ARCHIVÉE - Un héros de Dieppe parle de son rôle lors de ce jour fatidique

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Article / Le 19 août 2013 / Numéro de projet : 13-0068

Ottawa (Ontario) — « On se faisait tirer dessus, les hommes se faisaient tuer où qu’ils soient. C’était une véritable catastrophe et je pouvais voir et entendre ce désastre se dérouler tout autour de moi. Nous étions immobilisés près de la plage et j’ai cru que j’allais être fait prisonnier. » 

C’est ainsi que le colonel honoraire David Lloyd Hart, maintenant âgé de 96 ans, décrit cette attaque fatidique, chaotique et désastreuse des alliés en 1942 contre la ville de Dieppe, située dans le nord de la France, et alors occupée par les Allemands. Cette attaque portait le nom « d’opération Jubilee ».

Le raid sur Dieppe est l’un des chapitres les plus désastreux et sanglants de l’histoire militaire canadienne. De l’effectif de 6 100 militaires alliés, environ 5 000 d’entre eux étaient Canadiens. Appuyés par huit destroyers et 74 escadrilles aériennes, ils ont affronté 6 000 militaires allemands bien installés et retranchés derrière des fortifications.  Le nombre de victimes canadiennes d’élève à 3367, dont 913 morts et 1874 prisonniers de guerre. 

« Nous savions qu’un raid était en préparation. L’entraînement était très rigoureux, naturellement. Toutefois, nous ne disposions pas de bons renseignements. Nous pensions affronter seulement mille militaires allemands alors qu’il y en avait six milles. Dieppe avait reçu cinq milles militaires allemands expérimentés en renfort. Le rapport de force était d’un pour un. On ne procède pas à un assaut frontal de ce genre à moins de disposer d’une supériorité numérique d’au moins trois pour un. » 

Le col honoraire Hart, sergent de l’Armée canadienne à l’époque, était le seul lien de communication entre la première ligne et le quartier général. Dans la confusion du raid, les communications étaient essentielles à la survie des troupes alliées.

Le col honoraire Hart a passé la plus grande partie de la bataille à communiquer avec la première ligne, faisant aussitôt rapport de la situation au quartier général et transmettant ensuite les ordres de déplacement, de renforcement et de retraite aux troupes.

Dans le feu des combats, il a informé par radio les unités avancées que des embarcations de sauvetage allaient arriver à 10 h plutôt qu’à 11 h, un changement crucial dans les plans opérationnels. À un certain moment de la bataille, il a interrompu les communications avec le quartier général afin de transmettre des ordres de retraite aux membres du Cameron et à ceux du South Saskatchewan Regiment, car ceux-ci essuyaient le feu nourri de l’ennemi et ne pouvaient être rejoints par le quartier général.

« Je savais qu’il y avait une fréquence que je pouvais utiliser pour les contacter, à condition de cesser d’émettre vers le quartier général. En matière de communications radio, la discipline était très rigide à cette époque. Je devais demander la permission avant d’interrompe la transmission et cela m’a été refusé, car j’étais la seule voie de communication entre eux et nous. J’ai promis que j’allais rétablir les transmissions deux minutes plus tard et la permission m’a été accordée. J’ai coupé le contact, réussi à rejoindre les deux unités, je leur ai transmis l’ordre de retraiter vers les navires et je suis revenu en ondes en trente secondes. » 

Cette scène est illustrée dans un tableau de l’artiste montréalais Adam Sherriff Scott, qui est décédé en 1980. Le col honoraire Hart a discuté avec M. Scott durant six jours, lui décrivant les événements.

Sur le tableau, on voit des aéronefs dans le ciel ainsi que les positions où les hommes et les blindés étaient immobilisés sur le littoral, sous le feu ennemi. On voit aussi les sapeurs des péniches de débarquement tirant sur les aéronefs ennemis. Le col honoraire Hart est représenté dans le coin inférieur droit de l’œuvre, tenant un appareil de communication.

Le tableau se trouve actuellement dans l’édifice du 34e Régiment des transmissions du Royal Montreal Regiment, situé au 4625, rue Sainte-Catherine Ouest.

Le col honoraire Hart a sauvé d’innombrables vies, a reçu une commission ainsi que la Médaille militaire pour son courage et « son sang-froid sous le feu ennemi, dans l’accomplissement continu de ses fonctions ». La citation a été publiée trois mois après le raid sur Dieppe et le col honoraire Hart a reçu sa médaille des mains du roi George VI lui-même, au palais de Buckingham.

Il a ensuite entrepris des études en comptabilité et poursuivi sa carrière militaire, obtenant éventuellement le grade de lieutenant-colonel en 1965, avant d’être libéré honorablement. Il a été lieutenant-colonel honoraire de 1976 jusqu’au 23 avril 2013, date à laquelle il a été promu colonel honoraire du 34e Régiment des transmissions. Âgé de 96 ans, il est semi-retraité et exerce encore le métier de comptable à l’occasion.

Au sujet de sa participation à la guerre, il la résume à ceci : « J’ai été cadet de l’école secondaire de 1931 à 1934; j’ai aimé l’Armée et, en 1937, j’ai senti que le vent de la guerre se levait. Je me suis donc enrôlé, pensant que je pourrais apporter ma contribution. Je crois que j’y suis arrivé. »

Article par Ryan Ferrara, Affaires publiques de l'Armée

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