« Une journée orange à la maison » – Une ressource à l’intention des conseillers scolaires pour aider les enfants des militaires à réussir

Article / Le 29 août 2017 / Numéro de projet : 17-0142

Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

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Ottawa (Ontario) — Il y a une vingtaine d’années, 80 pour cent des familles militaires au Canada vivait à l’écart du reste de la société, sur des bases où de nombreux services étaient offerts. De nos jours, la situation a été plus que complètement inversée; en effet, 85 pour cent des familles vit dans la communauté locale. Ce changement a eu des effets sur un grand nombre d’aspects de la vie familiale militaire, y compris la réussite scolaire de ces enfants.

Il y a de nombreux défis à relever lorsque les fournisseurs de services à la communauté, tels que les écoles et les services de santé, ne comprennent pas toutes les répercussions du mode de vie militaire sur les familles de militaires. Ce mode de vie a aussi des effets sur les familles des anciens combattants. Il y a environ 54 000 enfants dans les familles de militaires de tout le pays et, si on ajoute les enfants des anciens combattants, ce nombre grimpe à environ 462 000 enfants.

Le besoin de comprendre la vie militaire.

Dans ce contexte, le terme « connaissance du domaine militaire » peut être défini comme le fait d’être sensibilisé aux stress qui sont communs dans la vie des militaires et des anciens combattants, et de savoir comment utiliser ces connaissances lorsqu’on travaille avec des familles de militaires et d’anciens combattants.

« À mesure que la communauté des familles de militaires et d’anciens combattants s’agrandit, la connaissance du domaine militaire devient une nécessité au Canada. Il faut être sensible aux expériences uniques que vivent ces familles », explique le directeur des Services aux familles des militaires (SFM), le colonel Dan Harris. « Leur réalité comprend des “facteurs de stress inhérent à la vie militaire”, tels que la mobilité élevée, les séparations prolongées et/ou inattendues liées au travail et les risques professionnels qui peuvent avoir des répercussions sur les parents des FAC et leurs enfants. »

Une nouvelle ressource pour les conseillers scolaires

Cette nouvelle ressource prend la forme d’un livret de 12 pages dont le lancement a eu lieu le 19 mai 2017 lors de la conférence annuelle de l’Association canadienne de counseling et de psychothérapie (ACCP) tenue à St. John’s, Terre-Neuve.

Le livret Les conseillers et les conseillères en milieu scolaire travaillant auprès des familles des militaires et des vétérans est le résultat d’une collaboration d’un an entre l’ACCP et le Cercle canadien du leadership pour les familles des militaires et des vétérans (CCLFMV), qui est une composante de l’Initiative pour les familles des militaires et des vétérans au Canada. Cette initiative est un partenariat entre l’Institut Vanier de la famille, Anciens Combattants Canada et les Services aux familles des militaires et a pour but de conscientiser les gens, de renforcer les capacités, les compétences et les collectivités sur les familles de militaires et d’anciens combattants au Canada.

Cette nouvelle ressource veut répondre à quatre questions clés :

  1. Qu’est-ce que le mode de vie des militaires et des anciens combattants?
  2. Quelles ressources sont offertes aux conseillers scolaires pour les aider dans leur travail auprès d’enfants et de jeunes qui font partie d’une famille de militaires ou d’anciens combattants?
  3. De quelle façon les conseillers scolaires peuvent-ils faire la promotion de la santé mentale et défendre les intérêts des familles de militaires et d’anciens combattants dans les écoles?
  4. Comment les conseillers scolaires peuvent-ils soutenir les enseignants en classe dans leur travail auprès des étudiants faisant partie d’une famille de militaires ou d’anciens combattants?

« Bien que de nombreux jeunes de famille de militaires soient forts et résilient, certains étudiants peuvent avoir de la difficulté avec certains des défis quotidiens inhérents au mode de vie des familles de militaires. Un adolescent peut avoir des problèmes à gérer un déménagement qui exige qu’il s’adapte à une nouvelle vie sociale et à une nouvelle école », souligne le Col Harris. « Ce même adolescent peut aussi devoir s’ajuster à des périodes de séparation d’un parent en service actif, en raison de la participation de ce dernier à un entraînement ou à une mission. »

Il ajoute que « les conseillers scolaires qui comprennent les défis associés au mode de vie des familles de militaires seront capables de détecter la différence entre des problèmes d’ajustement et les styles d’apprentissage personnels et entre les troubles d’apprentissage et la distraction. »

« Une journée orange à la maison »

Les conseils répertoriés dans le livret comprennent des renseignements sur la façon d’aider les étudiants à bien s’adapter à leur nouvelle réalité, une compétence qui est particulièrement importante lorsqu’un parent revient d’une mission ou d’une période d’entraînement et qu’il renoue avec sa famille.

Comme noté dans le document, les étudiants de ménages militaires et d’anciens combattants ne sont pas immunisés contre les problèmes de santé mentale qui touchent un étudiant sur cinq au Canada. Le continuum de la santé mentale du ministère de la Défense nationale constitue un petit guide qui permet de noter les changements d’état de santé mentale. La terminologie utilisée dans le continuum (rouge, orange, jaune, vert) est souvent utilisée par les étudiants de familles de militaires et d’anciens combattants lorsqu’ils décrivent la santé mentale et le bien-être. Dans la section « Promotion de la santé mentale », un étudiant est cité : « Je me sens comme une journée orange à la maison, il y a une tension ».

Le Dr Kim Hollihan, adjointe au chef de direction de l’ACCP et cheffe de projet pour cette ressource de l’ACCP explique : « Si l’enfant entend ce langage à la maison parce que c’est le langage qu’un parent utilise au cours de sa thérapie, il est important que les conseillers scolaires et que le personnel de l’école qui travaillent avec cet enfant comprennent ce que ces mots veulent dire, qu’il ne s’agit que d’un élément d’une conversation de tous les jours. Ils doivent se dire “D’accord, une journée orange, je sais ce que cela veut dire.” »

Les experts en la matière ayant une expérience vécue et professionnelle

L’implication du Dr Kim Hollihan a commencé en 2015, lors d’une conférence de l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans.

« Il y avait une table ronde sur les enjeux touchant les familles de militaires et j’y assistais dans un double rôle : mon rôle professionnel à titre de cheffe dans notre association, mais aussi comme conjointe de militaire », explique le Dr Hollihan. Son mari est officier d’artillerie dans l’Armée canadienne et il est parti en mission en Afghanistan alors que leurs deux garçons, qui sont maintenant âgés de 12 et de 14 ans, étaient l’un à la maternelle et l’autre était d’âge préscolaire.

« Cette table ronde a mené à une invitation à me joindre au Cercle du leadership, où la notion de compréhension du domaine militaire a fait l’objet de discussions. L’ACCP est une très importante association nationale qui compte plus de 6 100 membres au pays, venant de toutes les provinces et de tous les territoires. Nous avons des gens qui travaillent dans les systèmes scolaires primaires, secondaires et postsecondaires, organismes communautaires, gouvernementaux et dans la pratique privée. Nous nous sommes demandé qui, parmi nos membres, avait le plus de contacts avec les familles de militaires et d’anciens combattants. Naturellement, la réponse était nos conseillers scolaires. »

« Le chapitre des conseillers scolaires de l’ACCP a rapidement accepté de participer et la ressource a été élaborée en un an. « Je crois qu’à la fin il y avait une trentaine d’ébauches parce qu’il était réellement important d’avoir des commentaires d’une multitude de réviseurs qui étaient aussi experts en la matière. Nous avions un groupe très fort formé de gens qui possédaient une expérience « vécue » de la vie militaire ainsi que des gens ayant une expérience professionnelle du domaine militaire », résume le Dr Hollihan.

« Je dois admettre que tout a bien fonctionné dans ce partenariat. Parce qu’il était facile de travailler tous ensemble, nous sommes arrivés à notre objectif en une seule année. À la fin, la qualité de la ressource que nous avons créée témoigne de l’apport de chacun de ces leaders dans leur domaine respectif. »

Les prochaines étapes

Lorsqu’elle regarde vers l’avenir, le Dr Hollihan espère que les pratiques exemplaires seront développées et partagées entre les conseillers par l’intermédiaire d’un « réseau d’échanges de pratiques » constitué de membres qui ont acquis leur expérience auprès des familles de militaires et d’anciens combattants.

Le Col Harris pense aussi que les rétroactions permettront de continuer à développer la ressource. « Aux Services aux familles des militaires, nous écoutons toujours ce que les familles nous disent, nous sommes donc en bonne position pour recueillir et documenter les nombreuses histoires que nous entendons et les commentaires anecdotiques des familles qui ont utilisé la ressource. »

« L’organisation des Services aux familles des militaires est extrêmement heureuse de travailler avec l’ACCP et le bassin élargi de nos partenaires venant du Cercle canadien du leadership pour les familles des militaires et des vétérans. Je suis extrêmement reconnaissant envers le leadership et la détermination témoignés par l’ACCP dans la rédaction de cette publication qui aura des résultats tangibles pour les familles de militaires partout au Canada », souligne le Col Harris.

Deuxième d’une série continue

La nouvelle ressource pour les conseillers et les conseillères en milieu scolaire travaillant auprès des familles des militaires et des vétérans est la deuxième publication d’une série conçue pour informer les fournisseurs de services qui ne font pas partie de la communauté militaire sur les défis uniques auxquels sont confrontés les conjointes, conjoints et enfants qui appuient les militaires de leur famille au pays.

« Nous demeurons un membre du Cercle canadien du leadership pour les familles des militaires et des vétérans. Nous sommes très fiers d’en faire partie et nous allons continuer à vous impliquer activement et à chercher de nouvelles occasions de collaborer. Je crois que le résultat pourra aider un très grand nombre d’enfants et de familles au pays », précise le Dr Hollihan.

La première publication de cette série a été développée en collaboration avec le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) et a été distribuée électroniquement à plus de 35 000 médecins de famille au Canada. Il a reçu des commentaires positifs dans son ensemble.

Parmi les autres sujets qui pourront faire l’objet d’une étude pour de nouvelles publications, on retrouve notamment les fournisseurs de soins, les enseignants, les premiers intervenants, les employeurs, les professionnels en santé mentale et les professionnels du monde financier.

« Chaque ressource exige du temps et de l’attention pour bien les faire, en écoutant les organisations avec lesquelles nous établissions des partenariats et avec les familles de militaires et d’anciens combattants qui nous aident à valider les ressources que nous préparons », conclut le Col Harris.

Voir les liens connexes pour télécharger une copie de Conseillers et les conseillères en milieu scolaire travaillant auprès des familles des militaires et des vétérans.

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