Un militaire tire une leçon du récit édifiant de l’oiseau dodo : s’adapter, travailler dur et réussir

Article / Le 10 février 2017 / Numéro de projet : 17-1024

Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

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North Bay, Ontario — Bien que les qualificatifs intelligent et rusé aient rarement été utilisés pour décrire l’oiseau dodo, il a pourtant transmis une importante leçon à un jeune militaire à en devenir, qui a immigré à l’âge de 15 ans avec sa famille de Maurice au Canada, en 2003.

Le caporal Jean-Marc Hannelas, un administrateur des Services financiers à la 22e Escadre/Base des Forces canadiennes (BFC) North Bay, se plaît à transmettre de l’information sur Maurice, une île située sur la côte est de l’Afrique, dans l’océan Indien. Le Cpl Hannelas affirme que peu de gens savent que Maurice fut le domicile de l’oiseau dodo, cette « icône de l’extinction » bien connue ».

« L’oiseau dodo est l’un des plus grands symboles de Maurice; il apparaît sur les pièces de monnaie et sur les armoiries. Encore à ce jour, les Mauriciens sont très fiers du dodo parce qu’il est unique à nous », explique-t-il.

Le Cpl Hannelas explique qu’à l’école, on racontait un récit édifiant sur le dodo. « On nous disait de ne pas ressembler à l’oiseau dodo, un oiseau paresseux incapable de faire face au changement. On nous disait de développer des ailes solides et d’apprendre à s’adapter. »

Le Cpl Hannelas s’est adapté, c’est le cas de le dire, tout comme ses deux frères, qui habitent et travaillent maintenant à Toronto. Comme le Canada, Maurice est un pays multilingue, les gens parlent l’anglais et le français, mais il y avait toujours une courbe d’apprentissage pour s’habituer aux dialectes du Canada. Le créole et le français sont les langues principales parlées sur ces terres indigènes, et plusieurs langues orientales y sont également parlées.

Après l’obtention de son baccalauréat en commerce avec spécialisation en comptabilité, le Cpl Hannelas s’est enrôlé dans l’Armée canadienne en 2013. « J’ai intégré l’Armée parce que je souhaitais me surpasser. Il n’y a pas meilleur défi que l’Armée. Je suis très fier de porter l’uniforme vert », a déclaré le Cpl Hannelas.

Lorsqu’on lui demande ce qui l’a motivé à s’enrôler dans l’Armée, il répond : « J’aimais beaucoup les bulletins de nouvelles et j’adorais lire à propos de ce que les militaires faisaient. Cela m’a frappé. Je suis allé sur le site Web et je me suis enrôlé. Les médias ont été ma plus grande influence », a-t-il déclaré. De plus, « Mon grand-père a combattu durant la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, Maurice était sous commandement britannique, et on a fait appel aux Mauriciens pour la guerre. »

Le Cpl Hannelas affirme que sa meilleure journée dans l’Armée jusqu’à maintenant a été lorsqu’il a obtenu sa promotion anticipée au grade de caporal en trois ans plutôt qu’en quatre. « Peu de soldats réussissent cet accomplissement », dit-il fièrement. Il a mis en œuvre un plan pour devenir un officier de la logistique, et il est impatient de bénéficier d’occasions de déploiement.

Sa pire journée? « Creuser une tranchée rocailleuse toute la nuit durant ma qualification de soldat de l’Armée. C’était toute une expérience », se souvient-il.

Bien qu’il travaille actuellement au sein de l’Aviation royale canadienne, le Cpl Hannelas pourrait être affecté dans l’un ou l’autre des deux autres éléments, l’Armée canadienne ou la Marine royale canadienne. « Je fais partie de l’élément Armée, mais la différence réside dans le fait que je fais partie du groupe professionnel militaire interarmées, ce qui signifie que je peux être affecté dans n’importe quel élément. Mais même si je suis un membre de l’Armée dans une base aérienne, je dois quand même suivre toute l’instruction de l’Armée », explique-t-il.

Le Cpl Hannelas s’ennuie parfois de la brise de l’océan de son île, surtout maintenant qu’il est affecté à North Bay, sans accès à la mer. « L’air frais de l’océan me manque », mentionne-t-il.

Au fil du temps, il a dû surmonter sa timidité naturelle. La vie militaire s’en est rapidement occupée fait-il remarquer.

« Comme militaire, nous faisons face à des situations où nous devons prendre des décisions. Nous devons mettre notre timidité de côté et avancer », mentionne le Cpl Hannelas. Il croit que son instruction en leadership de l’Armée l’a aidé à développer un esprit fort et une attitude positive. « J’ai comme devise de toujours regarder en avant, jamais en arrière. »

Le Cpl Hannelas raconte que ses descendants d’esclaves africains sont arrivés sur les terres à partir de 1638. « Ma famille et moi avons été placés dans la catégorie créole mauricien. Nous avons des origines très mixtes, notamment africaine, indienne, asiatique et européenne », déclare-t-il.

Coprésident militaire du Groupe consultatif des minorités visibles de la Défense (CCMVD) depuis deux ans, le Cpl Hannelas contribue à renforcer la sensibilisation à propos de la diversité et est prêt à aider quiconque fait face à de la discrimination. « À North Bay, nous n’avons pas eu de situation du genre. »

« Je n’ai jamais fait face à de la discrimination au sein de l’Armée, mais on peut parfois se sentir en situation de minorité », explique-t-il, en ajoutant qu’entre 80 et 90 pour cent des membres des Forces armées canadiennes sont de race blanche. « Or, même en situation de minorité, si vous avez une forte personnalité, vous pouvez avancer en dépit de la discrimination. Je fais mes journées et je ne m’en préoccupe pas. Je parle de mon bagage avec les gens. Sur le plan mental, il faut être fait fort et ne rien prendre de personnel. », conclut-il. Il rajoute que l’instruction en leadership de l’Armée contribue à façonner un esprit fort.

Le Cpl Hannelas fait également du bénévolat comme entraîneur et/ou gérant de l’équipe masculine de soccer de la 22e Escadre/BFC North Bay. « Je joue au soccer depuis l’âge de 10 ans, alors c’est tout naturel pour moi d’entraîner une équipe de soccer. Le rôle de gérant fait davantage appel à mes aptitudes administratives », déclare-t-il.

« Enfant, j’ai joué au soccer à Maurice. Lorsque l’on pense au soccer, on pense à un ballon, à un ballon de soccer. Mais là-bas, on utilisait n’importe quel objet qu’il était possible de frapper, des chaussettes, une bouteille d’eau, n’importe quoi. »

La République de Maurice, qui compte environ 1,2 million d’habitants, est une île située dans l’océan Indien au large des côtes de l’Afrique orientale. Elle a été découverte en 1505 par les Portugais. Dans les années 1700, l’oiseau dodo est disparu en raison de la perte de son habitat et de l’introduction de prédateurs. L’île a été occupée par les Néerlandais (1598-1712), les Français (1715-1810), puis cédée à la Grande-Bretagne en 1814. L’esclavage a débuté en 1638 et a été aboli en 1835. Maurice est devenue une République en 1992 au sein du Commonwealth des Nations sous le règne de la Reine Elizabeth II. Ses principales industries comprennent la transformation des aliments, les textiles, les produits métalliques et le tourisme.

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