Bombes et biologie : Assurer la durabilité du plus grand secteur d’entraînement militaire du Canada

Article / Le 21 septembre 2016 / Numéro de projet : 16-0261

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Par Jessica Caparini, Affaires publiques de la Base des Forces canadiennes Suffield

Medicine Hat, Alberta — L’expression « zone de guerre simulée » n’évoque probablement pas pour vous les activités de protection de l’environnement qui permettent l’utilisation de cette zone d’une année à l’autre.

Corey Davidson, biologiste en matière de rétablissement, est affecté à la Base des Forces canadiennes (BFC) Suffield, qui est le plus grand champ de tir et secteur d’entraînement (CTSE) militaire du pays. Tout au long de l’année, l’Unité d’entraînement de l’Armée britannique Suffield (BATUS) et, dans une moindre mesure, les Forces armées canadiennes et leurs alliés, y font de l’entraînement au tir réel. Une fois que les chars d’assaut ont traversé le secteur et que les bombes ont explosé, c’est à M. Davidson d’aider à rétablir l’environnement.

« L’entraînement est toujours au premier plan pour nous », déclare-t-il. « Nous voulons nous assurer que toutes les activités puissent se dérouler, mais nous pouvons les adapter pour ce faire tout en remportant des victoires environnementales lorsque c’est possible. »

Si la prairie n’avait pas le temps de se rétablir, sa dégradation continuelle finirait par miner la capacité d’entraînement.

Pour les biologistes affectés au CTSE, chaque journée commence par une visite au poste de contrôle du champ de tir, où ils confirment qu’ils peuvent travailler dans les secteurs voulus et se déplacer sur l’itinéraire prévu en toute sécurité.

Une fois sur place, ils ne peuvent pas se servir de machinerie sur le terrain avant de vérifier s’il y a des munitions explosives non explosées. On a trouvé des munitions non explosées dans le CTSE qui remontent aux années 1940. Au contact d’une charrue ou d’un semoir à grains, elles pourraient être détonées.

Au CTSE, M. Davidson effectue toutes sortes de tâches, allant de la cueillette de graines d’herbes indigènes à verser dans l’inventaire des semences, dont il peut se servir pour réensemencer la végétation, jusqu’au contrôle du nettoyage des véhicules blindés explosés.

À BATUS, le travail consiste à atténuer les répercussions environnementales plutôt qu’à les prévenir totalement. Pour ce faire, les biologistes peuvent par exemple demander que les soldats britanniques conduisent leurs chars d’assaut à la queue leu leu pendant les mouvements administratifs afin de ne laisser qu’une trace de chenilles.

De même, Ben McWilliams, biologiste affecté au champ de tir, étudie comment les perturbations affectent la faune des prairies et ses habitats, et formule des recommandations afin de contrebalancer ces perturbations.

C’est le contraire de la stratégie de conservation communément adoptée dans les parcs et les secteurs protégés.

« Ce n’est pas ce qu’on croirait, mais certaines espèces semblent bénéficier de l’entraînement militaire », indique-t-il.

Plusieurs espèces en péril à la BFC Suffield préfèrent la structure de la végétation réduite par les activités d’entraînement, comme le bruant de McCown et le bruant à ventre noir, que l’on trouve plus fréquemment dans les secteurs brûlés récemment.

La section de la durabilité des champs de tir, où travaillent M. Davidson et M. McWilliams, a été créée en 2006, le commandant de la base de l’époque ayant reconnu qu’il fallait du personnel compétent qui se consacre à la durabilité du CTSE. Les vastes étendues de prairie indigène qui couvrent le secteur d’entraînement sont un endroit idéal pour mener des activités d’entraînement militaire. En effet, pendant des dizaines de milliers d’années, la prairie indigène s’est adaptée pour repousser après les perturbations causées par la faune et les incendies. De bien des façons, les effets des véhicules hors route et les incendies causés par l’entraînement s’apparentent aux perturbations causées par le passé par les bisons et la foudre.

« Nous voulons une prairie indigène parce que nous savons qu’une prairie indigène vigoureuse peut résister à la pression que nous exerçons sur elle », explique M. Davidson.

« Il ne reste plus beaucoup de prairie indigène dans cette province ni dans le reste de cette région. Si je peux sauver un brin d’herbe, je pense que c’est un gain pour les espèces fauniques ainsi que pour les gens qui vivent qui travaillent dans la BFC Suffield et dans les environs. »

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