Un instructeur de l’Armée s’assure que les journées les plus difficiles des soldats aient lieu à l’entraînement et non en mission

Article / Le 7 août 2018 / Numéro de projet : 18-0190

Remarque : pour visionner les photos additionnelles, veuillez cliquer sur la photo dans la galerie d'images.

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Oromocto (Nouveau-Brunswick) – Un militaire de l’Armée canadienne (AC) qui a participé à un programme d’entraînement intense axé sur la résilience avec la Force de défense de la Nouvelle-Zélande (New Zealand Defence Force, NZDF) compare cette expérience à « essayer de garder une chandelle allumée durant un blizzard ». Il affirme que cet entraînement a fait de lui un meilleur militaire et une meilleure personne.

Le sergent Louis-Felix Cote, un instructeur principal de l’École du Corps blindé royal canadien (ECBRC), a participé au Programme Aumangea de la NZDF en 2016 et il s’est si bien débrouillé qu’il a été invité à y retourner l’année suivante pour observer l’instruction et agir à titre de formateur.

« Je n’avais aucune idée de ce dans quoi je m’embarquais, souligne-t-il. Cette expérience a changé beaucoup de choses dans ma vie. »

« Aumangea » est un mot maori qui signifie être fort, brave, persistant, déterminé, énergique, courageux, résilient, résolu, constant et tenace.

Les participants au Programme Aumangea passent une trentaine de jours sur le terrain avec une série d’objectifs à atteindre. Une combinaison d’épreuves physiques et mentales les amène au seuil de leurs limites; ils sont notamment privés de sommeil et de nourriture.

« C’était vraiment difficile, se souvient le Sgt Cote. On nous faisait délibérément vivre l’échec très souvent. L’idée était de nous apprendre à voir le positif dans le négatif, de nous relever rapidement, de garder notre esprit concentré sur la mission, les objectifs et les résultats. »

« Vous découvrez des aspects de vous-mêmes que vous ne connaissiez pas, ajoute-t-il. Ce qui se produit, c’est qu’une fois que vous avez amélioré la personne que vous êtes, vous avez automatiquement amélioré le militaire en vous. C’est donc une approche très intéressante. »

Le Sgt Cote raconte qu’au cours de sa propre expérience du Programme Aumangea, il a heurté un mur à deux occasions distinctes.

« Mon premier point de rupture, je l’ai atteint alors que nous grimpions une colline. Les pentes des collines en Nouvelle-Zélande sont très inclinées. Nous montions cette colline en portant des sacs à dos contenant autour de 70 livres. À un certain moment, mes hanches ont commencé à me lâcher; j’ai fait cinq ou six pas et elles se sont mises à me faire mal. J’avais l’impression que je ne pouvais plus bouger. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour continuer à avancer. C’est l’approche à laquelle j’ai été exposé : il faut continuer à travailler. »

Le second point de rupture a été atteint lors d’une activité appelée « La ligne verte ».

« Il s’agit d’une marche de 60 kilomètres avec sac à dos. Habituellement, on nous impose cette marche à la fin, pour voir ce qu’il vous reste dans le réservoir », explique le Sgt Cote.

Après plusieurs heures de marche et après une brève pause, le Sgt Cote a commencé à éprouver des difficultés.

« J’étais à peine capable de me relever. Si je peux me permettre une analogie, c’était comme essayer de garder une chandelle allumée durant un blizzard. C’est pas mal comme cela que je me sentais, résume-t-il. Je n’ai pas terminé les 60 kilomètres; je me suis rendu jusqu’à 54 kilomètres et j’étais complètement brisé après. C’était un affrontement entre le corps et l’esprit; je me suis poussé jusqu’à la limite de mes capacités et cela m’a permis d’apprendre ce que j’étais capable de faire. Je sais que la prochaine fois je pourrai faire mieux encore. »

Son expérience du Programme Aumangea a amené le Sgt Cote à changer sa façon de mener son cours de la Période de perfectionnement 1, qui suit immédiatement la Qualification militaire de base pour les membres de l’Arme blindée.

« Vous pouvez choisir de faire simplement votre travail ou de toujours en faire un peu plus. J’aime en faire plus et j’essaie d’intégrer cela dans l’entraînement, explique-t-il. Lors du dernier cours, j’ai ajouté un élément de résilience. L’activité durait cinq heures et était plutôt exigeante. Une fois l’épreuve terminée, tout le monde l’avait réussie et chacun avait mal quelque part; et c’est très bien comme ça. Ils sont ainsi exposés à la réalité de notre métier et nous leur faisons comprendre que les choses peuvent facilement tourner et devenir bien pires. »

« Pendant des années, l’Armée a utilisé la phrase “Le jour le plus difficile de votre vie dans l’Armée ne devrait pas avoir lieu lors d’une opération, mais durant l’entraînement”, souligne le lieutenant-colonel Vince Kirstein, commandant de l’ECBRC. Nous essayons d’intégrer le stress personnel dans l’entraînement. Il existe des manières très précises de le faire et tout est extrêmement bien planifié; le Sgt Cote nous apporte cette expertise. »

Pour commenter cet article, rendez-vous dans la section Articles de la page Facebook de l’Armée canadienne

Date de modification :