Un officier de l’armée blindé coréen-canadien est un fier « tankiste »

Article / Le 31 mai 2017 / Numéro de projet : 17-0114

par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

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Kingston, Ontario — Malgré toute sa fierté d’être membre du Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians) (LdSH(RC)), les chevaux ne sont pas le mode de transport préféré du capitaine Hyunjoon (Dave) Jung.

Le Capt Jung est fier d’être appelé un « tankiste ». « C’est un terme que l’on utilise dans l’Armée pour parler d’un officier de l’arme blindée/d’un MR [militaire du rang] qui possède les qualifications requises pour les chars. »

Bien qu’il préfère les chars et toute autre forme de véhicules blindés impressionnants, ce militaire polyvalent peut également monter en selle.  

« J’ai suivi mon cours en équitation, car selon la tradition, tous les officiers du Régiment apprennent à monter à cheval », a déclaré le Capt  Jung. Il porte d’ailleurs les éperons traditionnels sur ses bottes Wellington lorsqu’il revêt l’uniforme officiel de dîner militaire.

Le LdSH(RC) a été mis sur pied en 1900 en tant qu’unité de cavaliers. Ses premières recrues étaient des cavaliers qualifiés, qui étaient reconnus en tant que scouts durant la guerre Boers. Au fil du temps et avec la venue de la mécanisation, les chevaux ont cédé leur place aux motocyclettes, puis aux chars durant la Seconde Guerre mondiale. En Afghanistan, huit escadrons de chars du LdSH(RC) se sont succédé entre 2006 et 2010.

Fier héritage asiatique

Né à Séoul, en Corée du Sud en 1990, le Capt Jung est arrivé à Toronto à l’âge de 10 ans avec ses parents et sa sœur. « Je n’avais aucune connaissance en anglais lorsque je suis arrivé ici, j’ai donc utilisé le langage corporel pour communiquer jusqu’à que je me fasse des amis en faisant du sport. »

Selon lui, cela lui a pris trois ou quatre ans pour maîtriser l’anglais, et il a perfectionné son français durant le Programme de formation des officiers de la Force régulière au Collège militaire royal du Canada (CMRC). Il a conservé sa culture coréenne et la langue toute sa vie, il l’utilise avec sa famille, ses amis et les nouveaux arrivants.

« J’étais suffisamment vieux pour prendre conscience de la valeur de mon héritage lorsque j’ai immigré au Canada. Il aurait été très facile de perdre mes connaissances de la langue coréenne étant donné mon jeune âge. Mon objectif personnel a été de continuer à m’exercer dans cette langue. Je crois que la langue est la partie la plus importante qui façonne votre héritage. Encore à ce jour, j’aime prendre part à des activités où ma culture est mise à l’honneur », a déclaré le Capt Jung.

« Je fais du bénévolat auprès de l’église communautaire coréenne et je suis toujours très heureux de mettre ma culture en valeur », a-t-il déclaré. Le fait qu’il était jeune à son arrivée au pays l’a aidé à s’adapter rapidement, mais « Certains de mes amis qui sont arrivés dans leur vingtaine ont plus de difficulté. J’aime les orienter et leur faire part de mon point de vue par rapport à la vie au Canada. »

Lorsqu’il rencontre des militaires de l’Armée ou des membres des Forces armées canadiennes qui ont les mêmes racines, il a l’habitude de garder le contact. « En faisant partie de ce groupe, nous avons déjà automatiquement un lien qui nous unit. »

Un rasage de près au Collège militaire royal du Canada

Il se souvient avec humour de ses premières journées au CMRC. « Je suis arrivé en 2008, à l’âge de 18 ans, et je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. » Il a été fortement influencé par le désir de « faire quelque chose de différent ».

« Tous mes copains prévoyaient aller dans des universités régulières, alors je me suis dit ‘Pourquoi ne trouverais-je pas quelque chose d’un peu plus intéressant?’ Or, durant le Programme d’orientation des élèves-officiers de première année, je suis resté bouché bée! Je croyais que mes cheveux étaient suffisamment courts à mon arrivée, mais j’ai fini par me faire raser la tête comme tout le monde. Aucune pitié. »

Le Capt Jung a déclaré : « J’ai commencé à assumer des postes de leadership dans mon escadron au CMRC, et, à ma quatrième année, j’occupais le poste d’élève-officier instructeur d’escadron pour le 5e (Brock) Escadron. Cette expérience a vraiment été profitable, car j’ai pu apprendre les différents aspects que comporte un poste de leader et la façon de prendre soin d’une équipe. Cela m’a beaucoup aidé pour l’avenir. »

Un autre facteur d’importance qui influença grandement son choix de devenir un officier de l’arme blindée a été les trois années obligatoires passées par son père dans l’armée sud-coréenne. « J’entendais parler d’histoires militaires lorsque j’étais enfant. De plus, l’un de mes oncles a servi en tant qu’officier de l’artillerie dans l’armée sud-coréenne, et il me parlait de certains aspects de la profession d’officier. »

Expérience en tant qu’officier de l’arme blindée

Après avoir obtenu un baccalauréat en sciences avec spécialisation en mathématiques du CMRC, il est déménagé au Nouveau-Brunswick pour suivre une instruction à l’École du Corps blindé royal canadien à Gagetown. Il se souvient que la mise en application de ses compétences en leadership était une grande priorité lorsqu’il a été affecté à son régiment à Edmonton.

« Je venais d’obtenir ma qualification d’officier de l’arme blindée, j’étais définitivement un peu préoccupé par le fait que je devais diriger de vrais militaires, en garnison et en campagne. J’avais constamment en tête le mieux-être de mes subordonnés et je voulais prendre les bonnes décisions qui permettraient d’accomplir la mission », a-t-il fait remarquer. « Je crois fermement que le fait d’écouter les supérieurs et les MR supérieurs expérimentés m’a permis de surmonter les défis. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur un bon leadership et de l’orientation de tous les niveaux. »

Le Capt Jung a acquis une vaste expérience durant son affectation au Régiment. En 2015, alors qu’il occupait le poste de guide la Troupe 2 à l’Escadron A, il a participé à une instruction de collaboration avec l’armée américaine à Fort Hood. La même année, il a également contribué à un exercice interallié à 29 Palms, dans la base du Corps des Marines des É.-U., en collaboration avec le Quartier général du 1er Groupe-brigade mécanisé du Canada avec la 2nd Marine Expeditionary Brigade (U.S.) et la 3 Commando Brigade (U.K.).

« Durant ma troisième année au Régiment, j’ai été affecté au poste d’officier d’artillerie du Régiment responsable de superviser les champs de tir de chars et les cours/entraînements en artillerie. » Il croit que le cours de spécialiste du tir direct de l’Armée qu’il a suivi lui a permis d’approfondir la théorie de la balistique et d’acquérir l’information technique dont il avait besoin. « Cela m’a sans aucun doute aidé avec mon poste à ce moment-là », a-t-il ajouté.

À titre d’officier adjoint des opérations (également connu sous le titre G3 Ops) pour le Quartier général de la Base des Forces canadiennes Kingston, il n’a plus d’occasions de passer du temps dans les chars. Il coordonne l’utilisation des ressources et des installations de la base pour l’instruction des unités qui participent à des déploiements à l’étranger, notamment la formation sur le soutien de la paix.

« Les tâches quotidiennes sont très différentes de celles que j’accomplissais à mon Régiment à Edmonton. Je ne passe plus beaucoup de temps en campagne, et le rythme de travail est encore très élevé, car je dois appuyer plus de 40 unités hébergées dans la Base. »

La voie à suivre

Compte tenu du grand nombre d’opérations des Forces armées canadiennes en cours dans le monde, le Capt Jung affirme qu’il est à la recherche d’une occasion de déploiement. « C’est mon objectif actuel. Lorsque je me suis enrôlé, les troupes se retiraient progressivement de l’Afghanistan, et quand j’ai eu terminé mon instruction d’officier de l’arme blindée à la BFC Gagetown, les troupes de combat s’étaient complètement retirées de l’Afghanistan. J’ai raté ma chance. »

« Nul doute que je veux continuer de relever les défis que la vie militaire offre. Je sais que cela peut sembler étourdissant par moment, mais je continue de croire que ce milieu offre des expériences inestimables et des leçons de vie qu’aucune autre profession ne peut offrir. »

Le mois de mai, qui est le Mois du patrimoine asiatique au Canada, est le moment de célébrer les nombreuses réalisations et contributions des Canadiens d’origine asiatique qui ont aidé à façonner le pays diversifié prospère qu’est le Canada d’aujourd’hui. Le présent article fait partie d’une série d’articles consacrée aux membres de l’Armée canadienne d’origine asiatique.

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