Un officier canado-coréen est fier de sa participation au match de hockey Imjin Classic

Article / Le 30 octobre 2019 / Numéro de projet : 19-0296

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa (Ontario) — Le capitaine Han Choi était un jeune garçon dans sa Corée du Sud natale lorsqu’il a entendu pour la première fois l’histoire de la bataille de Kapyong. Au cours des combats qui se sont déroulés sur deux jours en avril 1951, un bataillon de 700 militaires canadiens a réussi à organiser une défense contre une force composée de 5000 militaires chinois.

Ses parents ont rapidement été appelés à faire un choix déchirant et ont décidé de déraciner leur famille pour l’installer au Canada et commencer une nouvelle vie. Inspiré à la fois par le courage de ses parents et celui des Canadiens à Kapyong, le futur Capt Choi s’enrôlera plus tard dans l’Armée canadienne et réalisera un souhait ambitieux : devenir membre du régiment Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI), l’une des unités ayant participé à la victoire à Kapyong.

Ce lien est la raison pour laquelle le Capt Choi a été invité à jouer le rôle de maître de cérémonie lors du match de hockey Imjin Classic de cette année, tenu à Ottawa. Cette activité annuelle est un hommage au match de hockey amical joué entre le PPCLI et le Royal 22e Régiment sur la surface gelée de la rivière Imjin, en 1952.

Cette année, le match a eu lieu le 26 octobre et, comme il l’explique dans l’entrevue suivante, le Capt Choi préfère participer au match en tant que spectateur qu’à titre de joueur. Néanmoins, son histoire est aussi canadienne que celle de n’importe quel autre Canadien.

L’entrevue suivante a été modifiée à des fins de clarté et de concision.

Q1. Est-ce que votre famille connaissait l’histoire de la toute première partie jouée sur la rivière Imjin? Après votre arrivée au Canada, est-ce que le hockey a fait partie de vos vies?

Ma famille ne connaissait rien du hockey avant son arrivée au Canada. Je me souviens d’avoir regardé les Flames de Calgary durant la ronde finale de la coupe Stanley en 2004 en compagnie de ma famille et de mes amis. Après cela, regarder les matchs de hockey ensemble est devenu une tradition pour les membres de ma famille. J’ai joué au soccer durant ma jeunesse, mais à mon avis il n’y a pas de sport plus intéressant à regarder que le hockey. Parce que je suis membre d’un régiment Patricia et que je suis d’origine coréenne, les organisateurs ont cru que ce serait une bonne idée de me faire participer à l’activité de cette année.

Q2. Qu’est-ce qui vous a incité à vous enrôler dans l’Armée?

Cela remonte à mes origines. Mon grand-père maternel est originaire de la Corée du Nord et étudiait à l’université de Séoul lorsque la guerre a été déclarée. Cet événement a teinté le reste de sa vie, il ne pouvait plus retourner chez lui. Quand j’étais jeune, j’étais très proche de mon grand-père et, en l’écoutant raconter ses histoires, j’ai pris conscience du fait que personne ne devrait être privé de pouvoir retourner chez lui et de revoir ses proches. Je crois que cette valeur est bien ancrée en moi.

Je me souviens d’avoir visité Kapyong et d’avoir vu les collines où les Canadiens ont combattu les Chinois. Les membres de ma famille et moi sont sincèrement reconnaissants envers les Canadiens qui ont voué leurs vies à la protection de mes ancêtres. Inspiré par ce qu’ils ont fait, j’ai voulu devenir un membre du Patricia et servir le pays qui a permis aux membres de ma famille et à moi d’avoir la vie que nous avons aujourd’hui.

Q3. Est-ce que votre grand-père est lui aussi venu s’établir au Canada?

Non, il ne nous a pas accompagnés. Mon père, ma mère, mon frère cadet et moi avons immigré au Canada en 1999. Nous nous sommes installés à Calgary et c’est là que j’ai passé toute mon enfance, jusqu’à mon entrée à l’université. Mes parents ont été une source de motivation également, car ils ont dû travailler très fort. Ils ont accepté de courir le risque de tout abandonner dans leur patrie et de venir au Canada afin d’améliorer la vie de leurs enfants. J’ai beaucoup de respect pour ce qu’ils ont fait. Je suis maintenant âgé de 30 ans et je me demande parfois si j’aurais eu le même courage que mon père si je m’étais retrouvé dans sa situation à l’époque. Je respecte toutes les familles immigrantes du Canada qui ont eu le courage d’entreprendre une nouvelle vie et de contribuer à la société canadienne, chacune à sa manière.

Mes parents étaient propriétaires d’un dépanneur. Mon père travaillait fort. Ma mère l’aidait au dépanneur, en plus de jouer son rôle de femme au foyer. Elle préparait nos repas et s’assurait que nous faisions nos devoirs. Je détestais cela quand j’étais jeune, mais je leur suis réellement reconnaissant de cette occasion qu’ils nous ont offerte d’avoir une meilleure vie que celle qu’ils ont connue.

Q4. Jusqu’ici, quels sont les faits saillants de votre carrière?

L’autre jour, quelqu’un m’a demandé « pourquoi aimes-tu l’infanterie? ». J’ai dû réfléchir pendant une minute, parce que 95 % de ce que nous faisons n’est pas très amusant. C’est le 5 % qui reste qui anime ma passion pour mon travail. J’ai répondu que « lorsqu’on est assis dans une tranchée, qu’on manque de sommeil, qu’on est trempé par la pluie et que malgré tout vous et votre voisin riez à gorge déployée, ce sont des moments qui vous font adorer votre travail ».

Je suis allé au Royaume-Uni afin de participer à un programme d’échange d’officiers avec le 4 Rifles. Nous sommes allés au Kenya dans le cadre de l’instruction. J’ai forgé des liens formidables avec les militaires du R.‑U. Parmi les moments les plus mémorables de notre séjour au Kenya, je retiens surtout la fois où nous nous sommes portés volontaires pour peinturer l’orphelinat local plutôt que de profiter du congé post-exercice. Peinturer les édifices, jouer au soccer et enseigner les notions mathématiques de base aux enfants, tout cela a été une expérience merveilleuse.

Q5. Avez-vous d’autres objectifs ambitieux que vous souhaitez réaliser?

Mon but dans la vie est d’être bon à vivre ma vie.

Pour moi, cela signifie respecter les autres, aider ceux qui sont dans le besoin, faire naître un sourire sur le visage des gens en étant moi-même et en m’amusant. Je ne suis pas quelqu’un d’hors de l’ordinaire. J’ai connu plus d’échecs que de succès dans la vie. Je suis ici aujourd’hui parce qu’il y a eu des gens formidables sur mon chemin, des gens qui m’ont soutenu et m’ont servi de mentors tout au cours de ma vie. Je n’ai pas de grandes ambitions professionnelles; je veux simplement être un bon gars.

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