Un sergent à la retraite continue de contribuer à changer les choses

Article / Le 23 février 2017 / Numéro de projet : 17-1025

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Ottawa (Ontario) — Née en Jamaïque, le sergent (à la retraite) Joan Buchanan s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes (FAC) en 1987 et a été affectée au poste de commis du Système de gestion des ressources (SGR). Elle a vécu de nombreux moments mémorables au cours de sa carrière de 27 ans dans les FAC. Le premier qui lui vient à l’esprit lorsqu’on lui demande quel a été le plus beau jour qu’elle a vécu professionnellement a eu lieu lors de sa mission en Bosnie-Herzégovine, où elle a été de 2000 à 2001 avec le 2e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (2 PPCLI).

Elle participait alors à l’opération PALLADIUM, la contribution des FAC aux efforts de maintien de la paix de l’OTAN dans cette région. Toutefois, c’est du travail en dehors de ses fonctions officielles de commis du SGR qui l’a marqué le plus.

« J’ai collaboré avec l’aumônier et le personnel des Programmes de soutien du personnel afin de préparer des colis réconforts constitués de biens qui n’avaient pas d’importance cruciale pour nos militaires. Ces colis ont ensuite été distribués aux gens de la région », se souvient le Sergent (à la retraite) Buchanan. « Nous avons aussi amassé des fonds pour acheter des articles essentiels, par exemple des couches et des provisions. » Elle se souvient également d’avoir réalisé une collecte d’aliments et de vêtements pour des orphelins, en plus d’avoir prêté main-forte dans un orphelinat et un hôpital de la localité.

Le Sgt (ret) Buchanan a peut-être rangé son uniforme en 2014, au moment de quitter le service actif, mais elle poursuit toujours son engagement envers autrui en qualité d’administratrice civile chargée du perfectionnement du personnel à l’Unité de soutien des Forces canadiennes (Ottawa) (USFC)(O). Elle vient en aide aux militaires qui veulent améliorer leur niveau d’études ou se préparer à faire la transition vers la vie civile.

Les antécédents du Sgt (ret) Buchanan sont un témoignage éloquent d’une carrière militaire remarquable : elle a reçu une médaille de l’OTAN pour son service en Bosnie-Herzégovine, la Médaille du service en Asie du Sud-Ouest à la suite de son service au sein de l’OTAN et une mention élogieuse du général Tommy Franks pour son bénévolat durant son affectation au commandement central du quartier général de l’OTAN à la base aérienne MacDill, en Floride, de 2002 à 2003.

De plus, on a reconnu en 2009 son leadership en matière de changement au sein des FAC en lui remettant un prix ministériel de gestion des ressources humaines. Cet honneur visait à souligner sa contribution bénévole à l’avancement de l’équité en matière d’emploi. À la même époque, elle a été félicitée pour avoir su montrer de façon exceptionnelle comment « prêcher par l’exemple ». En plus d’insister sur l’importance de l’inclusion, elle a participé à de nombreuses activités organisées par le Groupe consultatif des minorités visibles de la Défense (GCMVD).

Parmi ces activités, mentionnons la présentation de séminaires de sensibilisation, la participation bénévole à des défilés militaires, la représentation du ministère de la Défense nationale et des FAC lors d’événements civils et communautaires et la collaboration à l’élaboration de programmes comme le Mois de l’histoire des Noirs et le Mois du patrimoine asiatique.

Le Sgt (ret) Buchanan a déjà été coprésidente militaire du GCMVD de Winnipeg, de 2001 à 2003, et de la région de la capitale nationale, de 2007 à 2009. Elle a aussi été la première femme de race noire à occuper le poste de président du comité du mess des caporaux et des soldats du canal Rideau, à Ottawa, de 2004 à 2005.

À l’heure actuelle, le Sgt (ret) Buchanan se tient occupée en faisant du bénévolat à l’Union des employés de la Défense nationale, en plus de continuer à participer activement aux diverses activités culturelles et communautaires du GCMVD, où elle offre conseils et commentaires en vue de la conception d’ateliers et la tenue d’activités.

Malgré ses nombreuses réalisations, le Sgt (ret) Buchanan a dû relever différents défis en tant que personne de couleur et que femme occupant un poste dans un milieu de travail non traditionnel.

« Le plus important défi que j’ai dû relever comme militaire a été le manque de soutien de mes pairs », ajoute-t-elle. « Au cours de mes 27 années de service, j’ai été la seule personne de race noire dans tous les cours que j’ai suivis, en plus d’être la seule femme de race noire dans les unités où j’ai servi. Je n’avais pas de modèle à qui m’identifier et mes pairs semblaient me voir comme “la femme de race noire” et non un soldat comme eux. »

Malgré cela, le Sgt (ret) Buchanan précise avoir vécu bon nombre d’expériences positives, entre autres son affectation au QG de l’OTAN dans le cadre de son affectation au 2 PPCLI.

« Bien que le 2 PPCLI ait été une unité à prédominance masculine, explique-t-elle, les hommes faisaient preuve de respect envers les femmes, prenaient soin de ces dernières et veillaient les uns sur les autres. »

En fait, elle confie que le pire moment vécu en uniforme n’avait rien à voir avec son travail, elle qui a occupé un poste de commis SGR au sein du 33e Bataillon des services (Ottawa) de la Première réserve tout en occupant les fonctions liées à son poste à temps plein à l’USFC(O).

« En Bosnie, on m’a convoquée à une réunion avec l’aumônier. Une telle rencontre non sollicitée avec l’aumônier est toujours très inquiétante », se rappelle le Sgt (ret) Buchanan. « On m’a dit que mon fils avait été victime d’un accident de la route et qu’il était sans connaissance à l’hôpital de Winnipeg. On m’a rapatriée au Canada et, dès que l’état de mon fils s’est stabilisé et qu’il a pu quitter l’hôpital, je suis retournée en Bosnie. Mon fils s’est remis de l’accident. »

Elle explique ensuite que ce qui l’a incitée à s’enrôler dans les FAC, c’est en partie son désir de « faire quelque chose de différent » et de lutter contre les idées préconçues concernant la présence de femmes à certains postes non traditionnels. Le Sgt (ret) Buchanan ajoute avoir observé des progrès réels sur la question de la diversité dans les FAC.

« Je peux constater les changements apportés au sein des FAC. Il nous reste cependant encore bien du chemin à faire. Il faut encore trouver d’autres moyens de s’assurer que les membres des minorités visibles aient le sentiment que les FAC appartiennent à tous les Canadiens et qu’ils en font partie. »

Bref historique de la Jamaïque

L’île des Caraïbes de la Jamaïque, la troisième plus grande île des Grandes Antilles, est devenue une démocratie parlementaire en 1962 sous le règne de la Reine Elizabeth II. Conquise par les Espagnols en 1494, la Grande-Bretagne l’a colonisée en 1655. Les peuples indigènes arawaks et Taïnos ont été décimés par la guerre, la maladie et l’esclavage et, en 1600, ils avaient presque disparu. Principalement d’ascendance africaine, les Jamaïcains d’aujourd’hui ont également une origine européenne, hakka chinoise et indienne d’Asie. La réduction en esclavage a commencé sous le régime espagnol et s’est poursuivie jusqu’en 1838. La Jamaïque d’aujourd’hui est un pays prospère dont les principales industries sont le tourisme et l’exploitation minière.

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