Une carrière dans l’Armée canadienne, un emploi sur mesure pour l’adjudant-maître Suzanne McAdam

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Article / Le 18 mai 2016 / Numéro de projet : 16-0074

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Edmonton (Alberta) — Dans l’Armée canadienne, l’adjudant-maître Suzanne McAdam a trouvé une carrière qui correspond à ses forces et à ses intérêts.

Pendant une courte période, l’Adjum McAdam a eu l’impression qu’elle ne serait jamais à l’aise dans son uniforme militaire. En 1992, et deux jours à peine après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, l’instruction de base était le plus grand défi qu’elle n’ait jamais eu à relever.

L’Adjum McAdam fait aujourd’hui partie de la 15e Ambulance de campagne, une unité médicale des Forces canadiennes qui assure les services de santé au 41e Groupe-brigade du Canada et aux opérations internationales et nationales des Forces armées canadiennes (FAC). La première unité dont elle a fait partie, la 16e Compagnie médicale, était une unité de l’Armée canadienne basée à Saskatoon.

« Il ne fait aucun doute que l’instruction de base a été difficile. Il m’est arrivé souvent de vouloir appeler à la maison pour qu’on vienne me chercher. »

Peu de membres de la famille de l’Adjum McAdam l’appuyaient dans ses premières démarches visant à entreprendre une carrière militaire, mais faisant preuve de caractère elle n’a jamais fait cet appel.

« Quand j’ai pour la première fois exprimé l’idée de m’enrôler, mes parents ont manifesté peu d’enthousiasme. J’ai grandi en respectant les traditions philippines », explique-t-elle. « Ils voulaient que je choisisse une profession libérale et le monde militaire ne correspondait pas à cet idéal. »

Malgré tout, l’Adjum McAdam voyait son enrôlement dans l’AC comme le chemin le plus pratique lui permettant d’atteindre son objectif final : obtenir son diplôme en médecine. En effet, l’Armée offre un soutien financier qui permet de poursuivre des études liées à un emploi militaire.

« Mon plan consistait à suivre les traces de mon père », explique l’Adjum McAdam, dont le père a d’abord pratiqué la médecine aux Philippines. À son arrivée au Canada, il a dû obtenir une nouvelle certification.

Après avoir porté l’uniforme militaire pendant deux ans, l’Adjum McAdam a compris que son avenir était dans la Réserve de l’Armée et le Service de santé royal canadien (SSRC). Elle est maintenant responsable de l’animation de la formation médicale annuelle obligatoire pour les professionnels de la santé des FAC sur un territoire qui s’étend de Victoria, en Colombie-Britannique, à Thunder Bay, en Ontario.

« Je joue un rôle important en aidant à offrir la meilleure formation qui soi. Les membres du personnel médical participent souvent à des missions, ils doivent être en mesure de sauver des vies. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’être ici », précise l’Adjum McAdam, qui possède désormais 24 ans d’expérience comme membre de la Première réserve, dont 20 ans comme employée contractuelle à temps plein avec le SSRC.

L’Adjum McAdam a souvent entendu des commentaires désobligeants formulés à son égard dans la Première réserve. « Il y a des jours où cela devient difficile », reconnaît-elle.

Elle attribue à deux facteurs la disparition graduelle des propos racistes. « Le nombre de représentants de minorités visibles a augmenté dans l’Armée, je ne suis donc plus celle qui se démarque dans la foule. De plus, les groupes consultatifs sur l’équité en matière d’emploi, qui font preuve de leadership en offrant des conseils et en repérant les obstacles, ont joué un rôle déterminant. »

Ces commentaires décourageants ont convaincu l’Adjum McAdam d’ajouter un nouveau volet à sa carrière déjà diversifiée. Elle s’est donné pour mission d’améliorer les conditions d’emploi pour les autres représentants des minorités visibles des FAC en occupant trois postes de conseillère. Elle est la représentante de la 3e Division du Canada et coprésidente nationale, secteur militaire, du Groupe consultatif des minorités visibles de la Défense, ainsi que coprésidente, secteur militaire, de l’Organisation consultative des femmes de la Défense (Edmonton).

« Les aspects les plus importants de ce travail sont qu’il s’agit de quelque chose qui fait partie de moi et qu’il traite du respect auquel chacun a droit. »

Elle a également fait le choix stratégique de conserver un rôle de conseillère en tant que sous-officier, donnant ainsi aux plus jeunes militaires un modèle auquel ils peuvent s’identifier. « Le but suprême que je me suis fixé est de devenir adjudant-chef. On ne voit pas beaucoup d’adjudants-chefs faisant partie des minorités visibles, alors s’il est possible pour moi de devenir cette personne, je veux y arriver. »

Lorsqu’elle parle de sa place dans l’AC, l’Adjum McAdam se dit impatiente d’entreprendre l’instruction en leadership qui lui permettra d’atteindre le grade suivant. Elle mentionne également un cadeau qu’elle a reçu récemment, un dessin intitulé « Quand je serai grande, je veux être dans l’Armée ».

Ce dessin est l’œuvre d’une de ses trois filles et semble être l’expression de sa carrière. « L’Armée m’a aidé à devenir qui je suis aujourd’hui. Je suis bien acceptée par mes pairs et mes employeurs et ils comptent tous énormément sur moi. Je ne sais pas si j’aurais pu arriver là où j’en suis sans l’Armée. »

Il semblerait bien que l’Adjum McAdam ait trouvé un uniforme sur mesure pour elle : le DCamC, la tenue au motif de camouflage portée par tous les membres de l’AC.

« Je ne pensais pas que je resterais aussi longtemps dans l’AC. L’Armée m’offrait une façon de faire les études que je voulais faire, mais j’ai plus tard réalisé que ce métier était celui que j’étais faite pour exercer. La vie militaire m’a permis d’exceller, à ma grande surprise et à celle de mes parents, qui acceptent maintenant totalement mon choix de carrière. »

Par Anne Duggan, Affaires publiques de l’Armée

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