toujours réévaluer les plans de traitements qui ne fonctionnent pas et que nous prenons toujours des décisions cruciales. C’est également un travail très exigeant pour le cerveau et j’adore ça. Nous avons souvent de la pression exercée par les contraintes de temps et nous devons pouvoir évaluer efficacement chaque patient et déterminer la façon dont nous pouvons le mieux l’aider à réintégrer toutes ses fonctions. C’est exactement la raison pour laquelle nous existons dans le milieu militaire et pourquoi je me suis enrôlée. »

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