Terrains difficiles : des essais donnent une longueur d’avance à l’Armée dans l’Arctique

Article / Le 3 mars 2016 / Numéro de projet : 15-0225

Ottawa, Ontario — L’Armée canadienne (AC) exploite deux nouveaux véhicules dans une démarche à long terme visant à garantir que les soldats sont capables de se déplacer efficacement sur le terrain difficile de l’Arctique.

L’AC a fait l’achat de huit Argo XT, un petit véhicule chenillé de soutien d’unité, ainsi que de vingt D900, une motoneige à moteur diesel, dans ce qui est qualifié d’entente « d’achat et de mise à l’essai ».

Comme l’explique le major Peter Chan, directeur du Projet sur la mobilité dans l’Arctique en cours, l’Armée ne prévoit pas faire de ces véhicules un élément permanent de son arsenal. Ils serviront plutôt à aider à déterminer les caractéristiques et les capacités précises qui répondront le mieux à ses besoins dans le Grand Nord.

L’isolement et le climat de l’Arctique ont toujours présenté des difficultés pour les Forces armées canadiennes (FAC), souligne le Maj Chan. La région présente un grand nombre de ce qu’il appelle des « terrains à faible traficabilité », ce qui signifie des nappes glaciaires, divers types de neige et de muskeg, un terme algonquin pour désigner les fondrières de mousse formées au cours des 10 000 dernières années dans des zones qui ont été couvertes par des glaciers au cours de la dernière ère glaciaire.

« Essentiellement, on y trouve une grande variété de terrains », précise le Maj Chan. « Trop pour un seul véhicule. »

Selon l’échéancier actuel du projet, les nouveaux véhicules seront en service d’ici 2025. Ils remplaceront le BV206, un véhicule de transport tout-terrain à chenilles qui est entré en service en 1983. Le parc de BV206 a été modernisé entre 1998 et 2001. On a récemment approuvé le financement permettant de prolonger sa vie utile au moins jusqu’en 2022 en remplaçant les moteurs et les transmissions.

Comme l’explique le Maj Chan, malgré ces mises à niveau, l’âge du parc signifie que les pièces de rechange deviennent difficiles à trouver, alors l’Armée agit maintenant pour faire en sorte que des remplacements efficaces soient choisis à temps. L’Argo XT et le D900 combleront aussi des besoins provisoires qui se manifesteront avant l’arrivée des nouveaux véhicules en 2025.

La moitié des Argo XT sont utilisés à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) par des membres de la Force opérationnelle interarmées (Nord) et le reste se trouve à la Base des Forces canadiennes Wainwright, en Alberta. Le constructeur, Argo, qui construit aussi des véhicules pour usage commercial ainsi que personnel et qui est installé à New Hamburg (Ontario), a adapté le XT pour les activités de l’AC en ajoutant une cabine fermée, un dispositif permettant de transporter civières, ainsi qu’un porte-bidon de carburant militaire.

« Nous allons les mettre à l’essai à ces endroits et évaluer quelles sont leurs capacités en terrain à faible traficabilité pour nous aider à définir nos exigences réelles et obligatoires de haut niveau pour nos achats futurs », précise le Maj Chan.

Le D900, construit par DEW Engineering and Development d’Ottawa, est une motoneige unique dans la mesure où c’est la seule qui soit construite à des fins militaires. Selon le major Chan, son moteur diesel offre un rendement accru du carburant, ce qui est un facteur à ne pas négliger lors d’opérations dans l’Arctique.

« Peu de constructeurs font des motoneiges à moteur diesel, et le carburant est une ressource précieuse dans le Nord, alors nous évaluons le fonctionnement d’un engin au diesel dans le milieu arctique. Nous devons apporter tout ce que nous utilisons dans les régions nordiques. Il n’est pas question de se rendre au poste d’essence pour faire le plein. »

Durant l’hiver 2015-2016, le D900 servira aux patrouilles des Rangers canadiens et dans le cadre du cours d’observateur et de conseiller de l’Arctique de l’Armée, durant lequel les soldats reçoivent une formation en survie propre à l’Arctique.

Le D900 et l’ARGO XT seront aussi mis à l’essai par Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), une agence du ministère de la Défense nationale. Les véhicules feront partie de l’Expérience interarmées dans l’Arctique (EIA) 2016. L’EIA, qui a lieu aux deux ans, est une occasion d’évaluer scientifiquement l’équipement des trois branches des Forces armées canadiennes.

Le major Chan a expliqué que pendant que l’Armée évalue à quel point les véhicules conviennent à l’environnement, RDDC procéderait à des évaluations plus techniques de caractéristiques comme l’économie de carburant.

« En 2016, la contribution de l’Armée à l’EIA sera ces deux véhicules », indique-t-il. « RDDC les étudiera d’un point de vue purement scientifique, tandis que je m’y attarderai dans la perspective globale de l’Armée. »

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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